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Aujourd'hui l'économie

De Beyrouth à Bagdad, explosion de colère au Moyen-Orient

Audio 04:02
Des manifestants participent à une manifestation contre la corruption, le manque d'emplois et la médiocrité des services à Bagdad, en Irak, le 27 octobre 2019.
Des manifestants participent à une manifestation contre la corruption, le manque d'emplois et la médiocrité des services à Bagdad, en Irak, le 27 octobre 2019. REUTERS/Thaier Al-Sudani

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De Beyrouth à Bagdad, la colère de la rue est devenue contagieuse dans le monde arabe. Les mêmes failles sociaux-économiques se retrouvent dans chaque pays traversé par cette vague de contestation.

Une croissance anémique depuis bientôt dix ans et un chômage de masse sont les puissants moteurs de ces mouvements constate le FMI. L’absence de travail, de revenu, de perspective est cruellement ressentie parmi les femmes et les plus jeunes, les plus durement touchés. Un quart de la jeunesse irakienne, un tiers de celle du Liban sont aujourd’hui désœuvrés. Et cette jeunesse privée d’avenir n’est pas seulement le fait de la génération qui est aujourd’hui dans la rue. 60 % des habitants des pays arabes ont moins de 30 ans. Or, la croissance est bien trop faible pour créer les emplois exigés par la pression démographique. Cette variable se retrouve dans d'autres pays où la rue s'est enflammée : le Soudan, l'Algérie, ou encore l'Égypte.

Des jeunes excédés par des années d’immobilisme

Il y a seize ans, l’Irak est sorti de la guerre. Il y a trente ans, le Liban aussi, mais ces pays n’ont toujours pas décollé sur le plan économique. Idem pour l’Égypte. Le pays dirigé par le général al-Sissi ressemble furieusement à celui de Moubarak dans la confiscation de l’économie par les militaires. Dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, la croissance est inférieure à celle qu’ont connue d’autres pays émergents, note le FMI. Et le chômage, toujours lui, beaucoup plus élevé. Depuis dix ans, la croissance est moindre que lors de la décennie précédente, d’où la stagnation du revenu par habitant. Mais pas pour tout le monde. Les inégalités ont explosé au Liban par exemple. Entre 2005 et 2014, les 1% les plus riches ont reçu près du quart du revenu national total, faisant du Liban un pays comparable au Brésil ou à l’Afrique du Sud en termes d'inégalité constate l’économiste Lydia Assouad.

Les manifestants pour un renouvellement complet des équipes au pouvoir

Les manifestants veulent donc revoir de fond en comble une économie tournée vers la satisfaction des privilégiés. Il y a quelques semaines en Égypte, c’est la dénonciation des détournements commis par le président al-Sissi et ses proches par un entrepreneur floué qui a jeté des centaines de manifestants dans la rue. Au Liban, les jeunes dénoncent eux les réseaux confessionnels qui trustent les emplois, y compris les plus modestes, pour le compte exclusif de leurs propres fidèles. Tandis qu’en Algérie, la rue pacifique a fini par chasser le président Bouteflika et son clan considéré comme prédateur. Comme les Soudanais se sont débarrassés de Omar el-Béchir.

Les gouvernants peuvent-ils encore répondre à ces exigences ?

Décrédibilisés, rejetés, ils ont le plus grand mal à trouver la ou les solutions pour satisfaire ces attentes. Le Premier ministre irakien élu il y a un an sur des promesses de réformes économiques est aujourd'hui totalement décrédibilisé. Il a reconnu qu'il n'y avait pas de solutions magiques aux problèmes irakiens, qu'il était impossible de réaliser en un an les rêves des 16 dernières années. Au Liban, les premières mesures annoncées, la réduction des salaires des ministres, paraissent cosmétiques. Mais il faut dire que le poids de la dette, 150 % du PIB, ne laisse guère de marge de manœuvre. Le gouverneur de la Banque centrale a mis en garde lundi la population contre le risque de défaut de paiement qui pourrait plonger le pays dans une crise encore plus grave si la paralysie de toute l'économie provoquée par le mouvement perdure.


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