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Politique, le choix de la semaine

Macron, l'Européen contrarié

Audio 03:05
Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron. REUTERS/Charles Platiau

Emmanuel Macron aura été plus que jamais au centre de la scène européenne cette année. Mais ses échecs ont parfois éclipsé ses succès.

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Même si les élections européennes sont passées, Emmanuel Macron n’a pas renoncé à réformer l’Europe. Une scène a illustré ce fait lors du dernier Conseil européen à Bruxelles : alors que tous les chefs d’État et de gouvernement se sont rapidement éclipsés à la fin, le président français a accordé une conférence de presse de près d’une heure aux journalistes. Il a admis que plusieurs de ses priorités européennes n’avançaient pas comme il le voulait : le « compte n’y est pas », a-t-il reconnu, à propos de sa volonté de renforcer la zone euro, le plan de lutte contre le réchauffement climatique a été freinée par la Pologne, et son idée de mettre en place une Convention de refondation de l’Europe est ralentie par ce qu’il a appelé les « pulsions castratrices » de certains États membres.

Pour autant, Emmanuel Macron a de nouveau martelé un message volontariste, mettant sur la table ses propres propositions : un « plan Marshall » d’investissement massif de l’Europe pour faire face aux défis de demain (climat, migration, numérique) ou encore la révision des règles budgétaires jugées trop contraignantes. L’eurodéputé écologiste David Cormand, critique sur l’action du chef de l’État, le reconnait : « Macron est le premier président français à prendre au sérieux la question européenne ».

Problème de méthode

Et l’élu d’ajouter : « Le problème, c’est qu’il s’y prend comme un manche ! » Beaucoup s’accorde à le dire : c’est sur la méthode que le bât blesse. Si l’on regarde dans le rétroviseur, Emmanuel Macron a cette année essuyé deux échecs qui ont parfois éclipsé ses succès. Sa liste aux élections européennes de mai a plutôt bien résisté face à l’extrême droite mais l’arrivée de ses élus à Bruxelles a été ratée. Après une erreur de communication, l’eurodéputée Nathalie Loiseau n’a pas pu prendre la tête du groupe centriste européen rebaptisé « Renew Europe ». Une occasion manquée pour les élus macronistes de piloter un groupe politique qui est désormais le troisième plus important au Parlement européen.

Deuxième échec, plus retentissant : le rejet de la candidate française Sylvie Goulard pour un poste au sein de la nouvelle Commission européenne. Imposer une candidate écartée du gouvernement en France pour des affaires judicaires était une erreur politique. La droite européenne du PPE en a profité pour asséner un rude coup au président français et se venger de l’affront que lui avait infligé Emmanuel Macron en juin en faisant barrage à la nomination de son chef de file, Manfred Weber, à la tête de la même Commission.

À chaque fois, les mêmes reproches reviennent dans les couloirs des institutions européennes : « trop arrogant », « trop sûr de lui », Emmanuel Macron impulse mais agace. Il pêcherait par orgueil autant que par méconnaissance du fonctionnement du système européen, au sein duquel il manque encore de relais.

La présidentielle de 2022 en ligne de mire

Malgré ces camouflets, ses proches le répètent : Emmanuel Macron est à ce jour le seul leader qui entraîne l’Europe. Les Anglais s'en vont, les Espagnols, les Italiens et surtout les Allemands sont affaiblis. La chancelière Angela Merkel est en fin de règne. Les soutiens du président français n’hésitent plus à dire que l’Allemagne « se complait dans l’immobilisme et le statu quo ».

Une mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron qui, sans l’Allemagne, pourra difficilement obtenir les résultats concrets qu’il escompte sur la scène européenne. Car le chef de l’État a en ligne de mire la présidentielle de 2022. Et, coïncidence, la France prendra la présidence tournante de l’Union européenne le 1er janvier 2022. Le récit d’un « Macron, leader conquérant d’une Europe renaissante » est déjà planifié par ses stratèges. Du rêve à la réalité, il y a encore du chemin à parcourir…

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