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Retraites en Europe: les grandes lignes du modèle allemand

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Une vue de la population allemande à Mariannenplatz dans l'arrondissement de Friedrichshain-Kreuzberg à Berlin en 2014. (Image d’illustration).
Une vue de la population allemande à Mariannenplatz dans l'arrondissement de Friedrichshain-Kreuzberg à Berlin en 2014. (Image d’illustration). Assenmacher/wikimedia.org

Si dans d'autres pays voisins de la France, l'avenir des retraites ne fait pas descendre des milliers de grévistes dans la rue, la situation n'y est pas pour autant plus simple. En Allemagne, le déclin démographique et le risque d'une augmentation des retraités pauvres constituent des défis majeurs. Et la population s'inquiète. Comment fonctionne le système de retraite allemand dans les grandes lignes ? Éclairages de Pascal Thibaut, notre correspondant en Allemagne.

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C’est un système qui comprend également comme en France trois piliers. Le premier, essentiel : les retraites publiques légales pour les personnes travaillant dans le privé et les fonctionnaires. Ensuite, les retraites complémentaires souvent proposées au sein des entreprises surtout traditionnelles et établies. Enfin, le troisième pilier développé plus récemment avec des incitations publiques avec des dispositifs d’épargne individuelle. On peut aussi y ajouter l’assurance-vie très prisée en Allemagne et qui souffre aujourd’hui de taux d’intérêt très modestes.

Le régime obligatoire par points est alimenté par les cotisations retraite de 18,6 % que se partagent salariés et employeurs. Mais un quart des recettes aujourd’hui proviennent déjà du budget de l’État. Pour toucher une retraite à taux plein, il faut selon l’année de naissance travailler jusqu’à 65 à 67 ans. On peut partir plus tôt si on a cotisé 45 ans depuis 2014. Le nombre de personnes plus âgées travaillant a sensiblement augmenté depuis le début des années 2000.

À l’arrivée, les retraités allemands ne sont pas les mieux lotis parmi les pays développés. Ils touchent en moyenne 1 100 euros par mois soit 20 % de moins qu’en France par exemple. Ils reçoivent d’après une étude de l’OCDE en moyenne la moitié du revenu moyen actuel contre 63 % pour l’ensemble des pays occidentaux. La différence entre hommes et femmes est plus importante que dans l’ensemble des pays de l’OCDE.

Dans une récente analyse de la Deutsche Bank, les inquiétudes des Allemands se faisaient jour. 70 % d’entre eux ne croient plus vraiment dans l’assurance retraite obligatoire.

Le système de retraite allemand est confronté au déclin démographique du pays qui rend son financement plus difficile. Quelles sont les solutions déjà retenues ou envisageables ?

Le système a été réformé à trois reprises ces vingt dernières années. L’âge légal de départ à la retraite a été repoussé à 67 ans. Récemment, la banque centrale allemande proposait de le repousser à 69 voire 70 ans. La grande coalition veut stabiliser jusqu’en 2025 le rapport entre la retraite moyenne et le salaire moyen à 48 % - ce qui est déjà peu - et ne pas toucher au niveau des cotisations. Une commission doit se pencher sur l’avenir. Faut-il augmenter ces cotisations, le financement par le budget de l’État, ou diminuer le montant des pensions ?

Un autre défi, c'est le développement des retraités pauvres qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois. Quelle est l'ampleur du phénomène et quelles réponses peut-on y apporter ?

Actuellement environ 3 % des retraités allemands bénéficient du minimum vieillesse même si certains préfèrent sans doute ne pas effectuer les démarches nécessaires. Les risques pour l’avenir ne sont pas minces en raison du développement des emplois peu payés. Les femmes sont concernées, car leur carrière est souvent en pointillé. Cela vaut aussi pour les personnes de l’Est où après la réunification beaucoup ont été longtemps au chômage.

Pour lutter contre ces problèmes, le gouvernement s’est mis récemment d’accord sur une retraite minimum qui sera accordée aux personnes ayant cotisé 35 ans et dont malgré tout la retraite reste inférieure au minimum vieillesse. Un surcoût financé par le budget de l’État. Mais cette mesure ne profitera qu’à celles et ceux qui ont travaillé sans discontinuer. Elle ne solutionne qu’en partie le problème. Et ces personnes dont les salaires sont trop bas ne peuvent pas se permettre de financer une retraite privée.

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