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En Allemagne, nouvelle percée électorale du parti d'extrême droite AfD

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Campagne électorale du parti d'extrême droite allemand Alternative à l'Allemagne (AFD) à Dresde, en Allemagne, le 25 août 2019.
Campagne électorale du parti d'extrême droite allemand Alternative à l'Allemagne (AFD) à Dresde, en Allemagne, le 25 août 2019. REUTERS/Hannibal Hanschke

Le 27 octobre 2019, le parti allemand d’extrême droite AfD devance le parti de la chancelière Angela Merkel et le SPD en Thuringe, dans l’est du pays, avec un coup d'éclat notable : la présence sur les listes du représentant de l'aile la plus radicale du parti Björn Höcke.

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Créé il y a six ans, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est désormais présent dans tous les parlements régionaux au Bundestag, depuis deux ans et au Parlement européen depuis 2014. Dans la partie est du pays, le parti obtient plus de 20 % des voix aux élections du 27 octobre 2019. Avec les scrutins du 1er septembre et celui de dimanche en Thuringe, l’AfD a plus que doublé voire triplé son résultat précédent.

Les raisons de ces succès sont multiples. L’Alternative pour l’Allemagne les nourrit en tirant parti de frustrations héritées des trente dernières années depuis la réunification comme de peurs plus actuelles. Il y a le sentiment d’être perçu à l’Est comme des Allemands de deuxième classe, le rejet du système politique, le manque d’adhésion aux valeurs démocratiques, la montée de la xénophobie, la peur de personnes n'ayant pas de problèmes matériels mais s'inquiétant pour leur avenir.

L’AfD est le parti perçu comme celui qui défend les intérêts de ses personnes, un rôle qu’a longtemps tenu Die Linke, le mouvement hérité du parti communiste est-Allemand. Trente ans après la chute du mur, l’AfD prône l’achèvement de la révolution démocratique de l’époque tout en faisant un parallèle entre le régime est-Allemand et l’Allemagne d’aujourd’hui.

Un profil très radical

Björn Höcke, un professeur d’histoire de 47 ans, originaire de l’Ouest, est la figure de proue de l’aile la plus radicale de l’AfD. Il provoque régulièrement, comme lorsqu’il qualifia le mémorial de l’holocauste au cœur de Berlin de « monument de la honte » ou en réclamant un virage à 180 degrés de la politique de mémoire de l’Allemagne.

Un tribunal a décidé le mois dernier qu’on pouvait le qualifier de « fasciste » sans être poursuivi. L’aile la plus radicale de l’AfD est menacée d’une observation par les services de protection de la Constitution.

Les positions radicales de Höcke ont, dans le passé, suscité une procédure d’exclusion qui n’a jamais abouti. Cet été, une centaine de responsables de l’AfD ont pris publiquement position contre lui. Après le succès du parti dimanche en Thuringe, le co-président du parti Alexander Gauland déclarait que « Höcke est au centre du parti » ne précisant pas s’il évoquait son positionnement idéologique ou la place qu’occupe au sein de l’AfD l’aile la plus radicale.

Les conséquences du succès de l’AfD

Les bons succès du parti aux trois régionales organisées cette année dans l’est du pays auront des conséquences lors du congrès du parti fin novembre pour les instances dirigeantes.

Au départ, l'AfD était un parti composé de professeurs hostiles aux mesures de sauvetage de la zone euro, mais est aussi l'objet d'une radicalisation constante qui devrait se poursuivre.

Aujourd'hui, la question est posée : Björn Höcke sera-t-il candidat à un poste de vice-président ? Pas sûr, ses positions radicales pourraient ne pas lui apporter suffisamment de voix. Si cette aile plus radicale a emporté des succès, elle polarise au sein du parti où certains prônent un cours moins extrême pour faciliter un jour une alliance avec les chrétiens-démocrates.

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