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Aujourd'hui l'économie, le portrait

Le président de la BCE Mario Draghi s'en va

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Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, lors d'une réunion du Conseil des gouverneurs qui s'est tenue à Francfort, en septembre 2019.
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, lors d'une réunion du Conseil des gouverneurs qui s'est tenue à Francfort, en septembre 2019. REUTERS/Ralph Orlowski

DansAujourd'hui l'économie : le Portrait, on parle de Mario Draghi. Le président sortant de la Banque centrale européenne (BCE) a tenu jeudi à Francfort sa dernière conférence de presse. Il doit pouvoir passer le témoin à Christine Lagarde le 1er novembre prochain. L'occasion de s'intéresser à celui que la presse a surnommé « Super Mario ».

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Italien, mais doté d'un pragmatisme à l'américaine, il est avant tout l'homme qui a sauvé l'euro. Le patron de la BCE s'en va et laisse une institution modernisée, capable de résister aux spéculations. Mais une institution qui est aussi à bout de souffle face à la menace déflationniste et une croissance atone.

Le regard fier, le sourire discret, Mario Draghi est un homme pressé qui n'aime guère les longs discours. Se refusant à évaluer ces huit ans depolitique monétaire, ce qu'il laisse « aux historiens », le patron de la BCE n'a voulu confesser ni satisfaction ni regret sur une mesure en particulier. Toutefois « s'il y a une chose dont je suis fier, c'est la façon dont le Conseil des gouverneurs et moi-même avons constamment poursuivi notre mandat. D'une certaine manière, ça fait partie de notre héritage : ne jamais abandonner », a-t-il dit en forme de message d'adieux.

L'héritage familial

Fils d'un banquier et d'une pharmacienne, Mario Draghi sait en effet comment parler aux marchés, tout en gardant un pied dans l'économie réelle. Né à Rome il y a 72 ans, le jeune Mario étudie l'économie et le commerce, avant d'obtenir son doctorat aux États-Unis. Professeur d'université, il entre au Trésor italien à un moment crucial pour son pays : au début des années 1990, l'Italie est alors au bord de la faillite. Privatisations des entreprises publiques, dévaluation de la lire, coupes dans les dépenses... Surnommé le « Père Rigueur », Mario fait le ménage.Des réformes structurelles, qu'il ne cessera de revendiquer plus tard en tant que patron de la BCE auprès de ses partenaires européens.

Entretemps Mario Draghi rejoint la banque d'affaire américaine Goldman Sachs. Un tournant dans sa carrière qui lui vaudra de nombreuses critiques. À l'époque, la banque aide la Grèce à maquiller son déficit abyssal. Selon Patrice Gautry, chef économiste à l'Union bancaire privée à Genève, « à cette époque-là il y avait de nombreuses anciennes personnes de Goldman Sachs qui se retrouvaient dans des institutions financières, dans des gouvernements, ou avaient d'autres responsabilités publiques ou semi-publiques. Donc, c'était je dirais la critique globale du poids que pouvait avoir l'économie financière sur l'économie réelle et sur le processus de décision. »

Après ce passage outre-Atlantique, Mario Draghi revient au pays, où il prend les commandes de la Banque d'Italie. Et c'est en tant que président du Forum de stabilité financière mis en place par le G7, puis élargi au G20, qu'il acquière une reconnaissance internationale. Sa nomination à la tête de la Banque centrale européenne, en 2011, fait l'objet de réticences de la part des Allemands et des pays nordiques, qui doutent qu'un Italien sache tenir les cordons de la Bourse.

Et la crise de la zone euro éclate un an plus tard...

En 2012, c'est la crise de la zone euro. Les marchés financiers deviennent méfiants, les pays ne peuvent plus emprunter pour financer leurs dettes. La contagion part de la Grèce et s'étend sur le Portugal, l'Italie et l'Espagne. L'euro est menacé. Et c'est là que « Super Mario » entre en jeu. Patrice Gautry souligne le rôle d'intermédiaire financier qu'a joué la BCE :

« L'apport personnel de Mario Draghi a été de relancer la machine de crédit. Faire en sorte que l’offre de crédit soit à nouveau disponible pour les entreprises et les ménages. Cela a été le fameux épisode de ce que l’on appelle les assouplissements quantitatifs. La Banque centrale achète à la fois des crédits privés, mais aussi des obligations publiques pour relancer la machine de crédit. Ça s’est fait en plusieurs étapes. Et ça, c’était complétement nouveau dans l’histoire d’une banque centrale et de la Banque centrale européenne. »

La BCE a-t-elle changé sous le règne de Mario Draghi ?

Oui, elle a changé. Christine Lagarde a désormais à sa disposition un certain nombre d'outils pour intervenir en cas de besoin. Sachant que les crises se suivent, mais ne se ressemblent pas. Mario Draghi a échoué à ramener l'inflation en Europe à 2 %, le niveau censé assurer la bonne santé à l'économie. Mais la BCE ne peut pas agir toute seule. Or, l'une des réformes engagées pour protéger la zone euro, l'Union bancaire, est encore loin d'aboutir.

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