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Aujourd'hui l'économie

Khashoggi: l’Arabie Saoudite aimante à nouveau les sociétés étrangères

Audio 04:19
Mohamed Ben Salman (MBS) à Riyad, le 19 novembre 2018.
Mohamed Ben Salman (MBS) à Riyad, le 19 novembre 2018. REUTERS/Courtesy of Saudi Royal Court/Handout/Bandar Algaloud

Il y a un an aujourd’hui que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été assassiné. Ce meurtre perpétré en Turquie par les autorités du royaume a choqué le monde entier et il a fait fuir les investisseurs étrangers. Sont-ils revenus depuis ? L'économie du royaume a-t-elle souffert de cette désaffection ?

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En octobre 2018, les grands patrons étrangers ont surtout exprimé leur indignation en annulant leur déplacement pour le Davos du désert. Ce grand forum organisé depuis trois ans pour promouvoir la transition économique du royaume, sa sortie du tout pétrole, a donc été un fiasco l'an dernier. Mais les affaires n’ont jamais vraiment cessé, et cette année plusieurs dirigeants de premier plan annoncent sans vergogne leur participation à ce forum prévu à la fin du mois à Riyad. 150 invités ont déjà confirmé leur venue.

Quels sont les plus empressés ?

Une quarantaine d'Américains sont annoncés. Dont pas mal de financiers. Larry Fink, le dirigeant de BlackRock le plus grand fonds de fonds a déclaré qu'il revenait pour promouvoir le changement. Les PDG des grandes banques américaines réservent encore leur réponse mais leurs sociétés seront de toute façon représentées à très haut niveau. Au nom de leurs intérêts. Sur les 9 banques sélectionnées pour orchestrer l'introduction en bourse de la société pétrolière saoudienne Aramco, 5 sont américaines, dont Goldman Sachs, JP Morgan ou City Bank. Parmi les inconditionnels de Riyad on retrouve également le gendre et conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, il sera le chef de la délégation américaine. Au niveau politique, des rumeurs circulant à Riyad annoncent la venue des dirigeants du Brésil et de l'Inde, Jair Bolsonaro et Narendra Modi.

Côté français, connait-on déjà les noms des participants ?

C'est toujours le français Richard Attias qui organise l'évènement, mais hormis la présence supposée du dirigeant de Total, -Patrick Pouyanné était là l'an dernier, pour le moment au niveau du CAC40, aucun nom n'a été dévoilé. La venue du ministre de l'économie Bruno Lemaire annoncée hier dans la presse française a été rapidement démentie. On ne sait pas non plus si les absents de 2018, Frédéric Oudéa pour la Société Générale ou Jean-Bernard Lévy pour EDF feront cette année le déplacement. Quoiqu'il arrive les affaires continuent aussi pour les français. Outre la Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole font partir des 15 banques choisies pour assurer en deuxième ligne la mise sur le marché d'Aramco. Ces banques s'intéressent aussi à la vague de privatisation qui va suivre l'introduction en bourse. Quant à EDF et Engie, ils ont des chantiers en cours en Arabie dans le domaine de l'éolien et EDF fait partie des entreprises pré sélectionnées pour le nucléaire.

Est-ce qu'il y a encore des entreprises qui snobent le royaume saoudien ?

Les entreprises américaines de la tech n'ont pas prévu d'assister au prochain Davos du désert. Elles n'ont pas besoin des pétro dollars saoudiens, elles trouvent suffisamment de financement sur le sol américain. C'est problématique pour l'Arabie Saoudite, car elle a vraiment besoin du savoir faire de la Silicon Valley pour rattraper son retard dans le numérique. Globalement l'Arabie se réjouit déjà du niveau de la participation annoncée au prochain forum. Maintenant que le traumatisme Jamal Khashoggi est surmonté, elle veut surtout démontrer au reste du monde que la péninsule est un lieu sûr, quelques semaines après les attaques menées contre ces installations pétrolières. Et quelques mois avant qu'elle n'endosse la présidence du G20, le premier décembre prochain.

 

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