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Aujourd'hui l'économie

General Motors: la grève qui inquiète Donald Trump

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Des employés de General Motors font le piquet de grève devant leur usine de Lordstown, dans l'Ohio, le 20 septembre 2019.
Des employés de General Motors font le piquet de grève devant leur usine de Lordstown, dans l'Ohio, le 20 septembre 2019. REUTERS/Rebecca Cook

Production au point mort chez General Motors aux États-Unis. Plusieurs dizaines d’usines du constructeur automobile sont en grève à l'appel du puissant syndicat de l'automobile UAW. Près de 50 000 salariés participent à ce mouvement aux revendications multiples, salariales notamment, et qui pourrait peser dans la campagne présidentielle 2020.

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Depuis quelques jours, c’est un vrai défilé des politiques sur les piquets de grève dans les usines General Motors. Surtout côté démocrates : Elizabeth Warren, Joe Biden étaient aux côtés des salariés de GM ce dimanche 22 septembre. Bernie Sanders a prévu de le faire mercredi.

Car cette grève d'une ampleur inédite depuis de nombreuses années au sein d'une entreprise aussi emblématique est pour eux une fantastique opportunité, un filon même à creuser pour enrayer la machine électorale de leur adversaire commun Donald Trump qui, de son côté, réclame la reprise du travail.

Promesses de Trump

Si cette grève chez le constructeur automobile a une telle importance à plus d'un an de la présidentielle, c’est parce que les usines General Motors ne sont pas implantées n'importe où. Beaucoup sont situées dans la Rust Belt, la ceinture de la rouille, ce chapelet d'États dans le nord-est, près des Grands Lacs et de la frontière canadienne : Michigan, Wisconsin, Pennsylvanie, Ohio par exemple.

Des États qui avaient voté Obama en 2012, traditionnellement démocrates, mais qui quatre ans plus tard en 2016 avaient fait basculer le scrutin. Donald Trump y avait remporté de courtes victoires, mais suffisantes pour décrocher la clé de la Maison Blanche. Et ce n'est pas un hasard puisqu'il avait fait de grandes promesses à cet électorat certes blanc, mais surtout ouvrier, victime de la désindustrialisation, de la mondialisation, de la crise de 2008.

On se souvient que General Motors avait même dû être sauvé de la faillite en 2009 par l'administration Obama. L'une des promesses de Trump, c'était l'emploi industriel, l'arrêt des délocalisations. Or GM, quoi qu'en pense le président, a supprimé des milliers d'emplois cette année, et a bel et bien délocalisé certaines productions, au Mexique par exemple. Donald Trump a beau faire pression pour que l'on relocalise (il a même reçu la patronne de General Motors Mary Barra début septembre), il n'a pas les mains libres.

Sacrifices non récompensés

Et c'est ce qui explique le ressentiment des salariés de General Motors (groupe Chevrolet-GMC-Buick-Cadillac). Ils ont consenti énormément de sacrifices après la crise de 2008, qui a notamment frappé la ville de Detroit, berceau de l'automobile.

Et ils se sentent aujourd'hui trahis, à la fois par leur entreprise qui fait des milliards de dollars de bénéfices, qui investit beaucoup dans les voitures électriques (pourquoi n'en profiteraient-ils pas eux aussi ?), mais aussi par le président Trump qui depuis son arrivée au pouvoir a surtout réduit les impôts pour les plus riches (c'est devenu le champion des milieux d'affaires) et donné des coups de canif dans le système d'assurance maladie. Les salaires, les avantages sociaux, le sort des contractuels, ce sont les trois principales revendications des grévistes dont le travail quotidien est dur et exigeant.

La hantise du ralentissement

Dans ce contexte, quelle tournure peut prendre cette grève qualifiée d'historique ? Les experts restent prudents, attendant de voir notamment si les syndicats auront les reins assez solides pour faire durer le mouvement (une caisse de grève verse 250 dollars par semaine à chaque salarié). Le syndicat UAW (United Auto Workers) est par ailleurs impliqué dans un scandale de pots-de-vin.

Mais les spécialistes se souviennent quand même que dans l'histoire récente des États-Unis, les mouvements sociaux ou ouvriers (avec la participation du secteur de l'automobile) ont parfois joué un rôle très important dans des élections présidentielles. En 1932, lors de la victoire du démocrate Roosevelt, en 1964 pour Lyndon Johnson. Il y en a eu d'autres.

Un scénario qui pourrait se reproduire tant Donald Trump a basé son programme sur l'économie. Sa hantise, c'est le ralentissement. Lui dont la guerre commerciale qu'il mène avec la Chine, du fait des surtaxes des matières premières comme l’acier, pénalise précisément les constructeurs comme General Motors.

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