Accéder au contenu principal
Revue de presse française

À la Une: le Burkina Faso dans l’effroi

Audio 03:33
Un convoi arrive dans un centre de réfugiés près de la ville de Dori, au Burkina Faso.
Un convoi arrive dans un centre de réfugiés près de la ville de Dori, au Burkina Faso. AHMED OUOBA / EC / AFP

Publicité

 

Le journal La Croix s’est rendu à Dori, petite ville du nord du pays, près des frontières du Mali et du Niger. Dori, capitale de l’ancien émirat du Liptako, est devenue un enfer un ciel ouvert. Entourée de groupes armés, un ultime refuge face à la terreur. Photos à l’appui, l’envoyé spécial de La Croix raconte la vie de ses habitants et des déplacés qui affluent de toutes parts, menacés par les jihadistes.

 

D'abord l’histoire d’un couple avec un enfant en bas âge. Un squelette de 10 mois, un petit bout en train de mourir. Ils viennent de faire 45 km à moto, le ventre glacé par la peur de perdre l’enfant et par l’épouvante créée par les « assaillants », ceux dont on ne dit pas le nom car ils n’en n’ont pas quand vous les croisez ; ils tuent, c’est tout.

 

Les Burkinabè sont obligés de prendre tous les risques pour venir ici. Sur les 104 centres de santé de la région, 34 sont fermés, une trentaine d’autres presque fermés. C’est l’effondrement général en quelques mois. L’hôpital de Dori tient encore. C’est le dernier recours pour ces enfants et leurs parents. « L’insécurité nous tue », lance une infirmière.

 

« C’est fini, on part »

 

Tout s’affaisse, dans le Sahel. Les écoles, aussi. « Près de 40 000 enfants sont déscolarisés », selon le représentant de l’Unicef. Pour lui, « Nous ne sommes qu’au début d’une crise humanitaire majeure ». Témoignage du directeur de l’école : « Les terroristes nous ciblent parce que nous enseignons en français ».

 

Photo d’élèves allongés sous leurs pupitres. Un exercice de mise à l’abri en cas d’attaque. Témoignage de Noufou, 14 ans : un jour, alors qu’il travaillait sur le site d’or de son village, l’une de ces nombreuses mines artisanales de la région, « je creusais » et des « jihadistes » ont attaqué, dit-il.

 

« Ça tirait de partout. J’ai fui en brousse. Le soir, je suis retourné chez moi. Il y avait deux morts dans le village. Mes parents nous ont dit : "c’est fini, on part.» Binta, 36 ans, une déplacée d’Arbinda, théâtre d’une tuerie avant-hier : « Jamais plus je ne retournerai dans mon village. »

 

La société se fragmente. Kader, fonctionnaire, parle de confiance brisée. Il ne veut pas stigmatiser une communauté… Mais voilà, les Peuls, c’est fini. « Plus jamais nous vivrons à leur côté comme avant. Tout est disloqué ici. »

 

Les catholiques de France en difficulté

 

2019, une annus horribilis, précise d’emblée Le Figaro, qui en cette période de fêtes chrétiennes imagine un catholicisme en quête de renouveau. Après les scandales d’abus sexuels dans l’Église, le procès du cardinal Barbarin, la douleur de l’incendie de Notre-Dame, le journal cite un sociologue alarmiste : le deuil national autour de cette catastrophe est un signe équivoque qui ne doit pas tromper. Le catholicisme est de plus en plus patrimonialisé et associé au passé.

 

Le déclin du catholicisme est un fait statistique avec une pratique hebdomadaire de l’ordre de « 1,8% » des Français. Au moment de l’incendie, on a pourtant beaucoup parlé des racines chrétiennes de la France. Les racines sont encore là, explique un autre spécialiste, mais la sève irrigue de moins en moins le tronc.

 

La vérité est que la foi chrétienne retrouve peut-être le chemin des catacombes, poursuit Etienne de Montety dans son édito. Son poids dans la société, son influence dans la sphère politique, sa voix dans les débats ont diminué. Et pourtant... Les catholiques ne sont pas inertes. Les initiatives se multiplient. Certains essaient de vivre dans un esprit de mesure écologique. D'autres organisent un système de colocation entre de jeunes professionnels et des SDF, ou encore s'installent dans les cités à la périphérie des villes, au cœur de la fracture française.

 

Les leçons d’une tempête

 

Le 26 décembre 1999, il y a 20 ans jour pour jour, une tempête historique en France faisait des dégâts considérables. Un anniversaire qui fait la Une de plusieurs journaux, notamment régionaux, comme La Montagne. La catastrophe de 1999 annonçait un basculement. La porte d'entrée d'une nouvelle ère. Celle du changement climatique. L'année zéro d'un monde inconnu et inhospitalier. Depuis, les phénomènes les plus extrêmes se reproduisent partout sur la planète. Avec une fréquence et une violence jamais enregistrées auparavant.

 

Un anniversaire qui fait aussi la Une de Libération et de L'Humanité, chacun son angle de vue. L’Huma se pose cette question : et si une catastrophe de cette ampleur se reproduisait ? Les services publics seraient-ils à la hauteur ? Les agents de l’électricité, de l’équipement, des télécommunications, des transports étaient selon le journal communiste entrés dans la légende. Vingt ans après, démantelés, affaiblis, passés à la moulinette de l’austérité, ces mêmes services publics doutent d’être en capacité de répondre aussi efficacement.

 

Et puis, il y a donc Libé qui voit le verre à moitié plein. Les forêts françaises avaient été dévastées. Traumatisme national. Mais elles ont su se régénérer, reprendre racine. Dans son édito, Laurent Joffrin parle d’une prise de conscience : favorisée par l’État, la nature a reconstitué une forêt qui ne cesse de croître en surface depuis le XIXe siècle. Elle a même profité de la modernité, puisque c’est le recul des terres cultivées, lié à la mécanisation, qui lui a rendu son territoire. Mais on s’est avisé qu’elle jouait un rôle crucial dans la lutte contre la crise climatique. C’est une course de vitesse : le réchauffement la menace, faisant proliférer les insectes qui la détruisent. Mais dans le même temps, son extension nécessaire peut limiter la montée des températures. On plante des arbres quand on croit à l’avenir. La forêt est l’auxiliaire d’un futur meilleur.

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.