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Aujourd'hui l'économie

Le géant saoudien du pétrole Aramco prévoit d’entrer en bourse

Audio 04:36
L'entreprise Aramco devra publier des informations sur sa situation financière comme l'exige une présence à la bourse.
L'entreprise Aramco devra publier des informations sur sa situation financière comme l'exige une présence à la bourse. REUTERS/Ahmed Jadallah/File Photo

Cette introduction occupe l'actualité financière saoudienne depuis maintenant trois ans mais ne s'est jamais concrétisée.

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Le moment choisi pour l'annoncer est un gage de réussite : l'information filtre pendant le « Davos du désert » où affluent les investisseurs invités par le royaume saoudien à placer leur fonds dans les projets d'avenir du pays.

Il serait malencontreux pour le prince de se dédire quelques jours plus tard. Et le calendrier est précis : la procédure sera lancée ce dimanche, la fourchette de prix publiée à la mi-novembre, et le premier cours fixé le 11 décembre à la Bourse de Riyad. Mohammed ben Salman a annoncé son vaste plan de transition économique en 2016 et il a encore peu de résultats concrets à produire.

Une étape cruciale dans la transition économique du royaume

L’opération est délicate parce que l'entreprise Aramco est hors norme. Par sa culture, cette entreprise publique est discrète, parfois secrète. Elle n'a pas l'habitude de publier des informations sur sa santé financière comme l'exige une présence à la bourse.

Mais ce qui la rend si particulière, ce sont ses résultats hors du commun : elle est classée comme l'entreprise la plus profitable au monde. Son bénéfice de 2018 est égal à ceux d’Apple, Google et Exxon mobil réunis.

Intérêt mitigé 

Les Russes se renseignent déjà sur l'entreprise alors que les Occidentaux sont plus circonspects. Ces derniers la trouvent certes juteuse, mais ils sont dubitatifs sur sa valorisation : presque 2 000 milliards de dollars selon le prince héritier. Mohammed ben Salman voit gros, d'une part parce qu'il est fier de son entreprise publique, mais aussi parce que son royaume a furieusement besoin de cette privatisation. L’argent récolté comblera le déficit et financera la sortie du tout pétrole.

Néanmoins, des experts indépendants ont estimé la valeur réelle d'Aramco autour des 1 200 - 1 500 milliards de dollars. Les investisseurs seront donc très attentifs au prix de référence publié avant l’introduction. S’il est trop élevé, l’opération pourrait tourner au fiasco, ce qui n'est pas le but recherché. Pour éviter cet écueil, les autorités redoublent de prudence : seulement 1 % du capital sera proposé dans un premier temps à la Bourse de Riyad. Cette offre est destinée en priorité aux Saoudiens.

Une mobilisation générale pour investir

Il s'agit d'un placement populaire : sept millions de Saoudiens seraient preneurs, selon l'autorité monétaire saoudienne. Acheter l’action Aramco relève du devoir patriotique. Les riches familles ont été fermement invitées à participer et les citoyens ordinaires aussi. Les banques faciliteront les prêts pour leur permettre de détenir un morceau du trésor national.

Cette mobilisation générale devrait garantir le succès de l’opération. Est-elle pour autant judicieuse  ? Qu'un pays investisse toute son épargne dans l'industrie dont il cherche à s'émanciper surprend. Étant donné l'éclatante santé financière d'Aramco, à court terme l'opération est certes rentable, mais cet argent pourrait être plus utile s'il était affecté à des projets de transformation de l'économie. À moins que les nouveaux actionnaires ne revendent très vite leur titre pour investir dans de nouvelles activités. Une option optimiste qui dépend de la tendance de l'action Aramco.

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En bref

La situation économique au Liban

Au Liban, après la démission du Premier ministre, et malgré la paralysie du système bancaire, les salaires devraient être versés. Bientôt la fin du mois et le besoin est pressant pour les Libanais. Les banques étaient encore fermées le 29 octobre mais elles se sont engagées à verser les salaires des fonctionnaires. La Banque centrale a sécurisé les liquidités nécessaires. En revanche, les informations sont floues pour les salaires du privé.

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La messagerie WhatsApp porte plainte contre une société israélienne spécialisée dans l'espionnage. NSO est régulièrement accusée d'aider les gouvernements à surveiller les militants et les journalistes grâce à son logiciel Pégasus. Le patron de WhatsApp accuse NSO d'avoir ciblé une centaine de personnalités de la société civile en insérant un logiciel malveillant dans les téléphones via une faille de l'application WhatsApp. La messagerie appartient à Facebook, régulièrement épinglé pour l'exploitation des données personnelles de ses usagers.

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