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Revue de presse Afrique

À la Une: le Burkina Faso face au terrorisme

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Des militaires burkinabè lors d'un entrainement pour combattre le terrorisme dans l'est du pays le 13 avril 2018. AFP PHOTO/ISSOUF SANOGO
Des militaires burkinabè lors d'un entrainement pour combattre le terrorisme dans l'est du pays le 13 avril 2018. AFP PHOTO/ISSOUF SANOGO AF/Issouf Sanogo

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Après l’attaque djihadiste dans le nord du Burkina qui a fait au moins 35 morts parmi des civils et alors que les autorités annoncent avoir « neutralisé » 80 terroristes, c’est un éditorial plein d’optimisme que l’on peut lire dans le quotidien Le Pays. Avec ce titre presque provocateur : « c’est bon pour le moral ». Tel le roseau de Jean de La Fontaine, écrit le journal, le Burkina Faso a sérieusement ployé sous l’effet des attaques terroristes depuis le mois d’octobre. Mais il n’a pas rompu.

Le constat est clair : l’armée est en train de monter en puissance en termes de ripostes et de stratégies. L’édito lui suggère tout de même de s’inscrire beaucoup plus dans la logique de l’action que dans celle de la réaction. « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». C’est à ce prix que la peur pourra changer de camp. Les terroristes, contrairement aux apparences, ont aussi peur de la mort. Tous ceux qui sont tentés par cette aventure suicidaire doivent, ici et maintenant, se rendre à l’évidence que le terrorisme n’a pas d’avenir. Ceux qui y sont déjà, doivent faire l’effort d’en sortir pendant qu’il est encore temps.

Guillaume Soro dérange

Les journaux burkinabé commentent par ailleurs les derniers événements dans le pays voisin, la Côte d’Ivoire : le retour manqué de Guillaume Soro. « Attention aux germes d’une crise pré-électorale ! », prévient Aujourd’hui au Faso. Depuis qu’on l’a descendu de force de son perchoir, Soro s’est mis dans le costume d’un grand imprécateur du pouvoir, pour ne pas dire de Ouattara. C’est indécent, inélégant car cela donne l’impression que poussé à la porte, l’homme crache dans la «soupe» dont il s’abreuvait hier. Ceci étant, convenons que Soro est devenu le poil à gratter du pouvoir, il dérange, il gène et surtout, on ne veut pas qu’il soit candidat à la présidentielle ! Instruite par l’interminable crise politico-militaire de 2010-2011 dont les germes ont été semés en 2000, la classe politique ivoirienne devrait savoir raison garder. La mayonnaise de la réconciliation n’a pas pris, et il ne faudra pas retourner les rancœurs recuites, et le couteau dans les plaies mal cicatrisées.

Wakatsera, autre publication du Burkina Faso, ne dit guère autre chose et voit dans cet épisode rocambolesque les vrais échauffements de la présidentielle 2020. Alassane Ouattara qui pouvait bien sortir par la bonne porte, auréolé des prouesses économiques et infrastructurelles qu’il a fait réaliser à la Côte d’Ivoire, n’est-il pas en train de vendanger tous ces acquis ? Juste parce qu’il veut se débarrasser d’adversaires politiques. Alassane Ouattara est visiblement prêt à mettre en prison tous ses anciens alliés ou à les tenir loin de la Côte d’Ivoire. En tout cas, le feuilleton Soro est loin de se terminer et l’échauffement en attendant le grand match de 2020 pourrait bien vite se transformer en échauffourées. Pourvu que les populations qui ont encore à l’esprit les séquelles indélébiles de la guerre mettent en échec cette déflagration qui fera très mal à l’éléphant qui n’a pas encore retrouvé toute la brillance de ses ivoires.

Noël entre quatre murs

Pour terminer, en ce jour de Noël, un appel au Burundi. « Noël entre quatre murs », manifeste publié par le quotidien en langue française Iwacu, pour qui l’année 2019 a été très difficile. Son directeur Antoine Kaburahe publie ce texte :

« Au moment où j’écris ces quelques lignes, quatre collègues croupissent depuis bientôt deux mois dans une sordide cellule d’une prison de Bubanza.

Agnès, Christine, Térence et Egide ne sont pas criminels. Ils n’ont diffamé personne, ils n’ont pas volé ou tué. Non.

Le matin du 22 octobre 2019, des affrontements sont signalés à Musigati dans la province de Bubanza. Ils font alors ce que tous les journalistes dignes de ce nom font : se rendre sur le terrain pour voir ce qui se passe, recueillir des témoignages, vérifier, recouper les informations.

Ils sont arrêtés dès leur arrivée sur les lieux et enfermés dans des conditions inhumaines dans un cachot. Leur calvaire ne faisait que commencer et il dure encore.

Par la suite, les journalistes seront accusés d’atteinte à la sureté intérieure de l’État, un délit grave, mais tout aussi vague. Depuis, nous attendons leur procès.

Que leur dire en cette période de Noël où les familles se retrouvent pour célébrer la paix et l’amour entre les hommes ? Noël entre quatre murs d’une prison est difficile. »

Et le texte se termine ainsi : « Agnès, Christine, Térence et Egide. Joyeux Noël. Malgré tout. Car demain est un autre jour. »

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