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Bonjour l'Europe

Rattrapée par son passé nazi, la famille Reimann passe à la caisse

Audio 03:26
Manifestation contre les néonazis à Dresde, dans l'est de l'Allemagne en 2013.
Manifestation contre les néonazis à Dresde, dans l'est de l'Allemagne en 2013. AFP/Robert Michael

C'est l'une des plus riches familles d'industriels d'Allemagne, les Reimann, qui ont fait fortune avec les cafés Jacobs. Rattrapée par son passé nazi, la famille vient de décider de céder une partie de sa fortune au profit de survivants de l'Holocauste et de projets en faveur de la démocratie.

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Les Reimann, ce sont les propriétaires de la holding JAB, un empire dans le thé et le café, notamment avec la marque Jacobs. La société pèse 20 milliards d'euros. À l'époque du nazisme, les Reimann sont dans la chimie et possèdent alors la société Benckiser. Albert Reimann père et fils sont tous deux membres du parti nazi. Ce sont des fans précoces de Hitler, qu'ils soutiennent financièrement, avant même son arrivée au pouvoir. Pendant la guerre, leurs affaires prospèrent, grâce notamment à l'emploi de travailleurs forcés russes et de prisonniers de guerre français.

Mais 2019 est pour les Reimann une année de césure. Un historien est chargé de travailler sur les pages sombres de l'histoire familiale. Il est question de violences et de mauvais traitements contre les travailleurs forcés des usines de Ludwigshefen dans le sud-ouest de l'Allemagne. Une fondation a été créée, la fondation Alfred Landecker, du nom du grand père juif des actuels propriétaires de Jacobs, nés d'une liaison adultère avec une jeune servante juive des Reimann. Landecker est mort en déportation en 1942. Une histoire familiale tourmentée et un choc émotionnel pour la famille, décidée à faire réparation, selon le directeur de la fondation.

Une pluie de dons

Les Reimann se sont engagés à faire don à la fondation de 25 millions d'euros par an. De quoi financer toutes sortes de projets en faveur de la défense de la démocratie. À plus court terme, 5 millions d'euros vont être versés à la Jewish Claim Conference, qui soutient financièrement 10 500 personnes, vivant dans 35 pays à travers le monde, la plupart dans une extrême précarité. Cinq millions supplémentaires seront versés aux survivants du travail forcé. Les historiens ont identifié au moins 850 personnes, dont il faut maintenant trouver les descendants.

Faire réparation

En 2000, le Parlement avait adopté la loi sur les réparations à l'attention des victimes du travail forcé. Une fondation avait été mise sur pied, financée à hauteur de 10 milliards d'euros par l'État fédéral et autant par un regroupement d'entreprises. On retrouve là tous les grands noms de l'économie allemande, de Deutsche Bank à Lufthansa en passant par BMW, Daimler ou Siemens... Les anciens travailleurs forcés, pour la plupart dans l'ancien bloc de l'Est, très âgés, touchent entre 2 500 et 6 500 euros chacun. Mais pour beaucoup, il est bien sûr déjà trop tard.

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