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Bonjour l'Europe

Climat: un an après la COP24, la Pologne a peu évolué

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Le Premier ministre espagnol par intérim, Pedro Sanchez reçoit le Premier ministre français, Edouard Philippe à l'ouverture de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25) à Madrid, en Espagne, le 2 décembre 2019.
Le Premier ministre espagnol par intérim, Pedro Sanchez reçoit le Premier ministre français, Edouard Philippe à l'ouverture de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25) à Madrid, en Espagne, le 2 décembre 2019. REUTERS/Susana Vera

La grande conférence des Nations unies sur le climat, la COP25, débute ce lundi 02 décembre à Madrid. Objectifs de ces négociations climatiques, revoir à la hausse les engagements de réduction de CO2 de chaque pays, et régler des dossiers laissés en suspens lors de la précédente conférence, la COP24 qui s'était tenue en Pologne, à Katowice. L'occasion de faire le bilan de la politique environnementale.

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avec notre correspondant à Varsovie, Thomas Giraudeau

La COP24 s’était déroulé l’an dernier au cœur du plus grand bassin houiller d’Europe, une région très polluée. Depuis la Pologne n'a pas vraiment fait des efforts pour réduire sa dépendance à l’égard du charbon. Si dans les discours du gouvernement, on entend parler d’énergie solaire, de gaz ou de nucléaire, dans les actes, la Pologne n’est pas du tout prête à se passer de son or noir, le charbon. Au contraire.

Plusieurs projets d’exploitation de nouveaux gisements sont à l’étude dans le Sud du pays, notamment en Silésie, autour de Katowice. Ce charbon est d’abord destiné au chauffage domestique. Environ 40 % des Polonais se chauffent encore avec un poêle individuel. Et puis, le minerai part aussi alimenter les centrales qui produisent aujourd’hui plus de 80 % de l’électricité du pays. Et là encore, ce n’est pas prêt de changer. Une nouvelle centrale à charbon est en ce moment en cours de construction au Nord de Varsovie.

L'échec du programme « Air pur »

Il s’appelle « Czyste Powietrze », « Air Pur ». Ce programme, financé en partie par l’Europe, dispose d'un budget assez énorme, 103 milliards de zlotys, près de 25 milliards d’euros d’ici 2029. Ce sont des subventions versées aux habitants pour les aider à changer leur chauffage : remplacer leur poêle, trop vieux et donc trop polluant, par un nouveau poêle, par des panneaux solaires ou photovoltaïques.

Autre volet, améliorer aussi l’isolation de la maison ou de l’appartement. Mais ce programme « Air pur » ne fonctionne pas du tout. Procédures et formulaires trop complexes, bureaux chargés de traiter les dossiers complètement débordés. Seules 20 000 subventions ont été versées en un an selon une ONG environnementale. L’Union européenne, qui finance le programme, en espérait 400 000. On est très loin du compte.

Protéger l'économie au détriment du climat

Alors, on imagine bien qu’au niveau européen, la Pologne ne fait pas beaucoup avancer les dossiers climatiques. Au mois de juin dernier, lors d’un sommet européen, la Pologne, aux côtés de la Hongrie, la République Tchèque et l’Estonie, a refusé de s’engager à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Raison officielle invoquée par le Premier ministre polonais : une politique climatique trop ambitieuse et drastique qui ferait beaucoup de mal à l’économie et aux emplois polonais. Notamment dans l’industrie du charbon.

Il faut noter quand même que le mois dernier, l’exécutif a annoncé la création d’un nouveau ministère, celui du Climat. Avec à sa tête l’ex-président de la COP24 de Katowice, plutôt engagé sur les questions environnementales.

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