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Italie: la Cour constitutionnelle reconnaît le droit au suicide

Audio 03:21
La procédure de l'euthanasie est uniquement du ressort de la médecine.
La procédure de l'euthanasie est uniquement du ressort de la médecine. © ZaldyImg/Flickr/Wikipédia

En Italie, le 25 septembre, la Cour constitutionnelle a reconnu le droit au suicide assisté. Jusqu’ici interdite par la loi, l’aide apportée à un grand malade désireux de mettre fin à ses jours n’est plus un crime. C’est un tournant dans l’ordre social du pays, qui suscite néanmoins de violentes polémiques.

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Cette décision de la Cour n'a pas été accueillie de façon favorable par tout le monde. Mais pour de nombreux Italiens, c’est un progrès. Le sujet est tellement sensible que la classe politique ne s’en sort pas. La loi italienne est assez basique : toute aide au suicide est passible de sanctions. Mais les cas de suicides assistés se sont multipliés ces dernières années, pour des personnes atteintes de graves pathologies irréversibles.

Dernièrement dans un procès, un homme est jugé pour avoir aidé un célèbre DJ à mettre fin à ses jours. DJ Fabo était devenu aveugle et tétraplégique après un accident de la route. À sa demande, un ami l’avait conduit dans une clinique suisse où est pratiqué le suicide assisté. Il s’était ensuite auto-dénoncé à Milan, dans l’espoir de susciter une initiative législative.

►À écouter aussi : Débat du jour - Faut-il une nouvelle loi sur la fin de vie ?

Mais aucun groupe politique n’a voulu s’aventurer sur ce terrain glissant : trop risqué. Le suicide assisté est un sujet qui divise à l’intérieur même des familles politiques. Avec la décision de la Cour constitutionnelle, les Italiens ont gagné une nouvelle liberté publique, même si leurs élus n’avaient pas été capables de légiférer comme ils auraient dû le faire.

L’influence de l’Église

Pour les médias, la ligne de démarcation entre pro et anti-suicide assisté passe par le Vatican. La Conférence épiscopale n’a cessé de redire qu’elle n’en voulait pas. Le pape François l’a lui même encore rappelé  il y a quelques jours, à Rome. Sur la même longueur d’onde, l’association des médecins catholiques annonce que 4 000 praticiens seraient systématiquement objecteurs de conscience. S’il leur fallait aider un patient à mourir.

Le Premier ministre Conte a déclaré lui « qu’en tant que juriste et catholique » il ne croyait pas qu’existe un droit à mourir. Plusieurs parlementaires chrétiens ont dénoncé les risques de dérives de toute nouvelle loi sur l’aide au suicide, avec le risque, selon eux d’arriver ensuite au droit à l’euthanasie, acte encore absolument interdit en Italie. Pour la fédération des médecins, enfin, il faudra que les juges prononcent eux-mêmes l’ordre de « pratiquer le suicide assisté » car sinon eux ne le feront pas, par déontologie.

Le Parlement obligé de légiférer

Ls juges ont laissé beaucoup de questions en suspens et il faudrait une loi pour préciser qui pourra décider d’aider un patient suicidaire. Est-ce que le système public de santé prendra en charge l’intervention et avec quels médicaments ? On touche à la mort, à la vie et aux convictions philosophiques profondes de chacun. Les parlementaires devraient avoir du mal à se mettre d’accord, tant les points de vue sont difficilement inconciliables. Il semblerait que tout le monde souhaite une loi, mais que personne ne veut l’écrire.

►À lire aussi : Italie : pour un ex-responsable de la santé, le gouvernement est « antiscience »

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