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Chronique des matières premières

L’agriculture argentine inquiète par la crise et la guerre commerciale

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Un champ de soja près de Santa Fe, en Argentine (image d'illustration).
Un champ de soja près de Santa Fe, en Argentine (image d'illustration). Getty Images/Silvina Parma

L’Argentine se prépare au premier tour de l’élection présidentielle ce dimanche. À l’approche de cette échéance, le secteur agricole s'inquiète. Dans un contexte international de guerre commerciale et un contexte national de crise économique, quel est l'état de santé de l'agriculture locale ?

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L’agriculture représente près de la moitié des exportations du pays, et une source importante de devises. Les principales productions : le soja, le maïs et le blé. Le soja au cœur de la guerre commerciale sino-américaine. Mais l’Argentine en profiterait assez peu. « Notre principal produit d'exportation, c'est la farine de soja, vers le Vietnam et le sud-est asiatique, et l'huile de soja vers l'Inde, explique Gonzalo Agusto, économiste à la Bourse des céréales de Cordoba. Alors on a exporté un peu plus de graines de soja non transformées, mais cette guerre n’a pas été très favorable pour nous. »

Baisse du prix du soja

Pékin a pourtant récemment signé un accord pour acheter de la farine de soja à l’Argentine, accord présenté comme historique par le président Mauricio Macri. Gonzalo Agusto est prudent, la Chine important peu de ce produit. Quant au prix du soja, la baisse actuelle est pour l’économiste davantage liée à d’autres facteurs, dont la peste porcine, l'Asie ayant moins besoin de soja. Mais le fléau est aussi une opportunité pour Mario Aguilar Benitez : « depuis quelques mois, on exporte nos cochons en Chine et récemment nous avons augmenté de 30 % notre production pour fournir la Chine. »

Au niveau national, même si elle est le seul secteur en croissance, l'agriculture n'échappe pas aux effets de la crise. « Les taux d’intérêt sont hauts, alors non, les agriculteurs n’ont pas moins semé, mais, moins de technologies ont été utilisées pour la culture. Par exemple, cela a pu aller jusqu’à une utilisation moindre de fertilisants en raison de ce coût élevé du financement », précise Gonzalo Agusto.

Les craintes d'un retour du Kirchnerisme

Néanmoins, les exploitants agricoles s’inquiètent d’un possible départ de Mauricio Macri, au profit du kirchnerisme. À côté de son frère, Andrès Aguilar Benitez ne mâche pas ses mots : « Lors du dernier gouvernement kirchneriste, le problème, ce n'était pas seulement les taxes, mais c'est aussi qu'on nous a fermé les portes du monde. Il y a eu des limites à l'exportation. Et c'est ce qui nous fait peur. »

La bourse de Cordoba a déjà noté un changement. Les exploitants sèmeront moins de maïs que prévu. L’alternance qui se profile a rafraîchi l'enthousiasme des exploitants agricoles qui voyait d'un bon œil une baisse des droits d'exportation sur le maïs.

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