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Invité Afrique

Présidentielle en Guinée-Bissau: la parole aux candidats du second tour

Audio 06:04
Domingos Simoes Pereira (gauche) et Umaro Sissoco Embalo (droite) sont les deux finalistes de la présidentielle en Guinée-Bissau.
Domingos Simoes Pereira (gauche) et Umaro Sissoco Embalo (droite) sont les deux finalistes de la présidentielle en Guinée-Bissau. RFI/Aylton Fernandes Crato Cá

Dernier jour pour convaincre. La campagne se termine ce soir en Guinée-Bissau, en vue du second tour de la présidentielle du dimanche 29 décembre 2019, sans le président sortant José Mario Vaz, éliminé au 1er tour. À cette occasion, nous vous proposons d'écouter les deux finalistes. Domingos Simoes Pereira, candidat du PAIGC, est arrivé largement en tête du 1er tour avec 40% des voix. Quant à Umaro Sissoco Embalo, qui n'a recueilli que 27,65% des suffrages, mais a obtenu le ralliement de plusieurs candidats malheureux. Ils sont tous les deux les invités de Carine Frenk.

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RFI : Domingos Simoes Pereira, vous jouez la carte de la stabilité pour convaincre. La stabilité, c’est ce dont la Guinée-Bissau a besoin en ce moment particulièrement selon vous ?

Domingos Simoes Pereira : Pour moi, c’est la priorité numéro un, deux, trois pour la Guinée-Bissau. Je veux dire, on ne joue pas pour gagner à n’importe quel prix. C’est très important d’écrire les bases sur lesquelles on sera capable de bâtir un pays stable qui va vers le développement.

Votre adversaire a obtenu les soutiens de trois candidats, le troisième, le quatrième, le cinquième. Il dit « mathématiquement, je ne peux pas perdre ». Que répondez-vous ?

S’il est satisfait d’avoir le soutien des candidats malheureux, bonne chance ! Moi j’ai le soutien du peule bissau-guinéen, donc on est bien parti.

Comment voyez-vous l’avenir de l’ancien président José Mario Vaz si vous l’emportez ?

J’espère qu’il va reprendre une vie normale de citoyen. En tous cas, je vous assure que je n’ai aucun sentiment spécial envers lui.

Pas d’esprit de vengeance ?

Jamais. Moi j’ai une pensée, c’est vers la vie des Bissau-Guinéens. Il faut faire le combat de la pauvreté. C’est ce qui me préoccupe. Pour le reste, s’il y a un problème de la justice, il va affronter la justice. Il va prouver s’il est innocent ou bien s’il est coupable.

Donc, il faut s’attendre à des poursuites ?

Ce n’est pas moi, je ne fais pas la justice. En revanche, en tant que chef d’État, je vais lancer un programme de dialogue et de pardon. Tous les Bissau-Guinéens qui reconnaissent qu’ils ont eu tort dans le passé, en demandant le pardon, je serai le premier à l’accompagner pour dire à tous les Bissau-Guinéens qu’il faut pardonner. Mais, malgré tout ce que je peux jouer en tant que président de la République, la justice reste neutre et avec toutes les compétences pour décider dans un sens ou dans l’autre.

Votre adversaire, Umaro Sissoco Embalo, reproche au président Alpha Condé de semer la pagaille en Guinée-Bissau, selon son expression. Vous vous en êtes pris plutôt au président Macky Sall. Que lui reprochez-vous ?

Je n’ai jamais eu de propos contre le président Macky Sall. J’ai dit que certains positionnements n’aident pas à la compréhension des Bissau-guinéens sur la neutralité pour la situation politique en Guinée-Bissau. Ce sont deux choses complètement différentes. Je vais vous dire une autre chose : J’ai plus de contacts, plus fréquents, avec le président Macky Sall parce que je traverse le Sénégal plus souvent que la Guinée-Conakry. Donc, je ne sais d’où ça vient le sentiment que je suis plus proche du président Alpha Condé. Mais si c’est le cas, c’est le bienvenu.

Et croyez-vous l’armée quand elle dit qu’elle n’interviendra plus ?

Je le crois. Derrière l’armée, il y a toujours des politiciens. Donc je pense que toutes les conditions sont créées pour que le 29, les Bissau-Guinéens, en toute liberté, puissent faire le choix d’un nouveau président de la République qui va rassembler les Bissau-Guinéens vers le développement. Je n’en doute pas.


RFI : Umaro Sissoco Embalo, vous jouez la carte du changement, de la rupture, pourquoi est-ce nécessaire selon vous ?

Umaro Sissoco Embalo : Je pense que la Bissau, après 47 ans d’indépendance, qu’on a toujours le président de la République, le président de l’Assemblée, le Premier ministre, du même parti, ça n’a abouti à rien. Donc le peuple bissau-guinéen a compris que l’on a besoin de changement où tout le monde sera intégré.

Vous-même êtes issu du PAIGC ?

Je suis quelqu’un qui a quitté volontairement le PAIGC. C’est un parti-échec. Aujourd’hui, le pays est en panne totale. Il n’y a pas de santé, il n’y a pas d’eau, il n’y a pas d’énergie, donc on part. Il faut un changement.

Vous arrivez en seconde position, assez loin derrière, mais vous obtenez les soutiens du troisième, du quatrième et du cinquième. Cela sera-t-il suffisant pour l’emporter ?

Absolument, parce que la politique c’est la statistique et la mathématique. En Guinée-Bissau, à chaque élection présidentielle, au premier tour, les taux donnent toujours aux candidats du PAIGC, un minimum 37% à 43% au premier tour. Il est battu au deuxième tour après la coalition de tous les autres candidats.

Mais vous savez bien que les consignes de vote ne sont pas toujours suivies et que le PAIGC est une grosse machine électorale ?

Peut-être en France ou quelque part en Europe mais en Afrique, les consignes sont toujours suivies. C’est la tradition ! Ici c’est clair, même les campagnes sur le terrain, on voit. Et puis ce n’est pas la première expérience.

Vous dénoncez l’ingérence de la Cédéao et de la communauté internationale.

Non je ne l’ai pas dénoncé puisque moi-même je suis de la Cédéao. J’ai dit qu’il y avait une mauvaise interprétation et une mauvaise évaluation qui induit la communauté internationale en erreur. Le  médiateur pour la crise en Guinée-Bissau, c’était le président Alpha Condé de Guinée-Conakry. Un mauvais choix. Parce qu’il soutient clairement le candidat Domingos Simoes Pereira. Il a fait tout pour humilier le président sortant, José Mario Vaz. Alpha Condé, il y a tellement de problèmes chez lui, comment il peut être médiateur chez nous. Alpha condé, depuis qu’il est médiateur en Guinée-Bissau, il y a la pagaille mais ça, ce va finir dans quelques jours et quelques heures. Une fois que je serai élu, il ne sera plus jamais médiateur en Guinée-Bissau. Plus jamais.

Et votre jugement est plus clément à l’égard du président sénégalais Maky Sall ?

Non. C’est une personne avec la tête sur les épaules. Je vous dis qu’à partir du 30, je serai le nouveau président de Guinée-Bissau pour bâtir dans l’ensemble avec tous les amis de la Guinée-Bissau et tous les chefs d’État des sous-régions pour appuyer. Et je prendrai leurs conseils dans le respect mutuel.

Vous êtes très optimiste.

Trop même ! Et je sais que je vais gagner.

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