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Revue de presse Afrique

À la Une: «Exit CFA-bienvenue éco»

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Les coupures de franc CFA vont peu à peu disparaître.
Les coupures de franc CFA vont peu à peu disparaître. RFI/Pierre René-Worms

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Il n’y a qu’à voir ce matin les Unes de quelques quotidiens de Côte d’Ivoire, le pays où cette réforme que l’Intelligent d’Abidjan par exemple qualifie d’historique, a été annoncée samedi soir.

Emmanuel Macron, le président français, est partout en première page aux côtés de son homologue Alassane Ouattara. « Merci pour l’éco-franc CFA », titre le journal Aujourd’hui. « Pari gagné par Ouattara et les chefs d’État de l’UEMOA », affirme Le Jour.

Commentaire dans Fraternité Matin au sujet de la disparition du CFA : « Désavoué par une part grandissante des opinions du continent qui voyaient en lui une des dernières scories de la Françafrique, le coût politique de cette monnaie devenait trop lourd pour le chef de l’État français qui, depuis son arrivée à l’Elysée, affiche la volonté de construire une nouvelle relation postcoloniale avec les pays africains. »

La réforme, un premier pas vers une décolonisation monétaire ?

C’est en tous cas la question que pose l’Observateur Paalga. Dans son édito, le quotidien burkinabè pose le débat. « "Réforme a minima", crient en chœur les brûleurs de CFA qui voulaient casser la baraque et pour qui le cordon ombilical n’est pas totalement coupé. » Quoi qu’il en soit, explique plus loin le journal, « cette réforme satisfait, ne serait-ce qu’en partie, une des revendications matricielles d’une partie des élites africaines pour qui il est inconcevable que soixante ans après les indépendances formelles, nos pays continuent de traîner comme un boulet ce vestige de la période coloniale. »

« Exit CFA-bienvenue éco », titre de son côté 24 heures au Sénégal avec un regard très critique. « Emmanuel Macron et les chefs d’État de la Cédéao doivent être à l’écoute de l’opinion publique dans leurs pays qui sont pour un change­ment où ceux-ci sont gagnants. En effet, ils ne veulent pas la parité avec l’euro mais ils veulent leurs ronds à eux tout simplement et dans un panier de devises avec le dollar, le yuan ou le yen. En annonçant cette décision majeure et en laissant la France la possibilité de revenir dans le Conseil politique monétaire, Alassane Ouattara et ses homologues sont jetés dans la gueule du flou. »

L’Afrique de l’Ouest divisée par cette annonce

Dans Walfajri, avec ce titre : « Entre leurres et lueurs ». Le journal donne la parole à plusieurs économistes. L’un voit dans cette réforme l’avantage de clarifier un débat qui était pollué par des questions non essentielles. La décision prise par les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest est une décision d’étape à saluer dans le processus devant mener à la libération totale de l’éco, et donc de nos économies.

L’autre économiste cité par Walfadjri pense au contraire que l’accord Ouattara-Macron ne signifie nullement la fin du CFA, mais se situe plutôt « dans la continuité de la servitude monétaire et de la tutelle de la France sur les économies africaines. C’est la souveraineté monétaire que réclament les peuples africains, après près de six décennies "d’indépendance" formelle. Peut-on sérieusement envisager le lancement d’une monnaie unique pour la Cedeao sans le Nigeria et le Ghana, qui représentent plus de 75 % du PIB de cette communauté ? En faisant un parallèle avec la zone euro, pouvait-on avoir l’euro sans l’Allemagne et la France ? »

Qui va sauter le pas ?

Question posée au Burkina Faso par le journal Le Pays. « En dehors de la zone CFA, les autres pays membres de l’espace Cédéao hésitent à sauter pieds joints dans cette aventure, préférant le wait and see tant que la France aura un pied dedans et un autre dehors. Pourtant, cette monnaie unique pour tous les pays de la sous-région aurait pu faciliter les échanges commerciaux et permettre de faire fructifier les affaires, au grand bonheur des populations qui attendent depuis des décennies que ce rêve se concrétise. Espérons que cela se fera de façon progressive, et que la coopération monétaire entre les pays francophones et la France sera dans quelques années, un douloureux, mais lointain souvenir. »

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