Accéder au contenu principal
Revue de presse française

À la Une: l'hommage populaire à l'ancien président Jacques Chirac

Audio 05:48
La foule s'approchant du cercueil de Jacques Chirac à l'entrée de la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, le 29 septembre 2019.
La foule s'approchant du cercueil de Jacques Chirac à l'entrée de la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, le 29 septembre 2019. Philippe LOPEZ / AFP

Publicité

En Une de Libération et du Figaro, une photo quasi-identique, celle d'une foule qui attend, debout, dans la cour des Invalides, pour aller se recueillir devant le cerceuil de Jacques Chirac. Au loin, on aperçoit une immense photo de l'ancien président, disposée derrière son cercueil... Jacques Chirac souriant, la main levée, et qui semble saluer la foule venue lui dire adieu.

« Leur Chirac », titre Libération, qui est allé à la rencontre des « milliers de français qui se sont déplacés dimanche aux invalides ». « L’ambiance est bon enfant, bienveillante, avec ce qu’il faut de solennité et un petit côté promenade automnale. » « Certains viennent de très loin », raconte Libération, « comme Alain, "gaulliste social" aveyronnais fort en gueule, "monté" de Rodez, qui suscite des moues désapprobatrices lorsqu’il décide de s’en griller une comme "Chirac le fumeur", avant d’écraser son mégot au milieu de la cour immaculée. » « C’est simple, sans chichi, ose, de son côté, un coiffeur périgourdin à la retraite, écharpe tricolore autour du cou. Ça lui ressemble. Il aurait aimé. »

« Les Français réunis autour de Jacques Chirac », titre de son côté Le Figaro qui parle d'un « dernier bain de foule ». Dans son éditorial Yves Thréard ne cache pas son admiration : « L'ancien président de la République appartenait à tout le monde, riche ou pauvre, petit ou grand, sans parti pris. C'est commun d'un chanteur, d'un écrivain ou d'un acteur, beaucoup moins d'une figure politique. Pour cette raison, sa disparition suscite, certes, la tristesse, mais surtout le désir de se retrouver ensemble en un instant, si rare, d'unité nationale. Lui qui n'a pas connu que des succès remporte là une ultime victoire. La plus belle de toutes ! »

Le Parisien raconte lui, la venue de Claude Chirac aux Invalides

Dans la soirée, vers 22 heures, la fille de l'ancien président, tout de noir vêtue, « est venue à la rencontre de ces milliers de citoyens, qui continuent de patienter sur le trottoir, à l'extérieur des Invalides, avant de pouvoir rendre un ultime hommage » à Jacques Chirac.

« À cette heure tardive, il y a encore une file longue de 500 mètres », raconte Le Parisien. « Accompagnée de son mari Frédéric Salat-Baroux et d'une sécurité minimale, Claude Chirac serre la main d'une armée d'anonymes. Les visiteurs nocturnes n'hésitent pas à l'interpeller. "J'espère que ça se passe comme vous le souhaitez ?", "Tout ce que votre papa a fait, c'est formidable", "Je voulais juste vous dire merci", "J'ai perdu mon père, je vous comprends", lui lancent-ils. »

Quand on lui souhaite « Bon courage », elle rétorque : « C'est vous qui avez du courage comme ça d'attendre. Merci d'être venu lui dire au revoir. C'est bouleversant ! Très tactile, elle pose sa main sur l'épaule d'une vieille dame. Elle claque parfois des bises. Met régulièrement sa main sur le cœur en guise de remerciement sincère. Accepte volontiers les selfies. »

Le Monde détaille le déroulement de ce lundi 30 septembre

Après une première cérémonie réservée à la famille, à 9h30 aux Invalides, les honneurs funèbres militaires seront rendus à Jacques Chirac, dans la cour des Invalides, en présence d'Emmnuel Macron.

Puis « Le cercueil de l’ancien président de la Ve République quittera les Invalides à 11 heures, en convoi funéraire et encadré par une grande escorte, pour rejoindre l’église Saint-Sulpice. Les Français pourront lui rendre un dernier hommage au cours de ce trajet

À l'église Saint Sulpice, poursuit Le Monde, « L’assistance sera à la mesure de l’afflux de messages parvenus du monde entier depuis jeudi : environ quatre-vingts personnalités étrangères – chefs d’État et de gouvernement, anciens dirigeants et membres de famille royales –, seront présentes. »

Puis « L’ancien président de la République sera inhumé dans l’après-midi dans un cadre strictement privé au cimetière du Montparnasse. Selon le souhait de son épouse Bernadette, il reposera dans le caveau de leur fille aînée Laurence, décédée en 2016. »

Enfin, « Une minute de silence sera observée à 15 heures dans les administrations et les écoles de France. »

La Croix s'interroge, elle, sur « l'émotion populaire que suscite la mort de Jacques Chirac »

« Une émotion populaire » qui selon le journal, « révèle la dimension spirituelle du lien qui unit les français à leurs chefs d'États ». Le psychanalyste Roland Gori estime que le pouvoir est ce « lieu vide », que le chef de l'État va investir en créant « l'illusion », par une parole, des gestes, « qu'il peut rassembler des espérances diffuses et contradictoires des citoyens ». En écho, Maxime Tandonnet, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, juge que « la France est une vieille nation monarchiste et surtout, un pays très divisé qui a besoin d'une figure incarnant la nation pour réunir tous les français ».

La Croix rappelle toutefois que Jacques Chirac dut « affronter la défiance de l'opinion publique pendant ses deux mandats et attendre son départ de l'Élysée, ainsi que l'épreuve de la maladie, pour voir sa cote s'envoler dans le coeur des français. » « Un paradoxe qu' explique le psychanalyse Roland Gori : la relation que tisse le président avec les Français produit des sentiments. Ils peuvent être de l'amour ou de la haine, mais la part de transcendance demeure. »

Émotion, amour, transcendance, autant de mots qui ne font pas vibrer l'Humanité

Pas question pour le journal proche du Parti Communiste, de faire sa Une sur la cour des Invalides. L'Humanité se contente d'un bref article en page 9, et s'interroge sur « l'indulgence dont Jacques Chirac bénéficie, bien au delà de son camp politique ».

Le journal s'interroge aussi sur la « nostalgie étrange d'une époque, "où l'on pouvait faire de la politique et avoir de l'argent", selon les mots du politologue Philippe Moreau-Chevrolet qui parle également d'une époque "vue comme un âge d'or, alors que ce n'en était pas un", le paradoxe pour Jacques Chirac étant "qu'avoir pris peu de décisions, l'a finalement protégé." »

C'est donc presque malgré lui, que le journal accord tout de même quelques mérites à l'ancien président. Enfin, un mérite, celui d'avoir été « le premier chef d'état étranger à poser le pied sur le sol américain, au lendemain des attentats du 11 setpembre 2001 ».

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.