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Dans les Balkans, un match de football débouche sur un incident politique

Audio 03:22
C’est la première fois que la police intervient pour empêcher un match de football organisé par les Serbes, mais cet incident n’est finalement qu’un épisode de la guerre du football, que se livrent le Kosovo et la Serbie.
C’est la première fois que la police intervient pour empêcher un match de football organisé par les Serbes, mais cet incident n’est finalement qu’un épisode de la guerre du football, que se livrent le Kosovo et la Serbie. Pixabay/StockSnap

Il y a deux jours, un match de football apparemment anodin, entre l'Étoile rouge de Belgrade et le Trepca de Kosovska Mitrovica, s'est tenu dans la petite ville de Nova Pazova en Serbie. Le match a pourtant retenu l'attention puisque les joueurs avaient été empêchés de jouer la veille.

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De notre correspondant à Belgrade,

L’Étoile rouge de Belgrade devait disputer les seizièmes de finale du championnat serbe contre Mitrovica, au nord du Kosovo. Ce match était organisé par la fédération de football de Serbie, et c’est là que tout se complique. Pour les Serbes, le Kosovo est une partie intégrante de la Serbie. Il s’agit donc d’un match local. Mais pour les Kosovars albanais, le Kosovo est un pays indépendant.

La fédération du Kosovo a donc jugé que ce match entre une équipe étrangère et une équipe qui ne reconnaît ni le Kosovo ni sa fédération n’avait pas lieu d’être. La fédération du Kosovo a donc averti la police, qui a empêché les joueurs de Belgrade de passer. Le président de la fédération kosovare Adem Ademi est même allé plus loin, puisqu’il a décrit les footballeurs de Trepca comme une équipe fantôme. Il affirme n’avoir fait qu’appliquer les règles de l’UEFA.

Ce genre d’incident est-il commun ?

C’est la première fois que la police intervient pour empêcher un match de football organisé par les Serbes, mais cet incident n’est finalement qu’un épisode de la guerre du football, que se livrent le Kosovo et la Serbie. Pendant des années, le Kosovo n’a pas eu de fédération, car selon les règles de la FIFA, seuls les pays reconnus aux Nations Unies y ont droit. Pristina aurait pu toutes ces années obtenir une dérogation, à condition que Belgrade ait donné son feu vert, ce que la fédération serbe a – évidemment – toujours refusé.

À l’époque, le foot kosovar n’avait aucune existence officielle et les équipes ne pouvaient pas jouer à l’étranger. Tout cela a changé en 2016, lorsque l’UEFA a admis le Kosovo même s’il ne siège toujours pas à l’ONU, au grand dam de la Serbie. Depuis, les équipes de Serbie et du Kosovo ne sont jamais rencontrées, mais la position de principe des Serbes serait de refuser le match, quitte à être disqualifiés.

Ça veut dire qu’il n’y a pas de matchs entre Serbes et Albanais au Kosovo ?

Et il y a même des tensions ! Par exemple à Mitrovica il y a deux équipes : une serbe et une albanaise. Le stade est dans la partie albanaise et les Serbes ne peuvent pas y jouer, alors que les archives du club historique sont dans la partie serbe et les Albanais n’y ont pas accès.

La fédération kosovare a bien tenté de convaincre les Serbes de la rejoindre en promettant des subventions, mais ces derniers ont refusé. Il y a même eu des incidents qui se sont soldés par des dégradations d’équipements sportifs. Au final, le football, ainsi que les autres sports au Kosovo, montre bien à quel point les deux communautés sont toujours séparées, 20 ans après la fin de la guerre.

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