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Bonjour l'Europe

En Italie, les «sardines» comme nouvelle opposition

Audio 03:37
Matteo Salvini (image d'illustration).
Matteo Salvini (image d'illustration). AFP/Kenzo Tribouillard

Des réseaux sociaux aux villes, un nouveau et drôle de mouvement anti-Salvini, dénommé « les sardines », se répand en bancs serrés dans toute la péninsule.  Son objectif : réveiller les Italiens en s'opposant au nationalisme et au populisme, avec ironie.

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En moins de deux semaines de vie, les « sardines » ont déjà des dizaines de milliers de followers sur leur page Facebook. Tous prêts à remplir les places du pays pour défendre les valeurs de la démocratie. Les prochains rendez-vous des « sardines », sont prévus ce samedi soir à Modène et demain à Rimini, en Émilie-Romagne.

C’est un mouvement fondé par quatre jeunes de moins de 35 ans qui vivent à Bologne, la capitale de la région d’Émilie-Romagne. Indignés par les discours de campagne, haineux, de Matteo Salvini, qui espère rafler cette région au Parti démocrate, lors des élections du 26 janvier prochain, ils ont décidé qu’il fallait se mobiliser comme des sardines : en bancs serrés sur les places. Les « sardines » sont d’autant plus réactives que l’Émilie-Romagne, grand symbole de la résistance, est un fief de la gauche depuis plus de 50 ans. Le tam-tam sur les réseaux sociaux a parfaitement fonctionné. Il a permis de réunir près de 15 000 personnes, lors de la première manifestation à Bologne, le 14 novembre, jour où le chef de la Ligue est venu soutenir Lucia Bongorzoni, candidate des partis de droite et d’extrême-droite, au poste de gouverneur de l’Émilie-Romagne.

Les « sardines », une orientation politique encore floue

Les « sardines » sont orientées à gauche mais sans parti de référence. Les mots d’ordre du mouvement sont « pas de symboles politiques, pas d’insultes ». Toutes les pancartes en carton et banderoles multicolores, brandies avec ironie sur les places, sont à l’effigie des sardines. Et l’hymne de rassemblement, c’est Bella Ciao, le chant des partisans antifascistes pendant la Seconde guerre mondiale. Les « sardines » ont l’ambition de s’imposer comme un collectif pacifique, permettant de protéger l’Italie des dérives autoritaires, racistes, antisémites...

Une propagation très rapide

Évidement, l’impact des réseaux sociaux est fondamental. Mais ce qui attire particulièrement des gens très divers - des étudiants aux retraités, en passant par des religieuses - c’est la spontanéité des « sardines ». On ne peut pas comparer ce mouvement à celui des Cinq Étoiles, fondé par l’humoriste Beppe Grillo. Par contre il a certaines ressemblances avec les « girontondi ». Les rondes de la démocratie, créées en 2002 par des intellectuels de gauche, comme le cinéaste Nanni Moretti, pour lutter contre le berlusconisme. Les « sardines » expriment le besoin d’une partie de la société civile de trouver des anticorps au nationalisme et au populisme. Mais attention aux gros poissons qui dévorent les bancs de sardines ! La Ligue du « prédateur » Salvini reste en tête des sondages, avec 32% d’intentions de vote.

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