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Bonjour l'Europe

Turquie: une série de suicides inquiète les autorités

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C'est à Istanbul qu'a été découverte la première famille retrouvée morte après ingestion de cyanure (image d'illustration).
C'est à Istanbul qu'a été découverte la première famille retrouvée morte après ingestion de cyanure (image d'illustration). REUTERS/Osman Orsal

Direction la Turquie, où une série de suicides inquiète les autorités et fait débat dans la société, d’autant qu’ils semblent liés à la dégradation de la situation économique.

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Les faits se sont déroulés sur une période de dix jours. Le 5 novembre, d’abord, quatre frères et sœurs âgés de 48 à 60 ans ont mis fin à leurs jours dans leur appartement d’Istanbul. Ils ont ingéré du cyanure, un puissant poison. Le 9 novembre, à Antalya, la police a retrouvé quatre membres d’une même famille, les parents et leurs deux enfants, chez eux, là encore empoisonnés au cyanure. La police estime que le père a d’abord empoisonné sa femme et ses enfants de 5 et 9 ans avant de se suicider.

Enfin, le 15 novembre, c’est une famille de trois personnes dont une enfant de 6 ans qui a été découverte sans vie, encore une fois après ingestion de cyanure. Ce serait aussi le père qui aurait empoisonné sa famille avant de se tuer.

Trois affaires similaires, 11 morts, en dix jours

La Turquie fait face à une série noire. Le gouvernement a annoncé vendredi dernier la création d’une commission d’enquête. L’une des questions récurrentes concerne le poison utilisé – le cyanure – dont la vente est en théorie interdite aux particuliers. Sauf que même après ces trois drames, on en trouve encore facilement sur internet, sur des sites de vente en ligne. Et dans le Google turc, la recherche qui revient le plus lorsque vous entrez le mot « cyanure » est : « comment se procurer du cyanure ». Le ministre de l’Intérieur a promis de prendre des mesures pour empêcher ces ventes illégales.

Même mode opératoire, même motifs présumés

Le sujet est délicat et il est évidemment difficile d’expliquer un suicide, qui plus est un suicide collectif ou un suicide précédé du meurtre des membres de sa famille. Il n’empêche que dans les trois cas, ces familles avaient en commun une situation financière très difficile, avec chômage et fort endettement. Le père d’Antalya a par exemple laissé une lettre dans laquelle il se disait sans emploi depuis neuf mois. « Je suis désolé, mais il n’y a rien d’autre à faire », écrit-il dans cette dernière lettre.

La situation économique du pays pointée du doigt

L’économie turque traverse une période compliquée et l’année écoulée a été particulièrement dure, notamment pour les classes moyennes et les plus défavorisées. Le chômage reste élevé – 14% contre 11% il y a un an – et l’inflation, même si elle ralentit ces derniers mois, continue de faire souffrir les Turcs qui ont vu leur pouvoir d’achat chuter depuis 2018 et sont souvent très endettés. Le seuil de pauvreté pour une famille de quatre personnes est fixé à un peu plus de 6 700 livres turques par mois, soit environ 1 100 dollars. C’est plus de trois fois le salaire minimum… Or, près d’un quart des Turcs qui ont un emploi touchent le salaire minimum. La crise des derniers mois a appauvri beaucoup de familles. Sur les réseaux sociaux, où la parole reste plus libre que dans les médias turcs, les internautes sont nombreux à faire le lien entre ces suicides et les difficultés économiques.

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