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Les dessous de l'infox, la chronique

«Gilets jaunes» sous influence

Audio 03:31
L'acte 53 se tiendra le 16 novembre.
L'acte 53 se tiendra le 16 novembre. REUTERS/Vincent Kessler

Il y a tout juste un an, les « gilets jaunes » préparaient leur première grande journée de mobilisation. Ce samedi, nombre d’entre eux ont l’intention d’aller manifester en région et à Paris. Pour cet acte 53, les « Dessous de l'infox » reviennent sur le rôle qu'ont joué les réseaux sociaux lors de cette année de mobilisation.

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Les réseaux sociaux est un formidable outil de mobilisation sur tous les fronts de la contestation. L’envers de la médaille cependant, c’est la vulnérabilité des membres et sympathisants du mouvement, aux informations non vérifiées, photos détournées, infox, et théories du complot.

Le fonctionnement même de Facebook enferme les « gilets jaunes » dans ce que l’on appelle une « bulle de filtre », où tout ce qui est donné à voir ne vient que renforcer les opinions, quelle que soit la réalité factuelle. C’est l’effet produit par le nouvel algorithme de Facebook, introduit au printemps 2018. Il survalorise les contenus de « groupes » au détriment des pages Facebook, et donc au dépend des articles mis en lignes par les médias.

Sens critique et débat contradictoire sont ainsi réduits à une sorte d’entre soi.

Les médias dits mainstream, mis en cause pour avoir sous-estimé le mouvement dans un premier temps, ont depuis tenté de rectifier le tir. Malgré tout, aujourd’hui, la défiance reste intacte à leur égard, et cette défiance est entretenue par de nouveaux acteurs de la scène médiatique, qui se disent « hors système ».

Par exemple, il y a eu cette semaine sur la chaine RT ex-Russia Today, une interview de la journaliste Aude Lancelin. Ayant constaté à l’automne dernier, que les journalistes couvrant les manifestations étaient pris à parti par les « gilets jaunes », la journaliste a choisi d’opter pour une ligne éditoriale sans ambiguité :

« À partir du moment où ils ont compris que nous n’étions pas leurs ennemis, voire que nous étions à leurs côtés –tout en exerçant aussi factuel et aussi intègre que possible- nous avions choisi un parti pris éditorial en leur faveur, eh bien la confiance est revenue très rapidement. Ça a été absolument spectaculaire entre le mois de novembre et le printemps 2019. »

Au cours de cette interview Aude Lancelin, qui était auparavant à la tête du Media (site d'actualité en ligne, proche de La France insoumise) défend son projet d’une nouvelle chaine sur le web appelé QG pour Quartier Général. Surtout, elle insiste sur son indépendance vis à vis des puissances industrielles et de l’État. C’est le leitmotiv des « gilets jaunes », pour qui les médias sont systématiquement accusés d’être à la solde des industriels ou de l’état. On notera pourtant que cette interview est diffusée sur un média entièrement dépendant de financements de l’état russe, ce qui n’a pas l’air de poser le moindre problème à Aude Lancelin.

Sur le plan éditorial, ce qui rapproche les « gilets jaunes » de leurs principaux soutiens, que ce soit RT, Sputnik ou ce nouveau média en ligne QG, c’est la volonté de démontrer « la faillite des institutions démocratiques », un thème récurrent sur RT et pas qu’en France. Pour propager cette vision, le nouveau site en ligne Quartier Général, a recruté l’une des têtes d’affiche des Gilets jaunes, parmi les plus véhéments sur Facebook, sous le pseudo Fly Rider. Maxime Nicolle de son vrai nom est bien connu pour ses sorties complotistes sur l’attentat de Strasbourg, qu’il présentait comme une manipulation du gouvernement pour faire peur aux français.

Il contribue aussi à la circulation d’une ancienne rumeur sur la dette publique française qui serait une « dette fictive », créée pour servir les intérêts des banques privées, « une invention de Rothschild » pour reprendre ses termes.

Les diatribes antisémites et autres appels à la haine encouragés par ce type de posts sur les réseaux, s'ils provoque le malaise de certains « gilets jaunes », n’ont pas entrainé de rejet marqué, ni de la part de Facebook, ni des principaux leaders du mouvement. De fait, le mouvement n’est ni homogène, ni structuré, rien ne fait barrage aux infox.

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