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Aujourd'hui l'économie

Liban: dans l’attente d’un gouvernement, l’économie prend l’eau

Audio 03:25
Un homme pousse un camion sur une autoroute inondée dans la région de Naameh, au sud de la capitale libanaise, le 5 décembre 2019.
Un homme pousse un camion sur une autoroute inondée dans la région de Naameh, au sud de la capitale libanaise, le 5 décembre 2019. AFP

Pas de sortie de crise en vue au Liban où les manifestants anti-système continuent d'exiger la mise en place d'un gouvernement composé de ministres indépendants. Les consultations parlementaires pour y parvenir ont été reportées à la semaine prochaine. D'ici là, le sort du pays sera au coeur, ce mercredi 11 décembre, d'une réunion du Groupe international de soutien au Liban. Ces soutiens internationaux, le Premier ministre démisionnaire Saad Hariri les a appelés au secours ce week-end. Car ce qui reste de l'économie libanaise s'enfonce de jour en jour.

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Ce qui affecte directement le quotidien des Libanais, c'est l'état des banques en cette crise des liquidités, une réalité avant le déclenchement du mouvement mais qui s'est encore aggravée. Les files d'attente devant les banques font de nombreux déçus jour après jour. Les retraits en dollars sont limités, voire impossible selon l'affluence.

Ces restrictions sur les devises menacent les importations dont le pays est fortement dépendant. Et même les réserves stratégiques en céréales, carburant et médicaments s'alarment les importateurs. Bien sûr, cela fait son effet sur la livre libanaise qui s'échange à 2 000 pour 1 dollar dans les bureaux de change alors que la parité était de mise jusqu'ici.

De nombreuses entreprises confrontées à des factures impayées ou l'impossibilité elles-mêmes de se fournir en devises, réduisent voire cessent leur activité. D'après une étude de l'institut Infopro citée par le journal local L'Orient le jour, 22 % des entreprises interrogées ont été contraintes de réduire leurs effectifs de plus de la moitié depuis le début du mouvement de contestation. Beaucoup ont réduit les salaires. Au total, 160 000 emplois auraient été affectés, surtout dans le commerce.

Conséquences sociales déjà visibles

La semaine dernière, on a déploré plusieurs suicides ou tentatives de suicides que les proches des victimes attribuaient à la perte d'un emploi ou l'absence de perspectives. L'un d'eux a tenté par le feu de mettre fin à ses jours, en pleine rue. Il faut rappeller que 30 % de cette jeunesse est déjà frappée par le chômage au Liban. Un tiers des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté.

L'impasse politique et économique en incite beaucoup à songer à l'exil quand ils en ont les moyens. Au-délà des statistiques, il y a cette économie du secteur informel dont on ne peut que deviner qu'elle souffre elle aussi.

Paris appelle à la formation d'un gouvernement « efficace et rédible »

Les autorités françaises qui avaient accueilli il y a un an la CEDRE, la conférence économique pour le développement du Liban par les réformes, y voient l'occasion d'affirmer le soutien international à la stabilité du Liban, tout en appelant à la formation d'un gouvernement. Mais d'un gouvernement « efficace et crédible » précise le Quai d'Orsay dans son communiqué. Car la pression de la rue est toujours là, qui exige de voir enfin les réformes promises année après année.

Réformes préalables au déblocage de l'aide internationale

Les 11 milliards de dollars promis lors de CEDRE en 2018 n'ont jamais été versés faute de restructuration du système : sa dette faramineuse, ses services publics défaillants, sa fiscalité inexistante, sa corruption. L'ironie, c'est que ces derniers jours, de gigantesques intempéries montrent l'ampleur du désastre. On peut voir les images sur les réseaux sociaux et à la télévision : des égouts débordants font dériver les voitures le long des rues, tandis que certains habitants optent pour le canoë comme moyen de transport. Et Saad Hariri, dont la foule a obtenu la démission mais qui gère les affaires courantes, en appelle à l'aide des amis du Liban. C'est dans ce contexte ultra-tendu, où il faut à la fois sauver un pays de l'effondremnet tout en exigeant plus que jamais des changements, que se tient cette réunion.

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