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Revue de presse Afrique

À la Une: un Noël noir au Burkina

Audio 04:16
Vue aérienne de la ville de Ougadougou.
Vue aérienne de la ville de Ougadougou. AGP/Sia KAMBOU

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La presse du Burkina Faso est à l’unisson d’une nation en deuil après les attaques qui se multiplient dans le nord du pays. « Les grandes douleurs sont muettes », explique le quotidien Sidwaya. À l’instar des autres chrétiens du monde, ceux du pays des hommes intègres s’apprêtaient à célébrer la naissance de leur Sauveur, Jésus Christ. Le cœur meurtri, ils ont accueilli leur messie, avec l’espoir que le pays se relèvera et prendra le dessus sur les forces du mal.

Il serait illusoire de penser que les pertes civiles et militaires vont se limiter aux centaines de morts que l’on a déjà enregistrées. Des citoyens, des militaires, policiers et gendarmes perdront encore la vie, mais la victoire sera nôtre, pour peu que les Burkinabè soient soudés derrière les forces de sécurité.

« Pourquoi elles ? »

Et les journaux reviennent notamment sur l’attaque d’Arbinda avant-hier : 35 civils ont été tués dont 31 femmes. Pourquoi elles ?, se demande Wakatsera. Pourquoi elles, alors qu’elles ne sont pas celles qui sont les plus habilitées à défendre la vie des leurs ou à aller au front ? Pourquoi elles, alors que la femme est dite « le sexe faible » et qu'en tant que mère, épouse ou fille, elle mérite respect et même dévotion de la part de l’homme qui lui doit protection et assistance ?

Les terroristes voudraient pousser le bouchon de la lâcheté loin, qu’ils n’agiraient pas autrement. Les femmes sont donc des proies faciles pour eux, du fait que leurs hommes les abandonnent dans leur fuite, certains que les terroristes en auront pitié. Une chose est certaine, les assaillants font la preuve que leurs actes ignobles n’ont aucun fondement religieux, la femme et les enfants étant des êtres fragiles et davantage innocents. C’est du reste, une conception partagée par la société.

Les 31 femmes mortes le 24 décembre ont-elles fait l’objet de représailles pour leur collaboration avec les militaires, comme le pensent certains, ou ont-elles été tuées par des terroristes en débandade vu la réaction énergique des forces burkinabè ? Autant d’interrogations qui doivent pousser à la protection renforcée de cette frange de la population et plus généralement des nombreux Burkinabè qui ont dû fuir leurs villes et villages, toute chose qui accroit leur fragilité.

Punies pour l’exemple ?

Mêmes interrogations dans Aujourd’hui au Faso : dans leur furie aveugle, et face à cette riposte inattendue, les terroristes ont malheureusement retourné leurs armes contre celles qui étaient déjà des mater dolorosa, car souffrant déjà le martyre avec les enfants. Après les femmes retenues en captivité pour être abusées sexuellement, lesquelles ont été libérées il y a quelques semaines, ce nouveau massacre lève totalement le voile, si besoin était, sur la nature de ces terroristes.

Ont-ils tenté en vain d’amener encore ces victimes pour en faire des esclaves sexuelles, d’où cette tuerie ? Ces femmes sont-elles soupçonnées d’avoir collaboré avec les forces de défense et de sécurité ? Depuis quelques mois, la capitale du Soum, bien qu’apeurée, « résiste » aux terroristes et refuse de céder. Est-ce une punition pour l’exemple ?

Soro comme Katumbi ?

Toujours énormément de commentaires en Côte d’Ivoire au sujet de Guillaume Soro qui, après son retour avorté, dénonce la volonté du pouvoir de l'empêcher de se présenter. Lire par exemple un article dans L’Intelligent d’Abidjan, selon qui « le temps politique s’est accéléré » pour l’ancien chef rebelle et président de l’Assemblée nationale. Le journal dresse un parallèle avec la vie politique en RDC : « Faut-il voir désormais Guillaume Soro comme Moïse Katumbi, et Alassane Ouattara comme Joseph Kabila ? »

Et le journal de poser un certain nombre de questions : « Dans l’épreuve qu’il traverse aujourd’hui, la plus importante de sa vie politique d’après rébellion, quelle sera la capacité de résilience et de résistance de Guillaume Soro ? Quels sont ses forces et ses atouts pour réussir, avec plus de chances que Henri Konan Bédié ou Laurent Gbagbo pour "arracher" le pouvoir à Alassane Ouattara, pour déboulonner le RHDP ? »

« Guillaume Soro prendra-t-il finalement le risque de rentrer, alors que la prison l’attend, si les choses restent en l’état ? Peut-il compter sur la rue, sur une insurrection populaire pour le porter au pouvoir ? » L’article conclut, prudent : « Chacun attend les nouvelles révélations du procureur de la République et la diffusion annoncée de certains enregistrements audio. D’ici là, les Ivoiriennes et les Ivoiriens chercheront à passer des fêtes de Noël et de Nouvel An dans le calme, avec un peu la peur au ventre quand même, malgré les assurances répétées du chef de l’État, Alassane Ouattara : "Tout se passera bien en 2020. Il n’y aura rien !" »

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