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Revue de presse afrique

A la Une: journée de violences hier en Guinée

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Manifestation dans le quartier de Bambeto, en banlieue de Conakry, ce lundi 14 octobre 2019.
Manifestation dans le quartier de Bambeto, en banlieue de Conakry, ce lundi 14 octobre 2019. Carol Valade / RFI

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C’était le chaos hier lundi dans les rues de Conakry et dans d’autres villes du pays. Au moins 5 morts et des dizaines de blessés, selon les informations parvenues à RFI, et selon le gouvernement, 2 morts : c’est le bilan provisoire de cette journée de manifestations contre un potentiel troisième mandat du président Alpha Condé, âgé de 81 ans.

Hier en fin d’après-midi, pointe le site guinéen Ledjely, « les autorités guinéennes se sont adressées l’opinion nationale. Mais de fait, il y a eu deux messages. L’un, au ton conciliant et s’inscrivant dans une logique d’apaisement, est du président de la République. L’autre, nageant dans le déni de la réalité et usant d’un ton belliciste et de menaces à peine voilées, est du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Une contradiction qui nous laisse dans l’expectative, relève Ledjely. Tant elle renvoie de la Guinée, l’image d’un navire tenu par deux commandants de bord aux destinations diamétralement opposées. Si ce n’est pas un jeu de rôle bien orchestré pour brouiller les pistes et distraire de même le camp d’en face. (…) Entre les deux discours, c’est le jour et la nuit. Le même régime clignote à droite, pour s’engager ensuite vers la gauche. »

Et le site guinéen de s’interroger : « Que se passe-t-il ? Serait-ce une pièce de théâtre où les rôles sont savamment distribués aux comédiens ? Ou bien serait-ce qu’Alpha Condé est en train d’être dépassé par les événements ? (…) »

« Condé doit renoncer au 3e mandat ! »

Pour Aminata, autre site d’information guinéen : Alpha Condé doit faire marche arrière…

« La manifestation d’hier lundi a sans doute montré un rapport de force favorable aux citoyens hostiles à une réélection d’Alpha Condé pour un troisième mandat. Le Chef de l’État va-t-il tirer les leçons issues de cette journée de colère ? Il a intérêt à renoncer à ce mandat de trop, estime Aminata, avant qu’il ne soit trop tard. Comme un seul homme, les Guinéens de Conakry et des préfectures de l’intérieur du pays ont paralysé tout le pays envoyant du coup un signal fort aux promoteurs de la présidence à vie. (…) Au Burkina Faso, poursuit Aminata, il a fallu la mise à sac de l’Assemblée nationale pour que Blaise Compaoré se rende compte à l’évidence de son impossibilité d’imposer sa dictature au peuple. Et finalement, il a retiré son projet avant de voir son mandat écourté. Comme Blaise Compaoré, Alpha Condé se dirige vers l’abîme. »

Vers une crise durable ?

Justement, Le Pays, au Burkina, exprime toute son inquiétude : « Maintenant que Condé a franchi le Rubicon, il faut craindre que ce bras de fer entre le pouvoir et l’opposition ne réserve des jours de tourmente et de larmes au peuple guinéen devenu otage de sa classe politique. Le hic est que tout laisse croire que la crise qui se profile à l’horizon ne manquera pas d’impacter négativement une économie nationale souffreteuse malgré son immense potentiel minier et naturel, avec d’inévitables répercussions sur les conditions de vie déjà précaires des populations. En tout état de cause, poursuit Le Pays, l’on ne peut que regretter cet entêtement d’Alpha Condé à lancer son pays sur cette orbite de l’incertitude. Non seulement il achève de dilapider tout le capital de sympathie engrangé tout au long de son combat historique pour la démocratie contre les régimes militaires successifs en Guinée, mais aussi il court le risque de sortir de l’histoire par une porte dérobée. »

Et Le Pays d’en appeler à l’arbitrage de la CEDEAO : « La communauté ouest-africaine se doit d’intervenir pour dissuader le professeur de cette aventure pleine de menaces, non seulement pour la Guinée, mais aussi pour tout l’espace communautaire. En effet, non seulement l’instabilité politique en Guinée peut impacter négativement l’économie et la quiétude sous-régionale, mais l’exemple d’Alpha Condé peut aussi s’avérer contagieux pour de nombreux États où la démocratie n’est encore qu’un vernis. »

Devoir d’ingérence

Attention, prévient aussi le site d’information malien Benbéré : « toute dérive sérieuse à Conakry viendra installer le continent parmi les avatars tragiques de la démocratie libérale où le consensus est une chimère, la constitution un tableau mural et l’électeur un cadavre en sursis. En conclusion, souhaiter que la sagesse prévale aujourd’hui en Guinée et qu’elle guide la Côte d’Ivoire demain ne relève pas du culot pour un Malien, un Burkinabé ou un Nigérien, tous ressortissants de pays en turbulence. Ce devoir d’ingérence est plutôt dicté par l’instinct de conservation. »

Enfin, rapporte le site GuinéeNews, la contestation devrait se poursuivre ce mardi en Guinée : le FNDC, qui regroupe les principales organisations de la société civile et de l’opposition, appelle en effet à manifester à nouveau. Le FNDC qui se dit « décidé à maintenir la pression jusqu’à l’abandon total du projet de troisième mandat (…). »

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