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Aujourd'hui l'économie

Springboks: la victoire regonfle le moral d’une Afrique du Sud en pleine crise

Audio 04:24
Stade international de Yokohama, au Japon. Le Sud-Africain Siya Kolisi soulève la Coupe Webb Ellis alors que les Springboks célèbrent leur victoire en finale de la Coupe du monde de rugby, le 2 novembre 2019.
Stade international de Yokohama, au Japon. Le Sud-Africain Siya Kolisi soulève la Coupe Webb Ellis alors que les Springboks célèbrent leur victoire en finale de la Coupe du monde de rugby, le 2 novembre 2019. REUTERS / Kiyoshi Ota

La victoire inattendue de l'Afrique du Sud à la Coupe du monde de rugby 2019 arrive à point nommé pour mettre du baume au cœur d'une nation meurtrie, empêtrée dans une grave crise économique. Dernière péripétie de cette descente aux enfers : vendredi, l’Afrique du Sud a évité de justesse de sombrer dans la catégorie de la dette dite spéculative.

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Une agence de notation souveraine croit encore (un peu) aux chances de l’Afrique du Sud de s’en sortir, c’est Moody’s, seule agence encore présente dans ce pays en plein hiver économique : la croissance est amorphe, l'électrogramme de l'investissement est plat depuis cinq ans, le chômage à 30%, et la dette, 60% du PIB, est en train d’exploser.

Cette trajectoire ressemble à un crash au ralenti ; l’Afrique du Sud est à deux doigts de tomber dans la catégorie spéculative où Standard & Poors et Fitch l’ont déjà rétrogradée en 2017. Le principal coupable de la débâcle financière qui se profile : la compagnie nationale d’électricité Eskom, un mastodonte en pleine déliquescence. Incapable de fournir un service continu, et donc un obstacle à l'activité, et incapable de rembourser sa dette, 30 milliards de dollars, soit 15% de l'ardoise publique sud-africaine.

Qu’est-ce qui motive la clémence de Moody’s ?

Contrairement aux deux autres agences, plutôt techniques dans leur approche de l’économie sud-africaine, Moody’s privilégie une lecture politique. Et cela depuis la fin de l’apartheid.

En 1994, quand Nelson Mandela en appelle aux agences de notation pour permettre à son pays exsangue de retrouver la capacité d’emprunter sur les marchés, Moody’s est déjà plus bienveillante que ses pairs, sa note est deux crans au-dessus. Parce qu’elle a foi dans le récit positif du père de la nation arc-en-ciel. Un an plus tard, d’ailleurs, l’Afrique du Sud remporte à domicile la Coupe du monde de rugby.

Sur le plan technique, Moody’s retient les aspects positifs de la dette sud-africaine : seulement 10% sont détenus par des investisseurs étrangers, le risque de change et de départ des créanciers est faible, rien à avoir avec l'Argentine.

Quelles seraient les conséquences d’une note spéculative pour les finances sud-africaines ?

D'abord, la fuite des capitaux. Cela rendra plus compliqué son accès au crédit pour financer son déficit et bien sûr une envolée de ses taux d’intérêt. En bref, ajouter de la misère à ses misères déjà grandes.

Car les marchés considèrent déjà la dette sud-africaine comme un actif pourri. Avec la même note souveraine que la Russie, l’État sud-africain paie deux fois plus cher son assurance sur les emprunts à cinq ans.

Quels sont les plans du gouvernement pour desserrer l'étau de la dette ?

Histoire d’amadouer son dernier soutien, quelques jours avant le verdict de Moody’s, le gouvernement a présenté la semaine dernière un nouveau plan de sauvetage pour Eskom, qui doit être précisé dans les jours qui viennent.

Et après la publication de la note de l'agence, le ministre des Finances Tito Mboweni a lancé un appel assez solenne l: « Il est temps de se retrousser les manches, c’est maintenant ou jamais (...) C'est à nous de redresser notre pays ».

La victoire que ramènent les springboks va-t-elle galvaniser les Sud-Africains et leur donner la force d'endurer de nouveaux sacrifices ? Il faudra en tout cas beaucoup de courage et de sens politique pour sortir le pays de cette impasse, avec une population appauvrie par des années de déclin. Les marchés semblent y croire : ce lundi 4 novembre, le rand remonte dans les premiers échanges.

En Bref

Le grand patron de McDonald's contraint à la démission à cause d'une relation amoureuse avec l'une (ou l'un) des salariés du groupe.

Aux États-Unis, on ne plaisante pas avec le règlement ; la chaine de restauration rapide prohibe toute relation, même consentie, au sein de l'entreprise. Le Britannique Steve Easterbrook, en poste depuis trois ans, a reconnu son erreur, il part après avoir relancé la maison, la valeur des actions McDonald's ayant doublé pendant son mandat.

Au Royaume-Uni, c'est pour mieux concilier vie privée et travail qu'une entreprise financière double la mise du congé parental.

Les futurs mamans ou papas travaillant pour Standard Life Aberdeen bénéficieront d'un congé payé de neuf mois, à prendre en une ou plusieurs tranches. C'est la mesure la plus généreuse jamais prise au Royaume-Uni, elle entre en vigueur en janvier prochain.

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