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Musiques du monde

La playlist idéale de Reza Deghati, à l’occasion de la sortie du livre de photographies "Iran Rêves et Dérives" 1978-1985

Audio 48:30
Reza Deghati.
Reza Deghati. © Mark Thiessen

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Reza et Manoocher Deghati, frères et photojournalistes ayant grandi dans l’Iran des années 1950, dévoilent pour ce livre leurs archives de cette période. Documentant sans relâche les émeutes, les répressions violentes, mais aussi les espoirs d’une société iranienne en pleine mutation, ils en sont alors les témoins privilégiés.
40 ans après la Révolution, leur travail donne un visage au peuple iranien meurtri, par une théocratie qui n’a pas tenu la promesse d’une paix tant espérée.

Dès 1978, Reza et Manoocher Deghati couvrent les prémices et les années de la révolution islamique, puis la prise d’otage de l’ambassade américaine de Téhéran. Leurs images sont largement reprises à l’époque par la presse internationale : Newsweek, Times, Life, Paris Match. Cette expérience singulière forgera pour l’un et l’autre leur engagement personnel et leur travail de photojournalistes.

 

Les enfants soldats.
Les enfants soldats. © Reza Deghati

Vol d’enfances : comment raconter les enfants dans la guerre ? Comment dire cette machine qui broie l’insouciance ? Nombreuses sont les photographies, dans nos archives, d’innocents otages d’un monde d’adultes en folie. À Téhéran, la foule en liesse fête un anniversaire de la Révolution. Un gigantesque défilé se prépare, qui doit témoigner visuellement de la ferveur d’un peuple pour son guide spirituel, l’imam Khomeyni et pour son projet d’une société embrigadée religieusement. La ferveur ? Oui. Il est même question de celle, contrainte, des enfants. Dans leur tenue militaire, ils sont entraînés à marcher comme des soldats enrôlés et à crier des slogans en rythme, encouragés par leur instructeur sans pitié. (…) Les enfants ont grandi. Ceux qui sont encore en vie. Quels adultes sont-ils devenus ? Quels rêves ont-ils pu poursuivre ?

Reza biographie
Célèbre photojournaliste, Reza parcourt le monde depuis son départ d’Iran en 1981. Ses images sont diffusés dans les médias internationaux (National Geographic, Time Magazine, Newsweek, El Pais, Paris Match, Géo…), mais également sous forme de livres, d’expositions et de documentaires. Photographe dans l’âme depuis son adolescence, marqué par son destin d’ancien prisonnier politique lorsqu’il est étudiant, la révolution iranienne le révèle photoreporter. En parallèle, dès 1983, il s’engage pour l’éducation visuelle informelle des jeunes et des femmes à travers le monde, et crée différentes associations. Collaborateur régulier à la National Geographic Society depuis 1991 et Senior Fellow de la Fondation Ashoka, il reçoit de nombreux prix dont le World Press Photo, l’Infinity Award, ainsi que la médaille de Chevalier de l’Ordre national du Mérite.

 

Iran Rêves et Dérives (Deghati/Hoëbeke) et Reza (photo Manoosher Deghati).
Iran Rêves et Dérives (Deghati/Hoëbeke) et Reza (photo Manoosher Deghati). © Deghati/Hoëbeke / Manoosher Deghati

Le deuil des sacrifiées : Evin. Ce mot en fait trembler plus d’un. Il désigne l’une des prisons les plus redoutables. Imaginez les hurlements des prisonniers torturés, des prisonniers oubliés pendant des années.
Cette image est peut-être belle dans sa composition, mais elle est triste. Ces jeunes filles ont été arrêtées depuis plusieurs années parfois. Certaines sont des opposants au régime, membres d’une organisation. Nombreuses sont membres ou sympathisantes des Moudjahidines du peuple. D’autres ont été arrêtées au hasard, de simples passantes. Elles sont contraintes à porter le tchador noir, le nouvel uniforme de la femme parfaite en République islamique. C’est le 3ème anniversaire de la Révolution. Le gouvernement a organisé cette mascarade devant des dignitaire de centaines de pays étrangers, partageant les valeurs des ayatollahs. Je me suis infiltré. Après les discours officiels, les prisonnières ont été obligées de prier et de chanter des hymnes à la gloire de Khomeyni. Qu’ont-elles subi pour être contraintes ? Je me demande ce qu’elles sont devenues.

Vidéo audio Marabeboos (audio) par Arshid Azarine et Sussan Deyhim

 

Programmation de Reza Deghati

Arshid Azarine & Sussan Deyhim Marabeboos Cd Sing Me A Song
Nawal & les femmes de la lune Musica CD Aman
Sepideh Raissadat Mast-e-mastam
Lina Sleibi cover dalida 79 Helwa Ya Baladi (dédié à toi)
Matthieu Chedid, Tounami Diabaté, Sidiki Diabaté Manitounami Cd Lamomali.

 

Téhéran, maison de Khomeyni, 1980.
Téhéran, maison de Khomeyni, 1980. © Reza Deghati

Le vieil homme : Khomeyni a été le Guide au regard glacé, à la poigne de fer, au jugement sans appel. Il a joué de cette image. L’homme a le cœur fatigué. Son 1er accident cardiaque me montre sa vulnérabilité, lorsque, après sa sortie d’hôpital, je le découvre péniblement assis sur son lit, la tête nue, le regard vide et faible. Nous ne sommes pas passés d’un demi-dieu à un autre. Les membres du clergé se pressent à son chevet.

Textes des photos : Rachel Deghati.

 

 

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