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Bonjour l'europe

Démarrage d’un nouveau cycle politique au Portugal pour Antonio Costa

Audio 03:28
Le Premier ministre portugais Antonio Costa, le 29 janvier 2019 à Chypre.
Le Premier ministre portugais Antonio Costa, le 29 janvier 2019 à Chypre. Petros Karadjias /Pool via Reuters

Au Portugal va débuter un nouveau cycle politique. Le deuxième gouvernement du socialiste Antonio Costa est sur le point de prendre ses fonctions. Il ne va vraisemblablement plus reposer sur une alliance avec les partis de la gauche radicale comme précédemment. Éclairages.

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De notre correspondante à Lisbonne,

L’alliance disparait. Le premier gouvernement Costa, de 2015 à 2019, reposait sur cette alliance avec d’une part le parti Bloco de esquerda, l’extrême gauche dans la mouvance Podemos en Espagne ou France insoumise, pour faire court. Il s’agissait d’un accord permettant aux socialistes d’obtenir la majorité au Parlement dans certains domaines, bien précis, et qui avaient fait l’objet d’âpres négociations. L'accord d'autre part avait été également passé entre le PS et le Parti communiste.

Les deux partis d’extrême gauche exigeant entre autres choses des garanties sur l’augmentation globale des revenus des Portugais et la fin de l’austérité, qui avait prévalu de 2011 à 2014, lorsque le Portugal au bord de la faillite avait été placé sous tutelle internationale. Le modèle retenu d’alliance des gauches avait reçu le nom désuet de Deringonça, qui veut dire attelage mal ficelé menaçant de rompre à tout moment. Il faut dire que peu de gens y croyaient, et pourtant le « bidule » a fonctionné durant quatre ans. Pour beaucoup, il semblait logique de reconduire l’assemblage.

Ce ne sera pas le cas. À l’issue des élections du 6 octobre dernier, et bien que la majorité absolue échappe aux socialistes, le modèle sera différent.

Il manque huit députés au PS pour disposer de la majorité absolue, avec 108 députés sur 230 dans l’hémicycle. Il faudra donc pouvoir compter sur des appuis pour pouvoir légiférer. Le bloc de gauche, avec ses 19 députés, s’est montré favorable à la reconduction de l’accord, mais l’exigence d’un engagement par écrit de la part des socialistes a été rejeté. Quant au PCP, il avait opposé un « non » très clair à un nouveau rapprochement.

Au sein du parti, il y avait eu une importante opposition à un partenariat avec les socialistes, ces frères ennemis de la gauche. Le PCP a perdu cinq députés au scrutin du 6 octobre. Quant au gouvernement Costa II, il ne s’annonce pas si facile, le Premier ministre va devoir naviguer à vue et tenter de trouver des soutiens au coup par coup. Il réclame pourtant la stabilité dont son pays a besoin. Mais les tensions sociales pourraient à nouveau se faire sentir alors que se profile à l’horizon une dégradation de l’économie.

Quelles sont les priorités de ce gouvernement Costa II ?

Le Premier ministre l’a affirmé, c’est le changement dans la continuité. Il s’est entouré de la même équipe ministérielle ou presque, mais en la renforçant, avec quatre ministres d’État, et de nombreux secrétaires d’État. Avec des objectifs précis, comme le développement de l’investissement, l’amélioration des services publics... Et en 2021, la présidence de l’Union européenne. Mais des dossiers s’annoncent très difficiles : la santé, l’éducation, dirigées par les mêmes ministres de tutelles que précédemment.

Une véritable provocation, dénoncent d’ailleurs les syndicats en guerre pour les évolutions de carrière dans ces secteurs. D’une manière générale l’économie revient au premier plan. Des dossiers s’annoncent épineux : les infrastructures, le logement, et le Code du travail. La gauche radicale entend en faire à nouveau son cheval de bataille, pour mettre fin a la politique jugée trop centriste en la matière d’Antonio Costa. On le voit, les points d’achoppement sont nombreux. Le deuxième mandat Costa s’annonce bien plus houleux que le premier.

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