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Aujourd'hui l'économie

Pourquoi les travaillistes britanniques tirent à boulet rouge sur les milliardaires

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325 milliards de livres sterling auraient transité par le Royaume-Uni ces 30 dernières années (illustration).
325 milliards de livres sterling auraient transité par le Royaume-Uni ces 30 dernières années (illustration). Getty Images/Rubberball/Mike Kemp

Au Royaume-Uni, les milliardaires britanniques se retrouvent malgré eux au centre de la campagne des élections législatives, prévues le 12 décembre prochain. Car les travaillistes axent leur programme sur la dénonciation des excès des plus riches.

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« La fortune des nantis : c’est obscène ! Les milliardaires : ils ne devraient pas exister ». Voici quelques-unes des phrases choc favorites du camp travailliste. La gauche britannique dénonce surtout l’appétit insatiable des ultra-riches et leur collusion avec le camp conservateur. Contre 50 millions de livres de dons versés au parti conservateur depuis 2005, les super riches, et les grandes entreprises, ont obtenu 100 milliards de livres de ristournes fiscales, sur le bénéfice des entreprises, sur les successions ou sur les revenus du capital affirment les travaillistes. Une poignée de personnes sont concernés, sur les 151 milliardaires en livres répertoriés outre-Manche, 48 sont des donateurs du parti conservateur.

Les travaillistes donnent même des noms

Le duc de Westminster qui jouit surtout des rentes issues de son patrimoine foncier ou encore Rupert Murdoch le magnat des médias. Ces hommes incarnent pour les travaillistes les symboles vivants de l’explosion des inégalités. Aux dernières élections, en 2017, les inégalités étaient déjà l’un des thèmes de la campagne. Depuis, les écarts de revenus se sont encore creusés entre les plus riches et les plus pauvres, entre les jeunes et les vieux, entre les habitants de Londres et ceux de régions éloignées comme le souligne le prix Nobel d'économie Angus Deaton dans un rapport publié ce printemps. Le niveau des inégalités de patrimoine est parmi les plus élevés de l'OCDE, derrière les États-Unis et la Corée du Sud. En jetant l'opprobre sur quelques personnalités, les travaillistes espèrent surtout capitaliser dans les urnes sur la vague de rejet des riches. D’après un sondage publié ce week-end, 51 % des Britanniques trouvent que ce n’est pas normal d’avoir autant d’argent. Les trois quarts souhaitent que les plus aisés soient plus imposés. Si le Brexit divise, voilà enfin un sujet qui fait consensus.

Un programme de redistribution des richesses

Cette dénonciation des super riches s'accompagne d'un programme radical de redistribution de la richesse. Avec d'abord des hausses drastiques des impôts. Des nationalisations à haute dose pour l'eau, l'électricité, le chemin de fer, et l'internet encore difficilement accessible aujourd'hui dans certaines régions. Une redistribution d'une partie du capital des entreprises aux salariés. La limitation des écarts de salaire de 1 à 20, cet écart serait aujourd'hui de 1 à 150. La mise au pas des sociétés d'audit soupçonnées de connivence avec les entreprises qu'elles sont censées contrôler. Toutes ces mesures évidemment glacent la City habituée à un traitement ultra privilégié. Entre 2014 et 2018, les dividendes versés par les entreprises du Footsie 100 ont grimpé de 45 %. Sur 551 milliards de livres de bénéfices générés sur cette période, 442 ont été reversés aux actionnaires. En comparaison, le salaire brut moyen des employés n'a progressé que de 8 % entre 2014 et 2018. Les travaillistes veulent donc rééquilibrer.

Comment réagissent les milliardaires concernés?

L'un d'entre eux a déjà annoncé qu'en cas de victoire travailliste il émigrerait à Monaco. Le Rocher est fiscalement plus accueillant. Les autres sont plus discrets. D'après les gestionnaires de fortune, il ne manque plus qu'une signature sur les dossiers de transferts de leurs clients britanniques, vers la Suisse par exemple. Les entreprises, elles, ne savent plus si elles préfèrent la peste ou le choléra, le Brexit accéléré et sans garantie sur l'avenir de Boris Johnson et la révolution économique promise par Jeremy Corbyn.

En bref

Le nouveau président argentin Alberto Fernandez remboursera bien sa dette au FMI

Dans un entretien téléphonique avec la dirigeante du fonds, il a confirmé cet engagement, en revanche il refusera de mettre en œuvre de nouvelles mesures d'austérité. La dette de l'Argentine est passée de 52 % du PIB en 2015 à 80 % aujourd'hui, entre autres à cause des prêts massifs consentis par le FMI, 44 milliards de dollars depuis l'an dernier qui ont échoué à résoudre la crise.

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