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Le monde en questions

30 ans après la chute du Mur de Berlin, quel bilan pour l’Europe?

Audio 03:18
Des touristes longent ce qui reste du mur de Berlin, conservé pour l'histoire.
Des touristes longent ce qui reste du mur de Berlin, conservé pour l'histoire. John MACDOUGALL/AFP

Retour sur les 30 ans de la chute du Mur de Berlin, qui seront commémorés ce samedi en Allemagne. Et la double question est la suivante : pourquoi cet évènement est-il considéré comme une date importante dans l’histoire mondiale et quel bilan peut-on en faire pour l’Europe trente ans après ?

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Et bien ce 9 novembre 1989 est devenu très vite une date importante tout simplement parce que la chute de ce Mur, érigé en 1961 en pleine Guerre Froide, a marqué le début de la fin de l’organisation géopolitique du monde en deux blocs antagonistes, est et ouest, capitaliste et communiste. Un ordre mondial qui s’imposait à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et plus précisément depuis 1947, date à laquelle a débuté la Guerre Froide.

Les évènements du 9 novembre 89 ont pris tout le monde par surprise, la rapidité de leur déroulement plus exactement – car la contestation du régime communiste en RDA avait débuté depuis plusieurs mois déjà. Au point que le KGB avait imaginé un plan sévère pour stopper cette contestation, avec notamment l’usage de la force. Scénario rejeté par Mikhail Gorbatchev, celui qui avait lancé la Perestroïka en 1985. Lui qui avait voulu réformer le communisme, en faire un « socialisme à visage humain », l’aura au final détruit.

Première conséquence de taille : la chute du Mur a débouché quelques mois plus tard sur la réunification de l’Allemagne.

Réunification symbolique, politique et économique, qui faisait de l’Allemagne la grande puissance européenne, d’où d’ailleurs la grande méfiance au départ de la diplomatie française, inquiète de cet ajout de puissance et soucieuse de régler au mieux les questions de frontière. Ce qui d’ailleurs fut fait. La construction de la nouvelle Allemagne d’ailleurs ne s’est pas faite sans souci, et a coûté une fortune à l’Allemagne de l’Ouest.

Deuxième conséquence : avec la chute de la RDA, les autres régimes communistes voisins n’ont pas tardé à s’écrouler, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie,  puis l’ensemble des ex-républiques socialistes qui étaient sous le joug de Moscou.

Troisième conséquence assez rapide, deux ans à peine : l’effondrement de l’URSS – en décembre 1991, l’empire soviétique s’effondrait, beaucoup de pays recouvraient leur indépendance et le drapeau russe, et non plus soviétique, flottait à nouveau sur le Kremlin.

Trente ans après, le bilan de toutes ces conséquences est assez mitigé, notamment en Europe.

Certes, les peuples d’Europe de l’est ont retrouvé la liberté, mais ils ont aussi découvert un monde plus dur, plus égoïste, plus matérialiste. Le coût de la réunification a provoqué des hausses de taux d’intérêt qui ont entraîné un peu plus tard des politiques d’austérité un peu partout en Europe, malgré la mise en place de l’euro.

Résultat : 30 ans après, la démocratie ne fonctionne pas toujours très bien et on assiste depuis quelques années à la montée en puissance de mouvements populistes à l’est de l’Europe – et notamment dans les Lander de l’ex-RDA communiste.

Il y a donc clairement une forme de désenchantement et une colère sourde contre cette démocratie et cette Union européenne qui, pour des millions de personnes, n’ont pas tenu leurs promesses de 1989.

Quant à la Russie, elle s’est sentie humiliée dans les années 1990  par des pays occidentaux qui se sont crus alors tout-puissants. Elle a fini par se doter d’un leader rêvant de rétablir l’influence de l’empire soviétique, Vladimir Poutine. Il estime que la chute du Mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS sont les pires évènements survenus au XXe siècle.

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