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Aujourd'hui l'économie

L’économie algérienne en rade: le défi du futur gouvernement

Audio 03:58
Une manifestation anti-gouvernementale le 11 décembre 2019 à la veille de la présidentielle algérienne, à Alger.
Une manifestation anti-gouvernementale le 11 décembre 2019 à la veille de la présidentielle algérienne, à Alger. RYAD KRAMDI / AFP

Les Algériens devraient largement boycotter l’élection présidentielle organisée aujourd’hui sous la houlette des généraux. L'armée continue d’ignorer l'aspiration au changement politique exprimée dans la rue, mais pourra-t-elle longtemps ignorer la dégradation des comptes de l'Algérie ?

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Tout comme les partisans du hirak, les chiffres sont têtus et implacables. Ces derniers nous disent que d'ici, au mieux, trois ou quatre ans, les fabuleuses réserves algériennes de changes accumulées grâce au pétrole et au gaz seront épuisées. Le pactole amassé quand le baril de pétrole flirtait avec les 100 dollars a permis à l’Algérie de surmonter sans trop d'encombre la chute des cours de 2014. Notamment en creusant le déficit public pour assurer la redistribution des revenus, des subventions coûteuses et inefficaces afin de préserver la paix sociale, au détriment des investissements qui ont fortement baissé pour tenir compte de la chute des recettes fiscales.

Mais aussi en creusant le déficit commercial pour importer toujours plus de biens dont les Algériens ont besoin mais qu'ils ne produisent toujours pas chez eux. Étant donné que le baril est durablement installé dans la zone des 60 dollars, l’Algérie ne reconstituera pas ses « noisettes », elle ne peut pas continuer à vivre au-dessus de ses moyens. Le système de la rente pétrolière est à bout de souffle et le prochain gouvernement est quasiment acculé aux réformes.

L'Algérie, au bord de la catastrophe économique ?

Il y a urgence à redresser rapidement une économie aujourd’hui totalement congestionnée. Avec le mouvement de contestation, plusieurs milliers d'entreprises ont fermé, faute de contrats ou bien à cause des impayés se chiffrant en milliards de dollars. Les sociétés autrefois flamboyantes appartenant aux coquins du régime, qui sont maintenant derrière les barreaux, vivotent grâce aux administrateurs nommés en septembre, mais leur développement est totalement à l'arrêt. Pour relancer la machine, il faut de la confiance, et donc une issue à la crise politique.

Mais ce ne sera pas suffisant pour changer le logiciel de l'économie. Pour cela, les réformes structurelles sans cesse ajournées doivent enfin être mises en œuvre pour redresser les comptes et ouvrir l'économie, à condition que l'armée donne son feu vert à un bouleversement qui remettra totalement en cause les privilèges de l'oligarchie et le gaspillage lié à la corruption. Enfin, étant donné que les caisses sont vides il faudra aussi trouver de l'argent frais pour les financer.

L'Algérie devra-t-elle demander l'aide du FMI ?

C'est un chiffon rouge régulièrement agité par la classe politique. Car l'Algérie a été traumatisée par le traitement que lui a infligé le Fonds dans les années 1990. Depuis, le recours à l'endettement externe est devenu tabou. Résultat, l'Algérie est aujourd'hui très peu endettée à l'étranger et est donc loin d'être un pays aux abois sur la même pente que l'Argentine qui ne peut que se tourner vers le FMI.

Néanmoins, les tabous sont en train de tomber. La loi de finances 2020 prévoit un éventuel recours à l'endettement externe pour combler les déficits. Attention préviennent les experts : emprunter au lieu de faire marcher la planche à billet pour combler les déficits est une option, mais elle ne suffira pas. De plus, puis il y a les « bonnes » et les « mauvaises » dettes. Les mauvaises servent à boucher les trous, les bonnes peuvent créer de la croissance, des emplois, de l'avenir, c'est ce que réclame aujourd'hui la jeunesse algérienne.

 

EN BREF

La City sur le pied de guerre ce matin à cause des élections législatives. Ce sera certainement le jour le plus long de l'année pour les traders londoniens. Ils se préparent à une nuit blanche pour réagir aux résultats du scrutin et aux éventuelles surprises qui pourraient effrayer les marchés et faire valser la livre sterling.

Christine Lagarde, la nouvelle présidente de la Banque centrale européenne tient sa première réunion de politique monétaire. Un nouveau programme de relance monétaire ayant été lancé par son prédécesseur Mario Draghi, elle ne devrait pas faire d'annonce fracassante aujourd'hui mais elle sera certainement questionnée sur le ralentissement de la zone euro, sur l'impact des taux négatifs sur le secteur bancaires. C'est un peu le baptême du feu pour l'ancienne directrice du FMI.

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