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Revue de presse Afrique

À la Une: Guillaume Soro, le fugitif

Audio 04:37
Guillaume Soro lors d'une conférence de presse dans sa résidence à Abidjan, le 15 février 2019.
Guillaume Soro lors d'une conférence de presse dans sa résidence à Abidjan, le 15 février 2019. AFP/Issouf Sanogo

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Le visage de l’ancien chef rebelle et candidat déclaré à la présidentielle ivoirienne 2020 est à la Une de tous les journaux de son pays. Et rien que le choix des titres indique la passion qui entoure cette personnalité. Certains sont strictement factuels. « Un mandat d’arrêt contre Soro » : c’est le choix du Quotidien d’Abidjan ou du journal Le Miroir. L’Intelligent d’Abidjan fait le récit le plus précis possible de son arrivée manquée dans la capitale économique, son avion dérouté vers Accra. Le Matin nous dit qu’il est en fuite vers l’Espagne, qu’Interpol est « à ses trousses ».

Mais il y a aussi des titres qui font davantage figure de commentaires. Le journal Le Rassemblement semble satisfait des derniers événements : « Soro a cherché, Soro a trouvé, enfin ! » Le Temps annonce : « Le président Gbagbo avait prévenu Soro ».

D’autres paraissent beaucoup moins enthousiastes, comme le Nouveau Courrier : « Le régime déclare la guerre à Soro ». « La machination ! », titre Générations Nouvelles. « La guerre des ex-alliés s’intensifie », ajoute Notre Voie.

Crainte pour la paix

Quoi qu’il en soit, le retour au pays de Guillaume Soro est manqué. C’est tout le sens de l’éditorial de l’Observateur Paalga. « Ce devait être le retour triomphal de l’enfant prodige, écrit le quotidien burkinabè. Cela s’est transformé en véritable désillusion. Drôle d’akwaba (bienvenue en baoulé) pour celui qui était, il n’y a pas longtemps, la 2e personnalité de l’État ivoirien. L’ancien patron des Forces nouvelles a passé presque un semestre à l’extérieur, tissant sa toile internationale, échappant de peu à Barcelone en Espagne à une arrestation dans son hôtel ; opération, selon lui, téléguidée depuis Abidjan, avant de déclarer sa candidature, même si c’était devenu un secret de Polichinelle. »

« Le divorce était déjà consommé entre Soro et son mentor ADO, poursuit le journal burkinabè. Avec ce dernier rebondissement, la guerre est maintenant déclarée, et elle sera impitoyable. N’ayant plus rien à perdre politiquement, il faut craindre qu’il ne joue le tout pour le tout pour sa survie politique, sociale et même physique. Malheureusement, quand deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit le plus. Il faut donc craindre que la paix ne soit menacée. »

Alliés d’hier, ennemis d’aujourd’hui

La descente aux enfers commence pour Guillaume Soro, estime pour sa part Le Pays. Mais « pour qui connaît sa pugnacité et sa ténacité, il y a lieu de craindre pour la Côte d’Ivoire, tant ce jeune loup aux dents longues est capable de tout. Soro, faut-il le reconnaître, compte de nombreux soutiens qui sont loin d’être des enfants de chœur. En tout cas, à l’allure où vont les choses, la Côte d’Ivoire n’est pas à l’abri d’une nouvelle rébellion. Cela dit, s’il y a quelqu’un qui, actuellement, peut boire son petit lait en voyant ADO et Soro dressés l’un contre l’autre, c’est bien Laurent Gbagbo contre qui les deux hommes s’étaient coalisés pendant la crise post-électorale de 2010-2011. Comme quoi, en politique, les alliés d’hier peuvent subitement devenir les ennemis d’aujourd’hui et vice versa. »

La fin d’une époque en Algérie ?

C’est le titre à la Une d’El Watan. Le quotidien algérien affiche la photo d’Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée décédé d’une crise cardiaque. « Le dernier général majeur » selon El Watan. « Il avait son mot à dire sur tous les sujets. » Le journal estime qu’il voulait « domestiquer le Hirak », la contestation populaire. Avec le président déchu, Abdelaziz Bouteflika, à qui il aura brièvement succédé, ils étaient d’après El Watan, « en parfaite synergie ». Pendant de longues années, ils symbolisaient, à eux seuls, « la complexité » du système politique algérien. « Une alliance sacrée pour un pouvoir absolu ».

« Le héros de toutes les batailles », écrit pour sa part El Moujahid qui parle d’une « tragique épreuve » pour l’Algérie.

Soupçons

Deux voix discordantes : d’abord Observalgérie qui estime que la mort d'Ahmed Gaïd Salah a pris de court tout le système algérien. « La panique s'empare des couloirs et un climat de peur règne partout. L'incompréhension et les rumeurs suggérant que la disparition du chef d'état-major n'était pas naturelle deviennent de plus en plus insistantes. » Observalgérie note que le président récemment élu Abdelmadjid Tebboune voit la tutelle du puissant chef d'état-major disparaître d'elle-même. « Il retrouve une liberté d'action élargie. » Soupçons émis également par Le Matin d’Algérie.

Le journal se demande s’il ne s’agit pas là d’une « histoire de clans ». Le décès soudain du général Gaïd Salah « ne manquera pas de générer des interrogations et des théories de toutes sortes d'autant plus qu'il intervient dans un climat tendu » avec la désignation contestée d’Abdelmadjid Tebboune au poste de président de la République. Une désignation qui, en plus d'avoir provoqué la colère de la rue, semble avoir divisé la hiérarchie militaire. Le Matin rappelle que le nouvel homme fort de l’armée, le général-major Said Chengriha, n'est « certes pas accusé publiquement d'avoir comploté contre son prédécesseur. Mais qu’il ne fait pas moins partie de la liste de généraux qui firent l'objet d'une purge en août dernier, liste transmise aux services de la présidence de la République. »

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