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Italie: le spectre du néonazisme refait surface

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Cette image publiée par le service de presse de la police italienne le 28 novembre 2019 montre des armes et des livres nazis sur le dictateur Benito Mussolini découvert lors d'une perquisition au domicile de 19 suspects dans tout le pays.
Cette image publiée par le service de presse de la police italienne le 28 novembre 2019 montre des armes et des livres nazis sur le dictateur Benito Mussolini découvert lors d'une perquisition au domicile de 19 suspects dans tout le pays. © ITALIAN POLICE / AFP

Après dix-huit mois d’enquête, la police antiterroriste a démantelé un groupuscule armé - composé d’une vingtaine de personnes disséminées dans différentes régions d’Italie - et ouvertement pro-nazi et antisémite. Cette opération démontre l’inquiétante dérive extrémiste dans ce pays qui a été le berceau du fascisme.

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de notre correspondante à Rome,

Les policiers du département antiterrorisme de la ville d’Enna, en Sicile, enquêtaient sur les coups de pistolets tirés contre le centre d’accueil de migrants « Don Bosco », en février 2018, et ils ont identifié un des responsables, un homme de 30 ans. En recherchant ses contacts, ils ont découvert l’existence de ce réseau. De fil en aiguille, ils sont remontés aux personnes le composant. L’un des dirigeants du réseau, fondé en 2017, n’est autre qu’un ancien légionnaire et boss de la Ndrangheta, la mafia calabraise, tandis que les idéologues sont deux femmes, dont une Milanaise âgée de 36 ans et surnommée Miss Hitler pour ses tatouages et ses propos particulièrement glaçants. D’après les enquêteurs, les 19 personnes mises en examen ont ces points en commun :  un fanatisme violent, mêlé de xénophobie, d’antisémitisme et de nostalgie du nazisme.

Des armes et des livres sur Hitler et Mussolini

Ce groupe était en train de créer un mouvement national dénommé « Parti italien national-socialiste des travailleurs » et il recrutait des adeptes à travers Messenger et un chat privé sur WhatsApp. L’un de leur projet imminent était de provoquer un attentat contre le siège de l’Association nationale des partisans italiens [qui oeuvre notamment pour la défense de la mémoire de la lutte antifasciste NDLR]. Lors des perquisitions qui ont été effectuées à leur domicile, dans différentes villes du nord au sud du pays, les policiers ont trouvé une grande quantité d’armes : pistolets, fusils à pompe, arbalètes, couteaux. Et de nombreux ouvrages sur Hitler et Mussolini, ainsi que du matériel de propagande antisémite orné de croix gammées. Les enquêteurs ont également découvert que ce réseau avait tenté d’établir des contacts avec des milieux néo-nazis au niveau international.

Peut-on parler de dangereuse dérive extrémiste en Italie ?

Aujourd’hui oui, car les types de structures, comme celle qui a été démantelée, vont au-delà des groupuscules d’extrême-droite qui continuent de célébrer la marche fasciste de 1922 sur Rome. Il y a un vent noir qui souffle avec de plus en plus d’intensité. On peut rappeler le cas de la rescapée d’Auschwitz Liliana Segre, 89 ans, nommé sénatrice à vie par le président de la République, l’an dernier. Elle vit sous escorte policière depuis trois semaines car elle est la cible de centaines de messages de haine publiés chaque jour sur les réseaux sociaux. Heureusement, parmi les nouvelles générations, on constate que de nouveaux mouvements, comme celui des Sardines, se créent, justement pour lutter contre les dérives extrémistes. Mais, globalement, la classe politique n’est pas suffisamment réactive.

À lire aussi : En Italie, les « sardines » comme nouvelle opposition

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