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Revue de presse française

À la Une: après la tuerie de Paris, la piste terroriste

Audio 06:06
La tuerie a eu lieu à la préfecture de police, située sur l'île de la Cité, en plein cœur de Paris.
La tuerie a eu lieu à la préfecture de police, située sur l'île de la Cité, en plein cœur de Paris. REUTERS/Philippe Wojazer

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Dans l’affaire de la tuerie à la préfecture de police de Paris, le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête sur un assassinat commis « en liaison avec une entreprise terroriste ». Le journal Libération, en Une, pointe « l’ombre jihadiste », car les premiers éléments de l’enquête « accréditent l’hypothèse d’une radicalisation de l’auteur du quadruple assassinat ».

 

De fait, souligne ce quotidien, le tueur, Mickaël Harpon, le matin de la tuerie, avait acheté une lame en céramique de 33 centimètres, « scellant la préméditation de son acte ». Puis, via son téléphone, il a adressé un ultime message écrit à sa femme, « auquel cette dernière a répondu par une allusion à Dieu », complète Libé (« allusion » précisée en toutes lettres par le journal Le Parisien, lequel rapporte que l’épouse a répondu à son tueur de mari : « Seul Dieu te jugera. Allahou akbar… »)

 

Enfin, ajoute-t-il, « Harpon se serait converti à l’islam il y a bien plus que 18 mois ». Dans son téléphone, révèle Libération, « plusieurs numéros s’y trouvant conduiraient à des personnes impliquées dans la mouvance salafiste ».

 

De son côté, le journal Le Parisien, hier soir, a révélé que Mickaël Harpon a été l’objet d’un « signalement » après l'attentat contre Charlie Hebdo commis en janvier 2015 et que l'une des victimes de l'assaillant a été « égorgée ».

 

Information confirmée par Mediapart. Lequel site internet révèle que, la nuit précédant la tuerie, Mickaël Harpon aurait notamment dit que « Dieu est grand, Dieu nous protège ». Toutefois, modère ce journal en ligne, le tueur « n’aurait jamais prononcé » de menaces dans son sommeil.

 

Prudence à la Une

 

Hier, on l’a bien senti, la plupart des journaux français faisaient preuve de prudence face à l’hypothèse d’une piste jihadiste. Mais dans la journée, les rédactions commençaient à admettre qu’elle puisse être retenue, et Libération le souligne : « La prudence observée jeudi par les grands médias (…) était parfaitement justifiée, martèle ce quotidien. Il était hors de question de battre la campagne dans les commentaires sur les événements dramatiques survenus à la préfecture de police de Paris à partir de faits qui restaient à établir. »

Mais ce matin, un journal français balaie toute prudence, Le Midi Libre, en énonçant ceci : « Le terrorisme frappe toujours là où on l'attend le moins », lance donc ce journal du sud de la France.

Alors ? Alors Libé, également ce matin (et contrairement à hier), est bien forcé d’admettre que, si les premiers éléments d’enquête fiables divulgués hier par les autorités sont confirmés et complétés par la suite des investigations, « le sort cruel de quatre fonctionnaires de police tués dans l’exercice de leurs fonctions ressortit bien de la terreur islamiste ».

 

Et donc, reconnaît en conséquence ce journal, « dans cette hypothèse, qu’il s’agisse de la soudaine radicalisation d’un individu à l’équilibre mental précaire ou d’un acte mûri de longue main - l’enquête devra le dire - le cauchemar de la violence islamiste se prolonge. Qui plus est, cette violence insensée a frappé de l’intérieur le cœur du dispositif de sécurité. »

La vérité si je mens

Pour dire les choses encore plus clairement, cette manifeste gène est bien le signe d’un non-dit dans la tuerie de la préfecture de police. Et le non-dit de cette saisine du parquet national antiterroriste, le journal La Charente libre le dit, justement (ou plutôt l’écrit) en relevant que, dès l’annonce de ladite saisine, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a réagi pour souligner que la présence d'un « islamiste dans un des hauts lieux du renseignement français, serait un scandale majeur ».

Voilà ! Alors, certes, énonce le journal L'Union, en écho à la déclaration, hier, de la porte-parole Sibeth Ndiaye, « ce n'est pas parce qu'on est musulman qu'on est terroriste ». Mais « quand on additionne les signes suspects, il y a de quoi se poser des questions (…) Au final, ajoute ce quotidien de l’est de la France, ces informations, ajoutées à l'empressement du gouvernement à avancer systématiquement la thèse du déséquilibré, produisent l'inverse de l'effet escompté : la suspicion d'une bonne partie de la population à l'égard de la parole politique et la jubilation de ceux qui avaient le pressentiment qu'un musulman tuant à coups de couteau tous ceux qu'il croise a probablement des arrière-pensées islamistes », soupire donc L’Union.

Le Figaro n’écrit pas autre chose, en regrettant « la difficulté qu’éprouvent les autorités à nommer les choses par leur nom. En tardant à le faire, elles alimentent le sentiment qu’on cherche à relativiser le danger islamiste. N’en déplaise aux beaux esprits, rien n’est pire que le déni », sermonne Le Figaro.

Ismaël Emelien, écolo de luxe

 

Des nouvelles d’Ismaël Emelien, cet ex-conseiller d’Emmanuel Macron avait quitté l’Élysée il y a six mois. Et bien il vient de retrouver du travail… grâce au groupe LVMH, que préside le Français Bernard Arnault, troisième fortune mondiale.

 

C’est Mediapart qui le révèle : l’ancien conseiller spécial d’Emmanuel Macron à l’Élysée, qui avait été mis en cause dans l’affaire Benalla, « vient d’être engagé comme consultant par le groupe LVMH ». Il y dispensera ses conseils en matière d’environnement. Un domaine dans lequel on ne sache pourtant pas que l’intéressé ait jamais fait autorité.

 

Mais le groupe LVMH a bien confirmé à ce journal en ligne avoir passé « un contrat de conseil avec la société qu’a créée Ismaël Emelien. Il s’agit d’un accompagnement stratégique (de quelques jours par mois), essentiellement sur les sujets liés à l’environnement », indique la direction de LVMH à Mediapart.

 

Lequel site internet souligne que cette collaboration illustre, selon lui, « la proximité entre les Macron et la famille Arnault, qui contrôle le numéro un mondial du luxe », et elle soulève une nouvelle fois la question de « la porosité entre la politique, la haute fonction publique et les milieux d’affaires, et des éventuels conflits d’intérêts qui peuvent en découler ».

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