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Aujourd'hui l'économie

Dette souveraine: les leçons de la Grèce, selon l'ex-Premier ministre A.Tsipras

Audio 04:29
Alexis Tsipras, l'ancien Premier ministre grec, invité d'honneur de l'inauguration de la chaire Dette souveraine à Sciences-Po Paris.
Alexis Tsipras, l'ancien Premier ministre grec, invité d'honneur de l'inauguration de la chaire Dette souveraine à Sciences-Po Paris. RFI/Dominique Baillard

Alexis Tsipras, l'ancien Premier ministre grec, était l'invité d'honneur de l'inauguration de la chaire « Dette souveraine » à Sciences-Po Paris.

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C'est un sujet brûlant parce que le risque de crise de la dette est de plus en plus préoccupant et qu'il s'installe durablement dans l'environnement économique, étant donné le niveau d'endettement record des États. Au moins une trentaine de pays présentent des risques de défaut de paiement a alerté au printemps le FMI. On pense bien sûr à l'Argentine, au Venezuela, mais il y a aussi l'Afrique du Sud, le Liban, pour n'évoquer que les cas les plus médiatisés. L'endettement public a explosé après la crise de 2008. Pour sauver les banques, les entreprises, les États ont repris leurs dettes, il y a donc eu un transfert massif de la dette privée vers le public. Onze ans plus tard, les États continuent d'emprunter toujours plus, la dette publique gonfle aujourd'hui plus vite que la croissance. Dans les économies dites avancées, elle a atteint un niveau qu'on n'avait plus vu depuis la Seconde Guerre mondiale et, du côté des pays émergents, la dette publique renoue avec les niveaux enregistrés lors de la crise de la dette des années 1980.

Une crise de la dette peut-elle entrainer une crise globale ?

Quand il n'y a pas ou peu de croissance, comme c'est le cas en ce moment, les recettes fiscales ont tendance à baisser. Les États ont donc plus de mal à financer leur déficit et à honorer les échéances des emprunts. Et si leur économie est à nouveau en difficulté, ils n'auront plus de marge de manœuvre pour les sauver. C'est l'étincelle qui pourrait déboucher sur une crise systémique. Ceux qui dépendent beaucoup trop des marchés étrangers pour financer leur dette sont les plus fragiles. C'est le cas de la Mongolie, du Sri Lanka, de la Turquie ou encore de la Tunisie. Cette dépendance pourrait être la courroie de transmission à d'autres pays. L'agence de notation Moody's a récemment attiré l'attention des investisseurs sur ce risque renforcé en 2020 par les tensions politiques. Il y a bien sûr les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, mais il y a bien d'autres frictions régionales.

Quelle leçon Alexis Tsipras a-t-il tiré de la crise de la dette souveraine qu'a traversée son pays ?

L'ancien Premier ministre grec, qui a dû négocier pied à pied avec le FMI et avec ses camarades européens, insiste sur le fait qu'une crise de la dette pose certes des problèmes économiques, mais que sa gestion relève d'abord de choix très politiques, pour le meilleur comme pour le pire. Si les Grecs ont payé aussi cher ce défaut, et les erreurs commises par leurs gouvernements précédents, rappelle-t-il, c'est bien parce que la dette grecque était en partie détenue par des banques françaises et allemandes, et que leurs gouvernements ont refusé de jouer la carte de la restructuration qui aurait certes pénalisé ces banques, mais aurait surtout évité à la Grèce de perdre 20% de son PIB dans le traitement de cheval qui lui a été imposé. Interpellé sur la crise argentine, l'ancien chef de file de la gauche grecque ne peut pas s'empêcher de souligner que c'est un président conservateur, Mauricio Macri, adepte des solutions libérales prônées par le FMI qui a fait replonger son pays tout comme, rappelle-t-il encore, ce sont les gouvernements conservateurs grecs qui ont le plus aggravé le déficit à partir de l'adhésion à l'euro.

La zone euro peut-elle connaitre un nouvel épisode de crise de la dette ?

Elle n'est pas à l'abri : l'Italie et ses banques par exemple sont encore un foyer d'inquiétude. Mais la zone euro a aujourd'hui des protections nouvelles. Non pas parce que les pays suivent à la lettre les règles du pacte de stabilité, dont le fameux seuil des 3% maximum de déficit, mais d'abord parce que leur dette est largement détenue par la Banque centrale européenne dans le cadre de son programme de relance monétaire. Et ensuite parce que les taux sont bas, voire négatifs. Emprunter coûte donc de moins en moins cher, et ça aussi c'est une tendance durable. C'est ce qui rend Alexis Tsipras confiant dans la capacité de son pays à honorer les échéances.

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