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Revue de presse française

À la Une : les retraites… la porte va-t-elle s’ouvrir ?

Audio 06:03
Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, s'entretient avec des journalistes alors que la France fait face à une deuxième journée de grève contre les plans de réforme des retraites du gouvernement, à Paris, le 6 décembre 2019.
Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, s'entretient avec des journalistes alors que la France fait face à une deuxième journée de grève contre les plans de réforme des retraites du gouvernement, à Paris, le 6 décembre 2019. REUTERS/Benoit Tessier

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Une porte de sortie du conflit est-elle envisageable ? Peut-être… La mobilisation était en baisse hier et c’est maintenant à Édouard Philippe d’abattre ses cartes ce mercredi 11 décembre. Le Premier ministre va enfin présenter officiellement la réforme ce midi.

Et, estime Libération, il « peut se prendre à espérer. S’il rassure les profs, s’il conforte les fonctionnaires, s’il fait droit aux revendications de la CFDT et de l’UNSA, il peut envisager un affaiblissement de la mobilisation. Ce dernier point est crucial à la RATP et à la SNCF. Dans ces entreprises, qui sont les fers de lance de la protestation, les deux centrales réformistes demandent, peu ou prou, la clause dite "du grand-père", qui limite le changement de statut aux nouveaux entrants. Si elles obtiennent en grande partie satisfaction, elles inciteront leurs mandants à reprendre le travail. Et si elles sont suivies, une partie des trains, des métros et des bus recommenceront à rouler, ce qui atténuera la galère des usagers et donnera le sentiment d’un mouvement en perte de vitesse. Encore faut-il y mettre le prix. »

En effet, pointent Les Echos, « les mots ne suffisent plus. "Les gens ne nous croient pas", affirme-t-on au sein de l’exécutif. Pour donner envie, "il faut donner des effets visibles plus tôt". L’exécutif, croit savoir le quotidien économique, s’apprête à mettre des sommes sur la table pour rendre la réforme attractive. Le minimum retraite à 1 000 euros en fait partie, il devrait être mis en œuvre rapidement. La revalorisation des enseignants commencerait elle aussi dès l’an prochain pour les jeunes entrants : sitôt embauchés, sitôt revalorisés et basculés sur la retraite par points. (…) Stratégie risquée quand on voit la radicalisation de certains, estiment Les Echos, stratégie dépensière évidemment, mais stratégie qui peut dessiner une voie de passage, se persuade l’exécutif. »

Sortir le carnet de chèques…

Pas si sûr, rétorque Le Figaro : « La route risque d’être longue avant que chacun y voie clair. Et que le gouvernement sorte de l’impasse dans laquelle il s’est lui-même fourvoyé. Certes, la fièvre jaune de l’hiver dernier a entamé sa superbe. Mais son ambition de réunir, sans coup férir, tous les Français dans un même régime - pour plus de justice - relevait de l’utopie. L’exécutif doit maintenant en rabattre, soupire encore Le Figaro, et multiplier les concessions, coûteuses et parfois sans rapport avec la réforme des retraites stricto sensu. Ainsi en est-il de la revalorisation promise du salaire et des primes des enseignants. »

Pourtant, pointe Le Monde, « le projet que défendait Emmanuel Macron pendant la campagne de 2017 était cohérent : refonder le système de retraite sur les conditions actuelles du marché du travail marquées par une entrée tardive dans la vie active et des carrières hachées. La mobilité était encouragée au détriment des carrières installées. Nouveau modèle de société contre vieux monde. Tel était le deal, aujourd’hui impossible à verbaliser tant le besoin de protection domine. Du coup, constate Le Monde, un profond dissensus s’est installé autour du caractère supposé "social" du projet de retraites à points. Plus Emmanuel Macron affirme viser l’équité, plus la liste des victimes s’allonge, qui exigent réparation. Dans ces cas-là, il n’y a pas trente-six solutions pour tenter d’éteindre l’incendie : il faut sortir le carnet de chèques. »

L’heure de vérité après deux ans d’attente

En tout cas, déplore Nice-Matin, la réforme a trop tardé : « Après deux ans de réflexion et de concertation, il aura fallu attendre les ultimes arbitrages pour être fixé sur des points aussi essentiels que la date d’entrée en application, les modalités de transition des régimes spéciaux, les compensations pour les enseignants. Et cent autres sujets, d’une décourageante complexité, mais cruciaux pour les initiés. De ces décisions et de la façon dont elles seront "vendues" pourrait bien dépendre la suite des événements. Une grève des transports en commun, possiblement dure et longue, mais qui resterait circonscrite et "gérable" ; ou un mouvement faisant tache d’huile et débouchant sur une crise politique et sociale de type 1995 : c’est peu ou prou l’alternative qui se dessine. La France est à l’embranchement. Sur l’aiguillage. »

Et « même si la mobilisation d’hier a clairement fléchi par rapport à celle de jeudi dernier, aujourd’hui midi sonnera bien comme l’heure de vérité pour l’exécutif, conclut La Dépêche du Midi. En dévoilant – enfin – le projet du gouvernement, arbitré dans la précipitation ce week-end, Édouard Philippe devra afficher suffisamment de souplesse et de concessions pour trouver des alliés et retourner l’opinion, sans pour autant apparaître comme reculant sous la pression de la rue. Un sacré "en même temps"… »

Mieux ou moins bien lotis que nos voisins européens ?

Et chez nos voisins européens, la retraite, comment ça se passe ? « Comment font nos voisins ? » : c’est ce qu’a voulu savoir Le Parisien qui nous propose donc un tour d’Europe des systèmes de retraites.

Si on fait la comparaison, les Français s’en sortent plutôt bien. En effet, précise Le Parisien, « que l’on prenne l’âge légal de départ (62 ans en France contre 65 en Allemagne et en Espagne), le montant de la pension équivalant dans le privé à 74 % de leur dernier salaire (45 % en Suède et… 28 % outre-Manche), voire l’espérance de vie à la retraite, les Français sont effectivement parmi les mieux lotis. Et, hormis les femmes ayant des carrières hachées, notre régime par répartition paraît plus protecteur que les systèmes allemand ou italien, pays où le nombre de retraités pauvres a explosé. On voit aussi, poursuit Le Parisien, que, dans la plupart des États, les caisses de retraite sont dans le rouge. Ce qui a conduit nos voisins à des reports plus sévères que chez nous de l’âge légal (67 ans dès 2029 en Allemagne et 67 ans en 2028 au Royaume-Uni, deux pays où les conservateurs proposent d’aller jusqu’à… 70 ans) ou des reports d’allongement de la durée de cotisation. L’Espagne a de plus supprimé la plupart des régimes spéciaux. Quant au système à points suédois, il n’est pas, loin de là, sans défauts. C’était pourtant le modèle vanté durant la campagne de 2017 par le candidat Macron. » En effet, précise le journal, « en Suède, il y a quasiment deux fois plus de retraités vivant sous le seuil de pauvreté qu’en France. »

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