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Revue de presse Afrique

À la Une: pourquoi le Ballon d’or échappe toujours aux africains?

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Vainqueur de la ligue des champions et finaliste de la CAN avec sa sélection nationale, les performances de Sadio Mané n'ont pas suffi pour décrocher le Graal des récompenses individuelles footballistiques.
Vainqueur de la ligue des champions et finaliste de la CAN avec sa sélection nationale, les performances de Sadio Mané n'ont pas suffi pour décrocher le Graal des récompenses individuelles footballistiques. AFP/Bulent Kilic

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Question posée par Le Monde Afrique : « depuis que le classement du Ballon d’or a été ouvert à tous les joueurs du monde, en 1995, un seul footballeur africain a réussi à se hisser dans le top 3. C’était en 1995, justement : le Libérien George Weah, alors sous contrat avec le Milan AC, avait même accédé à la première marche du podium. Depuis, plus rien. Lundi 2 décembre, pour la sixième fois, c’est l’Argentin Lionel Messi, élu par un panel mondial de journalistes, qui a remporté le Ballon d’or France-Football. En lice, le Sénégalais Sadio Mané (qui joue au Liverpool FC) a terminé à la quatrième place, derrière son coéquipier néerlandais Virgil van Dijk (2e) et le Portugais Cristiano Ronaldo (3e). »

Pourtant, relève Le Monde Afrique, « cette année, Mané incarnait les meilleures chances africaines de bousculer Messi et Ronaldo, lesquels se partagent les titres depuis 2008. [...] Avec ses performances en club (Ligue des champions, Supercoupe d’Europe, co-meilleur buteur de Premier League avec 22 réalisations, à égalité avec Salah et Aubameyang) et en sélection nationale (finaliste de la Coupe d’Afrique des nations 2019), le Sénégalais aurait pu prétendre à un meilleur classement. N’a-t-il pas gagné, avec le Liverpool FC, la Ligue des champions ? »

Étonnements…

Interrogé par Le Monde Afrique, Paul Kessany, l’ancien capitaine des Panthères du Gabon, s’étonne : « Mané s’est montré productif, surtout en club. Que Messi soit Ballon d’or, ce n’est pas surprenant tellement ce joueur est hors normes. Mais que Mané, qui a vraiment réalisé de très belles choses, ne soit pas sur le podium, cela ne me semble pas normal. »

Pour Ferdinand Coly, ancien défenseur des Lions de la Teranga, « les joueurs africains souffrent aussi du fait que leurs sélections nationales ne font pas partie des meilleures du monde, et cela peut peser sur le vote. La sélection africaine la mieux classée par la FIFA est le Sénégal [22e], loin derrière les grandes équipes européennes ou sud-américaines. »

L’ancien international Français Alain Giresse s’étonne également dans les colonnes  du quotidien sénégalais 24 Heures : « avec sa performance cette année, je suis un peu déçu pour Sadio Mané. Le pire classement qu’il aurait pu avoir, c’était deuxième. »

Manque de solidarité entre Africains

Il fait dire aussi que « l’Afrique lâche ses fils », s’exclame le quotidien Enquête, toujours au Sénégal : « si les autres prétendants au titre ont obtenu le soutien de leurs continents respectifs, ce n’est pas le cas pour les Africains qui ont été devancés dans leur propre fief. » En effet, précise le journal, « selon les résultats des votes, les représentants africains n’ont pas bénéficié de la solidarité des leurs, contrairement aux autres prétendants. Sur les 690 points mis en jeu en Afrique, le cumul de Mané et Salah (179 pts) ne fait même pas le tiers des votes. »

C’est vrai, déplore également L’Observateur Paalga au Burkina, « l’Afrique n’a accordé que 24% au sacre de Mané. En un mot comme en mille, au-delà de la subjectivité du vote, c’est une sorte de jalousie entre Africains dont le Sénégalais est victime. C’est une bêtise monumentale, car si on ne s’aime pas, on ne pourra pas exiger des autres qu’ils nous auréolent. Inconsciemment, on se dit qu’"au lieu que ce soit mon frère, mieux vaut que ce soit un étranger". Triste ! »

Attention à ne pas lasser le public !

Finalement, soupire Le Pays, toujours au Burkina, « il y a lieu de croire que pour cette édition 2019, c’est plus le critère de la carrière d’ensemble qui a prévalu sur les performances de l’année. Mais attention à ne pas tuer l’intérêt du public, prévient le quotidien ouagalais, car, à force de toujours récompenser les mêmes, le Ballon d’or finira par être ennuyeux. Et si Lionel Messi et Cristiano Ronaldo sont indiscutablement les meilleurs de leur génération, sur les performances de l’année sportive écoulée, ce n’aurait pas été un scandale si Sadio Mané avait été promu vainqueur. Après tout ce qu’il a pu montrer de son talent sur les terrains d’Afrique et d’ailleurs, le Sénégalais méritait certainement mieux. [...] Et on peut comprendre l’amertume des supporters africains qui peuvent finalement avoir le sentiment que leurs joueurs ne sont pas jugés sur les mêmes critères que les autres. [...] En tout état de cause, conclut Le Pays, Messi a beau être considéré comme le roi de la planète foot, Sadio Mané restera aux yeux de nombreux Africains, voire au-delà, LE joueur de l’année 2019. »

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