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Revue de presse française

À la Une: un mariage de raison plus que d'amour entre PSA et Fiat Chrysler

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Des pick-ups Chrysler Jeep Dodge garés devant une agence Chrysler dans le Massachusetts, le 30 avril 2009.
Des pick-ups Chrysler Jeep Dodge garés devant une agence Chrysler dans le Massachusetts, le 30 avril 2009. Reuters/ Brian Snyder

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Il y a eu Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni, Vincent Cassel et Monica Belluci. Là c’est un peu moins glamour et en plus cela pose des questions.

« Cinq mois après l’échec du rapprochement Fiat Renault, le mariage franco-italien a-t-il des chances d’être cette fois célébré ? », se demande Le Parisien.

Libération dit « oui », car « l’intérêt mutuel parait évident » selon un spécialiste de l’industrie automobile interrogé par le journal. Notamment parce les deux entreprises sont « très complémentaires sur le plan géographique », avec l’Europe et la Chine pour PSA et l’Amérique du Nord pour Fiat Chrysler.

Oui également pour Les Échos qui expliquent qu’« après plusieurs discussions ayant à chaque fois capoté ces dernières années, les deux groupes ont cette fois trouvé un équilibre satisfaisant ».

Certes, les négociations ont été ardues en raison des exigences des deux actionnaires de référence : les familles Peugeot et Agnelli. « Aucune des deux n’étaient réellement prête à laisser l’autre devenir prédominante dans le nouvel ensemble », expliquent Les Échos, notamment parce que les Agnelli ont davantage de parts dans Fiat Chrysler que les Peugeot dans PSA.

Mais l’équilibre a finalement été trouvé via « la gouvernance » : « le conseil d’administration comptera six membres de PSA et cinq de FCA », quant au siège social, « il sera établi en pays neutre, les Pays-Bas ».

Les deux groupes n’ont de toute façon guère le choix, rappellent Les Échos : « Fiat, qui n’a pas assez investi dans le renouvellement de sa gamme et l’électrification, a besoin d’un partenaire pour assurer l’avenir et PSA doit sortir de son statut de constructeur régional. »

Le futur 4e constructeur mondial aura des défis à surmonter, juge la presse

« Le chemin reste semés d’embûches », estime Le Monde, il faudra notamment mettre de la cohérence entre les 14 marques qui seront regroupées, de Peugeot à Fiat en passant par Maserati, Alfa Romeo, Opel ou encore Chrysler et Dodge. Avantage : « Une présence sur toute la gamme automobile, du basique au luxe », expliquent Les Échos.

Libération voit un risque dans la différence de culture actionnariale des deux groupes : « Très financière pour FCA où tout a été fait ces dernières années dans une optique de désendettement », alors que PSA a « une logique plus industrielle et moins court-termiste ».

Inquiétude sociale également car c’est un mastodonte qui a va être créé avec près de 400 000 employés. Or qui dit rapprochement dit synergies… et qui dit synergies dit suppression d’emplois.

C’est d’ailleurs ce dont s’inquiète La Charente libre : « Il est rare que les synergies, qui font rêver les conseils d’administration, produisent en masse de l’embauche. [Or] les Italiens n’ont pas manqué de mettre en avant l’importance de leurs usines. » « Les fusions font bien plus souvent le bonheur des capitaines d’industrie en quête de rentabilité que celui des simples ouvriers », renchérit LEst républicain.

L’État français, actionnaire de PSA, devrait être là pour garantir l’emploi, jugent toutefois les journaux. Mais il lui faudra rester discret, estime Le Figaro, qui rappelle que « l’autre grand constructeur national Renault en sait quelque chose. Son mariage raté avec le même Fiat Chrysler et ses déboires avec Nissan doivent beaucoup à l’interventionnisme intempestif de la puissance publique. »

Un autre couple franco-italien intéresse également la presse française

Passation de pouvoirs demain à la tête de la Banque centrale européenne, entre Mario Draghi, qui « quitte la zone euro », comme le titre Libération et Christine Lagarde, « l’Eurostar » comme l’appelle Le Monde.

Les deux quotidiens se complètent ce matin 31 octobre, puisque Libération consacre un long article à l’Italien et Le Monde une double page portrait de La Française. Et les deux papiers sont très élogieux.

Libération félicite le bilan de « Super Mario Draghi qui a aligné sans états d’âme la BCE sur ses consœurs américaine, britannique et japonaise afin de préserver la monnaie unique, puis de relancer la croissance », ce qui lui vaut une solide inimitié en Allemagne où le tabloid Bild l’a surnommé « Draghila, celui qui suce le sang des épargnants et des retraités », explique le journal.

Autant dire que Christine Lagarde est attendue de pied ferme outre-Rhin mais Le Monde ne s’inquiète pas : elle a toujours su s’imposer et elle s’est bâtie avec la présidence du FMI « une légitimité diplomatique », explique le quotidien.

Elle est « le visage de la mondialisation à la Française, compatible avec le pragmatisme anglo-saxon », poursuit Le Monde, qui rappelle sa carrière de juriste aux États-Unis avant d’être ministre des Finances en France.

La politique n’a pas laissé de bons souvenirs à Christine Lagarde ; elle n’a pas aimé « la brutalité du milieu ». Mais cette politique sera une part importante de son rôle à la BCE, car elle « débarque en pleine guerre des tranchées entre colombes favorable à la croissance et faucons qui veulent en finir avec la politique de l’argent gratuit », tempère Libération.

Une mission qui s’annonce ardue car Christine Lagarde « n’est pas membre de l’amicale des banquiers centraux », rappelle le journal, « contrairement à tous ces prédécesseurs ».

Libération consacre sa Une à la visite du Premier ministre Edouard Philippe

Le chef du gouvernement français effectue un déplacement dans le département de Seine-Saint-Denis ce jeudi 31 octobre. « L’État promet des jours meilleurs à l’un des départements les plus pauvres de France », lance le quotidien.

Édouard Philippe doit en effet annoncer une batterie de mesures parmi lesquelles une prime de 10 000 euros pour les agents de l’État restant en poste cinq ans en Seine-Saint-Denis.

Peu attractif, le département voit arriver beaucoup de fonctionnaires et notamment des enseignants « dont c’est le premier poste », explique Libération, et « qui partent davantage », en raison des difficultés locales, ce qui perpétue le problème.

Matignon prépare un plan « sur mesure », comprenant aussi des rénovations de commissariats et d’hôpitaux

Pas forcément suffisants pour les élus du département, pour qui « l’urgence est partout », avec « le sentiment de repartir de zéro tous les jours » et dont certains ont déposé un recours contre l’État pour rupture d’égalité.

D’ailleurs, pour le Bondy Blog, site d’information installé en Seine-Saint-Denis, la venue du Premier ministre est un « nouvel épisode d’une série qui aurait pu s’appeler Abandon ».

Car si le département « bat le record de visites ministérielles, 2 700 entre 2007 et 2018 », les résultats ne sont pas au rendez-vous, explique le Bondy Blog : « Le parterre de maires, d’élus locaux et de forces vives du département » convié au discours d’Édouard Philippe « ouvriront grand leurs yeux et leurs oreilles après avoir tant réclamé de telles annonces ».

Libération se veut toutefois optimiste : ces nouvelles mesures prennent en compte « les demandes du terrain ». Alors certes, « ce n’est pas le grand soir, mais c’est un petit début », conclut le journal.

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