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Allemagne: quel avenir pour la grande coalition CDU-SPD au pouvoir?

Audio 03:29
La chancelière Angela Merkel.
La chancelière Angela Merkel. AFP/Tobias Schwarz

Le monde politique allemand est en émoi depuis samedi soir. L'élection à la tête du parti social-démocrate par les membres du SPD d'un duo aux positions plus à gauche a surpris alors qu'on attendait une victoire des favoris avec notamment le ministre des Finances Olaf Scholz. Les gagnants critiquent ouvertement la grande coalition avec les conservateurs.

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Les nouveaux dirigeants du SPD, Norbert Walter-Borjans, ancien ministre des Finances de Rhénanie du Nord Westphalie et Saskia Esken, députée au Bundestag, représentent l’aile gauche du SPD et ont fait une campagne critique, contre la participation à la grande coalition. Ils plaident pour un smic de 12 euros contre 9 euros et 20 centimes aujourd’hui. Ils critiquent la politique de strict équilibre budgétaire et réclament des investissements massifs de l’État dans les infrastructures, les écoles ou le numérique pour une enveloppe de 500 milliards sur dix ans. Ils demandent des modifications du paquet climat, adopté à la fin de l’été par le gouvernement, pour taxer plus fortement les émissions de Co2 et moins frappé les plus démunis avec de nouvelles charges.

Élus à 53% par les membres du SPD, ils incarnent cette base très critique contre les directions des dernières années jugée trop arrogante et qui aurait fait trop de compromis au sein de grandes coalitions avec la droite. Pour ces militants, le parti, en se positionnant plus à gauche et en choisissant l’opposition, pourraient se refaire une santé.

Les chrétiens-démocrates sous le choc

Les chrétiens-démocrates ont dû encaisser un choc. Le vote a été comparé au Brexit car personnene l'attendaient. À droite, comme parmi les observateurs, on tablait sur une victoire d’Olaf Scholz, le vice-chancelier partisan d’une poursuite de la grande coalition, sans grandes vagues jusqu’à la fin de la législature à l’automne 2021.

Une fois le coup encaissé, les conservateurs ont voulu faire comme si rien n’avait changé. Le traité de coalition signé par les partis au gouvernement est la seule base qu’ils reconnaissent. Les deux tiers des membres du SPD l’avaient approuvé l’année dernière. La CDU rejette toute renégociation de ce contrat de gouvernement et veut attendre la désignation officielle de la nouvelle direction du SPD vendredi pour faire sa connaissance. Une perspective importante, tant les deux nouveaux responsables sont peu connus pour les instances dirigeantes des conservateurs.

La grande coalition au pouvoir en question

La coalition au pouvoir devrait survivre au congrès du SPD. Aucune motion exigeant le retrait immédiat du parti du gouvernement, ni même la démission du ministre des Finances Olaf Scholz, dont la carrière politique samedi a été remise en cause, ne sont attendus. En revanche, des exigences nouvelles vont être posées pour des négociations avec les conservateurs. Le SPD placera-t-il la barre très haut pour, face à un refus de la droite, avoir un prétexte pour rompre la grande coalition ? Ou bien la culture du compromis débouchera-t-elle sur des concessions de la droite sur le smic par exemple avec en guise de compensation une baisse des impôts sur les sociétés pour satisfaire la CDU ?

Norbert Walter-Borjans et Saskia Esken se montrent en tout cas déjà plus modérés que durant leur campagne. Le groupe parlementaire SPD au Bundestag est majoritairement pour la poursuite de la grande coalition et voient d’un œil critique la nouvelle direction. Ces mêmes députés paniquent déjà à l’idée de nouvelles élections vu les sondages. 13,5% le 3 décembre, dans une récente étude, soit sept points de moins qu’il y a deux ans.

À droite, d’aucuns spéculent sur un gouvernement minoritaire avec les seuls chrétiens-démocrates mais Angela Merkel a toujours dit que cela n’était pas sa tasse de thé. Les spéculations vont en tout cas bon train dans le landerneau politique berlinois où aujourd’hui tout paraît possible.

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