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Espagne: l'exhumation de Franco et la pré-campagne des législatives

Audio 02:30
San Lorenzo del Escorial, près de Madrid, dans la Valle de los Caidos (la vallée des morts), monument aux combattants francophones décédés au cours de la guerre civile espagnole et également tombeau de Franco. Photo prise le 3 juillet 2018.
San Lorenzo del Escorial, près de Madrid, dans la Valle de los Caidos (la vallée des morts), monument aux combattants francophones décédés au cours de la guerre civile espagnole et également tombeau de Franco. Photo prise le 3 juillet 2018. OSCAR DEL POZO / AFP

Le verdict historique du Tribunal suprême autorisant l’exhumation de l‘ancien dictateur Francisco Franco a réjoui le gouvernement socialiste, qui l’avait fait voter en juillet 2018, ainsi que la gauche. Mais, elle ne plait guère aux forces conservatrices qui méprisent cette décision et considèrent qu’il y a des choses bien plus importantes à faire. Polémique sur fond de pré-campagne électorale.

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De notre correspondant à Madrid,

Cette affaire est symbolique, car selon le gouvernement socialiste et une bonne partie l’opinion espagnole, le fait qu’un dictateur repose dans une basilique mégalomaniaque construite dans un cirque montagneux est une aberration et une anomalie historique.

C’est, disent-ils, une façon de consacrer Franco comme un grand homme dans son mausolée, un mausolée qui soit dit en passant est aussi une fosse commune de 33 000 cadavres de la guerre civile.

Une longue et difficile bataille légale et judiciaire

Une bataille qui remonte à au moins deux décennies, car ce n’est pas le premier gouvernement socialiste qui essaie de sortir les restes de Franco de la Valle de los Caidos, qui est le nom donné à cette basilique gigantesque. En 2004, José Luis Zapatero avait essayé, en vain. Cette fois, Pedro Sanchez a obtenu une victoire, la gauche en général.

Et en face, les résistances demeurent très fortes. Les deux partis de droite, Parti populaire et Ciudadanos, estiment qu’il faut s’occuper des vivants et non pas des morts. Quant à la famille de Franco, elle pense déposer un recours auprès du Tribunal constitutionnel et de la justice européenne.

Les socialistes assurent qu’ils vont exhumer Franco au plus vite

Le gouvernement souhaite le placer dans un cimetière discret. Mais on est déjà en pré-campagne électoral. Les prochaines législatives ont lieu le 10 novembre prochain, et déjà les adversaires fourbissent leurs armes, s’accusent. La droite et la gauche sont plus polarisées que jamais.

Tous pensent que l’exhumation, si elle survient dans les prochaines semaines, influera sur cette campagne. À droite, on craint que ce geste si symbolique puisse contribuer à mobiliser un électorat de gauche qui risquait de ne pas se rendre aux urnes. Les socialistes disent que cela n’a rien à voir, et qu’il faut régler cette affaire au plus vite pour justement passer ensuite aux élections. Dans tous les cas, ici, jamais un mort aura autant fait parler de lui.

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