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Chronique des médias

Google en plein bras de fer avec les journaux

Audio 02:51
Google n'entend pas respecter la loi entrée en vigueur le 24 octobre.
Google n'entend pas respecter la loi entrée en vigueur le 24 octobre. REUTERS/Aly Song/File Photo

Les éditeurs de presse français se battent pour les « droits voisins », qui visent à rémunérer les médias pour l’utilisation de leurs articles sur Google. Une loi est entrée en vigueur le 24 octobre mais le moteur de recherche, tout comme Facebook, n’entend pas la respecter.

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La directive s’impose à tous les États européens, elle a été transposée pour la première fois dans la loi française. Et pourtant, Google n’a pas du tout l’intention de payer pour les aperçus qu’il donne des articles de presse. Le moteur de recherche a même clairement laissé le choix aux éditeurs de médias : soit ils restent référencés en images, avec de petits résumés, mais alors sans être rémunérés pour cela, soit ils s’opposent à cette forme d’indexation et alors ils ne seront plus visibles qu’à travers les titres de leurs articles et un simple lien URL.

« Google nous laisse le choix entre la peste et le choléra », a tempêté jeudi Jean-Michel Baylet, le patron de la Dépêche du Midi qui préside l’Alliance de la presse d’information générale. Pour lui, pas question de renoncer à Google : ce serait perdre entre 40 et 50 % de l’audience des titres de presse. Mais pas question non plus d’accepter que l’on « contourne la loi », comme il dit : il a décidé avec l’Agence France-Presse, les magazines et la presse spécialisée de porter plainte auprès de l’Autorité de la concurrence pour abus de position dominante.

Bataille juridique

C’est donc une bataille juridique qui s’engage pour Google face à des éditeurs de presse qui n’auront aucun mal à montrer que Google est en position dominante sur son moteur de recherche, aussi bien dans l’accès à l’information que dans la publicité en ligne, puisque dans les deux cas il occupe plus de 90 % du marché français. Maintenant, est-ce que Google abuse de cette position ? C’est toute la question. Oui, affirment les éditeurs, puisqu’ils s’estiment pieds et poings liés, en état de dépendance économique vis-à-vis de ce géant. Google, de son côté, rétorque que rien ne l’oblige à payer et que ces mêmes éditeurs reçoivent une « valeur significative » des 8 milliards de visites mensuelles sur leurs sites.

Vendredi, Facebook a annoncé de son côté qu’il lançait un service d’actualité aux États-Unis, Facebook News, et l’on voit bien ce qui oppose les géants américains à l’Europe. Là aussi, pas question de payer des droits à la presse mais d’accord pour contracter avec une dizaine de médias pour promouvoir le journalisme et, accessoirement, se débarrasser de sa mauvaise réputation sur les infox. C’est exactement le contraire d’une juste répartition en faveur du plus grand nombre. Est-ce que l’arme juridique est la meilleure ? Certains dans la presse en ligne, au Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne (Spiil), estiment que la réponse des « droits voisins » n’est pas adaptée. Il faut jouer le bras de fer au niveau européen en boycottant Google ou Facebook, ou en obtenant un démantèlement de ces mastodontes. Trop risqué pour les grands médias.

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