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Aujourd'hui l'économie

Le découplage des économies américaines et chinoises s’accélère

Audio 03:58
Poignée de mains entre Donald Trump et Xi Jinping (image d'illustration).
Poignée de mains entre Donald Trump et Xi Jinping (image d'illustration). REUTERS / Damir Sagolj/File Photo

L’accord partiel annoncé vendredi entre la Chine et les États-Unis marque une trêve dans la guerre commerciale. Mais en sous-main, le découplage est à l’œuvre : les deux grandes puissances poursuivent leurs efforts pour détricoter les liens qui unissent leurs économies.

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Le découplage des économies chinoises et américaines, le mot fait le buzz depuis plusieurs mois. C'est la thèse soutenue par tous ceux qui sont convaincus que l'intérêt des États et leur vision souverainiste sont en train de l'emporter sur l'intérêt des entreprises. La Chine a été la première à le mettre en œuvre en privilégiant ses intérêts sur l'ouverture de son marché, estiment les uns, tandis que d'autres accusent le président Trump d'avoir emmené les États-Unis dans cette voie en déclenchant la guerre commerciale. Le fait est que les deux grandes puissances mettent aujourd'hui les bouchées doubles pour ne plus dépendre l'une de l'autre. Les enjeux sont très sensibles dans le domaine des hautes technologiques

Le fossé technologique est en train de se creuser entre les deux pays ?

Pékin a annoncé il y a quelques jours que toute son administration sera entièrement équipée en logiciel chinois d'ici 2022, marquant le pas vers la souveraineté numérique que la Chine cultive depuis des années. Les Chinois n'ont jamais voulu des Google et Facebook susceptibles de propager le virus de la libre information et ont développé leurs propres outils pour se passer des GAFA. Ils sont aujourd'hui à la pointe de la recherche sur la technologie blockchain qui a fait le succès du bitcoin. Bien avant les autres grandes banques centrales, Pékin s'apprête à lancer les premiers essais pour sa monnaie digitale à l'étude depuis cinq ans. Voyant vaciller leur suprématie technologique, les Américains sont devenus hyper défensifs. Très vigilants sur les importations ou les exportations de matériaux potentiellement menaçants. Comme sur les investissements, chinois surtout, dans le secteur des hautes technologies. C'est comme ça que Huawei est devenu une entité persona non grata sur le sol américain.

Ce repli national est compatible avec l'essor des entreprises ?

La réponse est plutôt négative pour les deux pays. Côté américain, avec Apple par exemple. La société a besoin des usines chinoises pour produire ses téléphones, elle n'a pas encore rapatrié ses ateliers sur le sol américain comme en rêve Donald Trump, cela grèverait trop ses bénéfices et Apple a également besoin des débouchés chinois, l'empire du Milieu est son deuxième marché. Côté chinois, il y a une vraie volonté politique de s'affranchir de la dépendance extérieure, mais on est encore très loin du compte. Les importations chinoises relevant des nouvelles technologies sont six fois plus importantes que les exportations - d'après le rapport Mac Kinsey sur la Chine et le monde publié en juin 2019, et le tiers de ces importations proviennent toujours des États-Unis. Huawei cherche à sécuriser en Chine son approvisionnement en semi-conducteurs mais elle reste une entreprise de taille mondiale qui a besoin des marchés extérieurs.

Quelles sont les conséquences pour l'Europe ?

L'Europe est en train de s'armer à son tour pour ne plus subir l'expansionnisme des deux grandes puissances économiques, mais étant plus faible politiquement, quasiment absente du secteur des nouvelles technologies, elle fait déjà les frais des limites du découplage : car si la Chine et les États-Unis veulent certes devenir plus autosuffisants, ils ont toujours besoin des débouchés extérieurs. Donald Trump multiplie les représailles contre les Européens qui défendent leur industrie, aéronautique par exemple et voilà que Pékin se fait à son tour plus agressif. Ce week-end l'ambassadeur chinois en Allemagne a menacé les constructeurs automobiles allemands si Huawei venait à être exclu de la 5G allemande.

EN BREF

Chine toujours avec le rebond de l'économie observée en novembre. La production industrielle a augmenté de plus de 6%. Une forte hausse qui intervient après des mois de décélération. La consommation est aussi à la fête. +8% en novembre.

Boeing pourrait annoncer aujourd'hui la suspension de la production du 737 MAX. La direction réunie en conclave depuis le dimanche 15 décembre dans l'après-midi étudie sérieusement cette option. Car l'autorité américaine refuse toujours la reprise des vols de l'appareil en cause dans deux catastrophes aériennes, en Indonésie puis en Éthiopie.

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