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Chronique des matières premières

La Suisse peut-elle se passer de ses stocks de café?

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La Suisse est un des pays qui importent le plus de produits de base par habitant. L'Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE) oblige les entreprises privées, en échange de subventions, à constituer des stocks. (Image d'illustration)
La Suisse est un des pays qui importent le plus de produits de base par habitant. L'Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE) oblige les entreprises privées, en échange de subventions, à constituer des stocks. (Image d'illustration) CHRISTOPHE SIMON / AFP

La Suisse devait annoncer ce mois-ci qu'elle ne stockerait plus de café en cas de pénurie. Mais la réforme a créé la polémique au sein de la population helvétique. Les autorités fédérales repoussent leur décision à l'année prochaine.

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La Suisse peut-elle se passer de ses stocks de café ? Le débat fait rage en Suisse au point que le gouvernement fédéral a repoussé à au moins janvier prochain sa décision définitive. Certains interprètent déjà ce report comme une reculade des autorités de Berne, alors qu'elles envisageaient depuis avril dernier de supprimer tout bonnement l'obligation légale imposée aux détaillants, aux torréfacteurs et aux importateurs de stocker près de 15 000 tonnes de café, au cas où l'approvisionnement serait rompu.

Depuis les années 1940

Un système qui n'était bien sûr pas limité au café. La Suisse très enclavée, densément peuplée, avec des terres en quantité insuffisante pour assurer sa nourriture, est un des pays qui importent le plus de produits de base par habitant. Elle s'est dotée d'un Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE) qui oblige les entreprises privées, en échange de subventions, à constituer des stocks de sucre, de blé, de riz, d'huile mais aussi d'aliments du bétail, de combustibles, d'engrais, de médicaments... pour une consommation de 2 à 4 mois selon les produits. C'est une obligation légale, financée par une taxe sur les importations. Elle remonte aux années 40, à une époque où le café avait été inclus dans la liste.

Stocké pour des « raisons psychologiques »

Mais le café n'est plus considéré comme un « produit vital » par les autorités. « Le café ne contribue aucunement vu son absence de calories à l'apport de substances énergétiques, argumentait l'Office fédéral en avril dernier. Avec des plantations sur trois continents et une récolte tout au long de l'année, le risque d'un sous-approvisionnement durable doit être évalué comme faible (...) Le stockage obligatoire du café instauré pour des raisons essentiellement psychologiques, a perdu sa raison d'être », concluait le rapport de l'administration suisse.

Mobilisation sur les réseaux sociaux

Mais une partie des entreprises de la filière s'est mobilisée. Une chaine de supermarchés, qui possède également une marque de café, a organisé un sondage sur twitter révélant que deux tiers des Suisses ne pouvaient imaginer la vie sans café. Ils en boivent presque autant par habitant que les Scandinaves, et beaucoup plus que les Français ou les Italiens. Le café restera-t-il pour autant dans la liste des réserves stratégiques de la Suisse ? Réponse début 2020.

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