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Aujourd'hui l'économie

Pourquoi les Bourses continuent de grimper

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La Bourse de Paris.
La Bourse de Paris. Getty Images

La Bourse de Paris termine l'année au zénith. Son indice phare, le CAC 40, est repassé lundi au-dessus de la barre des 6 000 points, un sommet qu'il n'a plus atteint depuis 2007. Comment expliquer cette euphorie boursière alors qu'on s'attend à un ralentissement de l'activité ?

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À la Bourse de Paris comme sur toutes les autres places financières, la peur du lendemain n'est pas encore dans les radars, on préfère se gaver des bonnes nouvelles du moment : la trêve dans la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis a été déterminante dans le record établi lundi, tout comme la perspective ferme pour le Brexit. Avec une majorité incontestable au Parlement, Boris Johnson va réaliser le divorce le 31 janvier prochain comme il s'y est engagé.

L'autre facteur porteur, pourEuronext comme pour les autres Bourses européennes, c'est la persistance des taux négatifs entretenus par l'action de la Banque centrale européenne. À quoi bon acheter des obligations qui vous coûtent de l'argent au lieu de vous en rapporter alors qu’il y a des actions prometteuses à la Bourse ? C'est la vague baptisée Tina dans le jargon boursier qui soutient la Bourse de Paris ; Tina comme « there is no altenative », « il n'y a pas d'autre choix » pour les investisseurs.

Cet optimisme est-il durable ?

Tant que les taux négatifs impulsés par la BCE seront présents, et a priori ils sont bien installés dans le nouveau paysage financier, ils vont pousser les investisseurs vers les marchés européens d'actions, d'abord parce qu'ils sont plus rentables que les obligations. Dorénavant, la Banque centrale européenne est le «  market maker » selon l’analyste Christopher Dembik de Saxo Bank.

Ensuite, cette euphorie boursière peut durer parce qu'il y a encore en Europe de belles opportunités à saisir : comparées aux Américaines, les actions européennes sont sous-évaluées. Le Stoxx 600, l'indice qui reflète l'activité des plus grandes places européennes, a gagné cette année 24%, un sommet qu'il n'avait pas touché depuis quatre ans, mais qui parait encore bien falot à l'aune des prouesses New York Stock Exchange. En dix ans, l'indice américain a gagné 250%, l'Européen 126% seulement.

Comment expliquer ce décalage entre l'Europe et les États-Unis ?

D'abord, les Américains ont réagi beaucoup plus rapidement à la crise financière que les Européens. Ils se sont donc relevés beaucoup plus vite. Ils ont assaini drastiquement leur secteur bancaire, alors que l'Europe traîne encore des établissements zombies dans ses bilans. Ce décalage est aussi en partie artificiel.

Aux États-Unis, les grandes sociétés rachètent à grande échelle leurs propres actions, cela fait gonfler les prix et donc valorise les dividendes versés aux actionnaires. Une opération purement financière qui ne reflète pas la vitalité d'un secteur. Enfin, n'oublions pas que les valeurs technos, les fameux GAFAM, sont ceux qui attirent le plus les investisseurs. Or, ils sont pour la plupart cotés aux États-Unis, ils pèsent le quart de la Bourse américaine. L'Europe en général, la France en particulier, n'ont pas encore de pépite techno pouvant rivaliser avec les Google et consorts.

Quels sont les poids lourds de la Bourse française ?

Le secteur du luxe est devenu le plus dynamique grâce à la demande chinoise et c'est celui qui pèse le plus lourd dans l'indice. Depuis 2018, le groupe LVMH a supplanté Total à la première place du podium. LVMH pèse aujourd'hui plus de 200 milliards d'euros ; Total, longtemps la valeur phare de l'indice, 126 milliards seulement.

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