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Bonjour l'Europe

Au sommet de l'Otan, le trouble-fête Erdogan

Audio 03:13
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan. AFP/Drew Angerer

Les dirigeants des 29 États de l’Otan sont réunis depuis le mardi 3 décembre à Londres. Bien que ce sommet marque les 70 ans de l’Alliance atlantique, l’anniversaire n’a rien de festif. Des tensions compliquent les échanges entre plusieurs membres de l’Alliance avec, dans le rôle du principal trouble-fête, le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

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Ce sommet promettait d’être le théâtre d’explications franches entre dirigeants, notamment entre le président français Emmanuel Macron et son homologue turc. Ils se sont rencontrés en marge du sommet, aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel et du Premier ministre britannique Boris Johnson.

Officiellement, la rencontre, qui a duré environ une heure, se serait « très bien passée ». C’est en tout cas ce qu’a déclaré Recep Tayyip Erdogan quelques temps après. Pour rappel, quelques jours plus tôt, le chef de l’État turc avait demandé à Emmanuel Macron de faire « vérifier son état de mort cérébrale ». Il répondait à des critiques du président français sur les difficultés de l’Otan, illustrées par l’offensive d’Ankara contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie.

Leur réunion à Londres s’annonçait d’autant plus houleuse que quelques heures auparavant, Emmanuel Macron en avait remis une couche en accusant la Turquie de travailler « parfois avec des intermédiaires de l’EI », le groupe État islamique. Le président français a appelé Ankara à clarifier ses « ambiguïtés » vis-à-vis de ces « groupes », sans plus de précisions.

De quoi attiser la colère du président turc

Recep Tayyip Erdogan n’a certes pas encore réagi à ces derniers propos d’Emmanuel Macron, mais ils risquent d’autant plus de l’avoir énervé qu’ils retournent la thèse que le président turc était venu défendre à ce sommet : en clair, que ce n’est pas son pays qui s’associe à des terroristes, mais certaines puissances de l’Otan, puisqu’elles soutiennent politiquement et pour certaines militairement les forces kurdes en Syrie. Le président turc n’a jamais accepté que les États-Unis, mais aussi la France, choisissent de combattre le groupe État islamique aux côtés des combattants kurdes des YPG alors même qu'ils émanent directement du PKK, un groupe que les puissances occidentales considèrent, lui, comme terroriste.

Ankara boude l'Otan

La Turquie refuse de soutenir des plans de défense préparés par l’Otan pour les États baltes et la Pologne tant que l’Alliance ne qualifiera pas officiellement les YPG de « groupe terroriste ». 

Les alliés d’Ankara crient au chantage, mais ces manœuvres illustrent au moins deux évolutions. D’abord, celle de la Turquie, qui n’est plus ce pilier de l’Otan prêt à s’aligner presque automatiquement sur les autres puissances occidentales. Le pays de Recep Tayyip Erdogan revendique une politique étrangère indépendante. Cela s’est traduit, notamment, par son achat à la Russie d’un système de défense antiaérienne ultra-perfectionné, les S-400. L’autre évolution, c’est celle de l’Otan, et sa difficulté à maintenir une cohésion politique alors que ses membres n’ont plus forcément la même hiérarchie des menaces. Pour la Turquie, clairement, la menace numéro un n’est pas le groupe État islamique. Ce sont les revendications territoriales des groupes armés kurdes.

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