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Chronique des matières premières

Les ressources gazières attisent les tensions en Méditerranée orientale

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Un gazoduc. (Photo d'illustration)
Un gazoduc. (Photo d'illustration) GettyImages

Israël, Chypre et la Grèce devraient signer à Athènes, la semaine prochaine, un accord en vue de la construction d’un gazoduc. Cette signature se veut une réponse aux visées turques sur les ressources gazières de Méditerranée orientale, mais elle demeure symbolique.

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EastMed est un projet ambitieux : le gazoduc doit parcourir 1 700 kilomètres, d’Israël et de Chypre jusqu’en Grèce continentale. Il pourrait être dans un second temps prolongé vers l’Italie et les pays d’Europe du Sud. Une fois complété, EastMed devrait être le gazoduc sous-marin le plus long au monde. Le plus profond aussi : les tuyaux seront installés à 3 000 mètres de profondeur.

Ce gazoduc est l’objet de discussions depuis plusieurs années et le 20 mars dernier, les dirigeants israéliens, chypriotes et grecs avaient déjà signé un premier accord en vue de sa construction. Selon Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, la signature prévue la semaine prochaine doit « ancrer l’engagement des trois pays ».

► À écouter aussi : Israël, Chypre et la Grèce vont signer un ambitieux projet de gazoduc

En réalité, cette rencontre décidée uniquement le week-end dernier se veut avant tout une réponse à la Turquie. Ankara, en conflit avec Chypre sur les réserves situées au large de l’île, s’est aussi attiré les foudres d’Athènes. Fin novembre, la Turquie a signé un accord avec le gouvernement libyen d’union, définissant les limites maritimes entre les deux pays, mais niant les intérêts grecs autour de la Crète. « Il est très important que les pays de cette zone montrent (…) qu’ils ont des réflexes devant les provocations de la Turquie », juge le porte-parole du gouvernement grec.

Dans les faits, cette rencontre ne marquera pas de réelle avancée dans la réalisation de ce projet. « Les réunions de ministres sont importantes, mais il faut avant tout trouver des investisseurs », relève Amit Mor, PDG d’Eco Energy, une société israélienne de conseil. La construction du gazoduc est estimée à 7 milliards de dollars et, pour l’instant, les fonds manquent.

EastMed doit permettre d’acheminer vers l’Union européenne entre neuf et douze milliards de mètres cubes de gaz par an, soit entre 10 et 15% des besoins estimés des 27. Mais le gaz de Méditerranée orientale demeure plus cher que le gaz russe et les acheteurs ne se précipitent pas. Pour Amit Mor, « la viabilité géopolitique est un facteur à prendre en compte uniquement lorsque la viabilité économique est acquise. »

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