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Revue de presse française

À la Une: l’hôpital public s’écroule

Audio 06:36
L'hôpital public est en crise.
L'hôpital public est en crise. AFP/Fred Dufour

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Terrible constat dressé par un collectif de 70 responsables médicaux du secteur public dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde. Extrait : « L’hôpital public français a acquis depuis des décennies une réputation d’excellence et une renommée internationale assurant des missions de soins les plus modernes, pour les enfants et les adultes, accessibles pour tous, ainsi que les missions de recherche et de formation. Nous vous alertons car ce système s’écroule et nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins. »

En effet, commente Le Monde, « L’hôpital craque de partoutet il ne s’agit plus seulement des urgenceset c’est son fonctionnement qui est gravement en péril. Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP, souligne que cette crise est notamment due à "des difficultés à recruter et à faire tourner les services". Selon la Fédération hospitalière de France, qui met en cause "le sous-financement organisé de l’hôpital", cette incapacité à répondre aux besoins de personnel concerne 97 % des établissements de soins publics. Les signes de ce malaise s’accumulent. [...] Ce jeudi 14 novembre, pour la première fois depuis une dizaine d’années, souligne encore Le Monde, la Conférence des doyens de facultés de médecine, des syndicats de médecins, des personnels paramédicaux, des internes, des étudiants en médecine sont appelés à se mobiliser pour "sauver l’hôpital public". Ce rassemblement quasi inédit montre à quel point la situation est critique. »

« Il faudra bien lâcher un peu… »

En effet, « c’est un événement rarissime, s’exclame Libération. Ce jeudi, l’hôpital public est en grève. La journée de mobilisation nationale devrait prendre des allures de "santé morte", à Paris mais aussi dans une dizaine d’autres villes, avec en vitrine le départ - à partir de 14 heures devant la maternité parisienne de Port-Royal - d’une manifestation inhabituellement œcuménique. »

Alors, « l’origine du malaise est fort simple, pointe Libération. La croissance spontanée de la demande de soins est d’environ 4 % par an. C’est le prix à payer pour faire face au vieillissement de la population, aux progrès technologiques de la médecine et à l’engorgement des urgences. [...] Pour le gouvernement, ces 4 % de croissance, s’ils étaient acceptés, pèseraient d’un poids excessif sur les finances publiques : le plafond d’augmentation a été fixé un peu au-dessus de 2 %. Le résultat se manifeste tous les jours : fatigue des personnels, salaires à la traîne, équipements encore insuffisants, etc… » Bref, conclut Libé, « il faudra bien lâcher un peu. Et peut-être même beaucoup. »

Alors, soupire La Voix du Nord, « dans un contexte de réduction des dépenses publiques, on guette ce que pourra proposer la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui devrait faire des annonces dans les jours qui viennent. À-t-elle les moyens de "redonner espoir" ? »

Certes, note Ouest France, « des réponses ont déjà été apportées par le gouvernement avec le plan Ma santé 2022. Les urgences devraient retrouver un peu d’oxygène en s’appuyant sur des soins de ville mieux pris en charge. L’objectif est aussi de soulager les médecins en confiant, comme cela se fait dans d’autres pays, plus de responsabilités à d’autres professionnels de santé. En décidant, par ailleurs, de former plus de médecins, la France avance dans le bon sens. Mais, tempère Ouest France, à condition que toutes ces mesures s’appliquent de façon cohérente dans la durée. Et que Bercy, avec le Budget, ne reprenne pas d’une main ce qu’il donne de l’autre. »

Poulidor ou la sublimation du deuxième de cordée…

À la Une également, la mort de Raymond Poulidor…

« La seule évocation de son nom réveille des souvenirs d’enfance, écrit Paris-Normandie. (Pour les plus de 40 ans) Raymond Poulidor, c’est surtout "Poupou", incarnation du champion populaire, simple, abordable dont le surnom fut souvent accolé, à tort, à l’image de l’éternel perdant. Tout au long de sa carrière, Raymond Poulidor aura pourtant collectionné les succès, franchissant le premier, à 189 reprises, les lignes d’arrivée. Mais le mythe "Poupou", c’est bel et bien sur les routes du Tour de France qu’il s’est écrit. À huit reprises, le rival du Normand Anquetil et du Belge Merckx eut accès au podium, mais jamais il ne parvint à se hisser sur la première marche. »

« Raymond Poulidor est mort et avec lui, c’est une époque qui disparaît, renchérissent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Celle où gagner pouvait passer pour une ambition assez vulgaire. Perdre était humain, voilà tout. Alors, s’approcher du bonheur jusqu’à le toucher et puis le laisser filer, voilà qui était grand, qui était français. »

« Antoine Blondin avait même inventé un mot pour lui : la "poupoularité", pointe le Courrier Picard. À l’heure de la "start-up nation" vantée par les troupes macronistes, nos dirigeants actuels devraient s’arrêter deux secondes sur cette "poupoularité", cette tendresse que les Français portent aux "deuxièmes de cordée", aux paysans enracinés dans un terroir. Raymond Poulidor est né dans la Creuse ; il est mort en Haute-Vienne. Deux images de cette France rurale, aujourd’hui délaissée par le pouvoir central, de cette France profonde qui a donné naissance il y a tout juste un an au mouvement des Gilets jaunes. »

La France crée des emplois !

Enfin, « oui, la France crée des emplois ! » : c’est la Une de La Croix

Confirmation de ce qu’annonçait Le Parisien il y a quelques jours, s’appuyant sur une étude privée. Là, c’est l’Insee qui l’affirme : « Les créations nettes d’emplois sont repassées dans le vert depuis fin 2015. Au troisième trimestre 2019, elles se sont élevées à plus de 54 000, selon des premières estimations de l’Insee. »

Commentaire de La Croix : « Voilà une nouvelle dont on peut se réjouir. Mois après mois, trimestre après trimestre et même année après année, l’économie française crée davantage d’emplois qu’elle n’en perd. Ce qui permet une décrue lente et régulière du taux de chômage, même si ce dernier demeure à un niveau élevé en comparaison des pays voisins. »

Toutefois, pas de quoi faire de triomphalisme : « il reste du chemin à parcourir pour sortir vraiment la France de la crise du travail, estime La Croix. Améliorer les systèmes de formation, promouvoir l’apprentissage, évaluer à leur juste valeur les hautes qualifications humaines que demandent les emplois de service et puis agir pour une meilleure répartition sociale et géographique des emplois. En caricaturant à peine, on observe deux France, relève le quotidien catholique. L’une qui vit pour ainsi dire au plein-emploi, une France des grandes villes et des catégories professionnelles supérieures. L’autre encalminée dans un sous-emploi chronique. Une France des périphéries, urbaines ou rurales, et des métiers peu qualifiés, peu considérés. Réduire cette fracture est un enjeu prioritaire pour l’unité du pays. »

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