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Bonjour l'europe

Allemagne: l'avenir du Checkpoint Charlie enfin défini?

Audio 04:16
Des chars américains et soviétiques se font face au Checkpoint Charlie en octobre 1961.
Des chars américains et soviétiques se font face au Checkpoint Charlie en octobre 1961. US Army photo credit USAMHI

Le sort d'un célèbre passage frontière du mur de Berlin, dont les 30 ans de la chute était commémorés au début du mois, s'apprête à être scellé. En effet, Berlin a enfin pris la décision de trancher sur l'avenir du Checkpoint Charlie.

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Le Checkpoint Charlie a été créé peu de temps après la construction du mur de Berlin le 13 août 1961 et était contrôlé par les Américains puisqu'il se trouvait dans leur secteur. Ce troisième poste frontière géré par les États-Unis à côté de Alpha et Bravo s’appelait donc Charlie, en référence à l'alphabet militaire international.

Ce passage frontière était réservé aux diplomates, aux militaires des quatre forces alliées en poste à Berlin (les Américains, les Britanniques, les Français et les Soviétiques) et aux étrangers. Les Allemands quant à eux, n’avaient pas le droit de l’utiliser. Son renom vient de sa situation centrale à Berlin mais aussi de scènes dramatiques qui ont marqué l'histoire comme lorsque des chars soviétiques et américains se font face en octobre 1961 près à tirer.

Checkpoint Charlie a aussi fait parler de lui pour des fuites spectaculaires d’Est en Ouest, tragiques ou heureuses. Lorsque le mur tombe le 9 novembre 1989, le passage frontière est, comme ailleurs, le théâtre de scènes de liesse.

Un passage frontière devenu passage touristique

Puis le mur disparaît rapidement des environs du checkpoint dans les mois qui suivent sa chute. Les hangars qui abritaient les contrôles sont rasés. La baraque légendaire des GI’s américains, côté Ouest, part au musée en juin 1990. Elle sera remplacée dix ans plus tard par une copie pour permettre aux touristes de faire des selfies et autres photos. Le musée du Mur, une institution privée créée dès 1963, cultive la mémoire avec des voitures trouées de balles et une présentation très guerre froide qui n’emballe pas les historiens mais qui accueille tout de même 850 000 visiteurs chaque année.

Face au vide ambiant et deux grands terrains vagues, les marchands du temple occupent le terrain avec des morceaux du mur à l’authenticité relative, des chapkas soviétiques et autres babioles, sans compter les vendeurs de saucisses et de bière.

Face à ce « Disneyland » historique, la ville a réagit avec une exposition affichée sur des palissades le long de la chaussée il y a treize ans. Une black box sur la guerre froide livre des informations sur la coupure de la ville, de l’Allemagne et de l’Europe. Un panorama à 360 degrés vous replonge dans le Berlin divisé de la fin des années 1980 et 4,5 millions de touristes se pressent chaque année à la recherche d’un passé devenu invisible.

Une décision tardive

Le germe de ce retard est lié au fait que les terrains concernés à droite et à gauche de l’ancien passage frontière ont été vendus par la ville après la chute du mur. Le projet d’un centre d’affaires américain du milliardaire Lauder n’a été réalisé qu’en partie et les investisseurs ont déjà déposé le bilan une fois. Des solutions provisoires ont vu le jour mais la façon avec laquelle a été géré ce dossier a provoqué des remous politiques.

L’investisseur actuel a des plans concrets mais critiqués car trop commerciaux. Au sein de la coalition de gauche qui gère Berlin, le projet est loin de faire l'unanimité. À l’arrivée, la ville a mis son veto et la municipalité propose d’un côté un musée de la Guerre froide de 3 000 mètres carrés et de l'autre la construction de bureaux et de logements, pour partie de logements sociaux. Ce projet doit être adopté aujourd’hui. Le temps presse car pour des raisons juridiques, l’investisseur aurait à partir de février 2020 les mains libres pour construire à sa guise ce qui signifierait probablement que le travail de mémoire serait réduit à la portion congrue.

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