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Aujourd'hui l'économie

Ukraine-Russie: les liaisons dangereuses?

Audio 04:07
Oleg Sentsov au parlement européen, le 26 novembre 2019.
Oleg Sentsov au parlement européen, le 26 novembre 2019. AFP/Frederick Florin

« La Russie veut faire vivre l'Ukraine à genou » avertit le cinéaste Oleg Sentsov libéré des geôles russes en septembre. L'Ukrainien s'exprimait hier devant le parlement de Strasbourg où il est venu recevoir le prix Sakharov. Cette déclaration intervient au moment où les relations se réchauffent entre Kiev et Moscou pour mettre un terme au conflit militaire. Sur le plan économique la Russie a-t-elle encore les moyens de dominer l'Ukraine ?

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L'Ukraine a renoué avec une croissance vigoureuse, 3,6% pour cette année. Et elle devrait poursuivre sur cette trajectoire en 2020, et même dépasser les 4% en 2021 selon les prévisions de la banque mondiale. Pendant ce temps le commerce avec la Russie s'est considérablement tari. Il est toujours à l'avantage de l'ancien grand frère soviétique et le volume des échanges a rebondi à partir de 2016, mais il est loin d'avoir retrouvé le niveau d'antan. Ce n'est donc plus un levier de premier plan pour la Russie. Ce sont  les bonnes récoltes de blé de la mer noire qui ont permis à l'Ukraine de renouer avec une croissance dynamique. Et l'argent envoyé par la diaspora ukrainienne. Il représente 10% du PIB et alimente d'ailleurs en ce moment la hausse du marché immobilier ukrainien. Moscou conserve toutefois encore un atout stratégique : le gaz.

L'Ukraine est la principale route pour acheminer le gaz russe vers l'Europe de l'ouest

Ce statut de transit lui fournit des revenus confortables mais l'oblige aussi à plus ou moins subir les conditions russes. Or le contrat liant l'Union Européenne à Gazprom et à Naftogaz expire le 31 décembre prochain et pour le moment Gazprom joue la montre, menace de couper le robinet si aucun accord n'est trouvé. Les discussions semblent totalement bloquées. Les Européens traumatisés par les coupures russes de l'hiver 2004 2005 sont très inquiets. Volodymyr Zelensky se veut lui rassurant, il a déclaré hier en avoir parlé lundi au téléphone avec Vladimir Poutine en personne. Les deux chefs d'Etat affichent de plus en plus leur proximité. À tel point que l'un des oligarques ukrainiens les plus en vue à Kiev, Ighor Kolomoisky, déclarait récemment -à nos confrères du New York Times, qu'il était indispensable de reconstruire la relation avec la Russie pour la survie économique de l'Ukraine.

Ce milliardaire longtemps en disgrâce est revenu à Kiev après l'élection de Volodymir Zelensky

Il possède la chaine de télévision qui a rendu célèbre l'ex comique Zelensky, on lui prête donc une très grande influence sur le nouveau chef d'État. Et cet homme a un combat: récupérer son bien, la Privatbank, nationalisée en 2016.  Quand la banque centrale ukrainienne découvre un trou de 5 milliards de dollars dans ses comptes (l'argent déposé par les clients a servi à investir à l'étranger sur le marché immobilier). Le sort de la Privatbank est devenu un enjeu de premier plan avec les bailleurs occidentaux : si Kiev cède aux désirs de l'oligarque le FMI menace de suspendre ses prêts. Or l'Ukraine a toujours besoin d'argent frais, elle espère même un accord avant la fin de l'année.

Pour le moment, Volodymir Zelensky poursuit à marche forcée les réformes exigées par le FMI, a priori il joue donc le jeu du bailleur. Pas plus tard qu'hier l'assemblée ukrainienne a adopté en première lecture la loi agraire autorisant la vente des terres, interdite depuis vingt ans. Mais si les discussions avec le fonds échouent, il lui restera la stupéfiante alternative suggérée par Ighor Kolomoisky: emprunter à la Russie. Elle se fera un plaisir de remplacer le FMI au pied levé. L'argent, dit-il, est le moyen le plus rapide de panser les blessures causées par la guerre.

EN BREF

Christine Lagarde, la nouvelle gardienne de l'euro va signer ses premiers billets au cours d'une cérémonie prévue ce matin à Francfort. Apposer sa signature sur les nouveaux billets émis est l'une des prérogatives du gouverneur de la banque centrale européenne. Son paraphe remplacera dorénavant celui de Mario Draghi. Néanmoins les billets portant une autre signature sont toujours valides, ils restent dans le circuit.

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