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Revue de presse française

À la Une: l’appel à la «résistance politique» de Guillaume Soro

Audio 06:04
Guillaume Soro le 15 février 2019 à Abidjan.
Guillaume Soro le 15 février 2019 à Abidjan. ISSOUF SANOGO / AFP

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Depuis Paris, Guillaume Soro balance à tout va contre Emmanuel Macron, mais aussi contre Alassane Ouattara. Dans un entretien au Journal du Dimanche, Guillaume Soro dit en effet sa « honte » à l’endroit d’Emmanuel Macron, en visite la semaine dernière en Côte d’Ivoire et qui, selon lui, « n’a pas eu la capacité de dire à ses hôtes qu’il était important de respecter la démocratie en Afrique. J’espérais qu’un président comme lui ait davantage de courage et de maturité pour le faire », martèle Guillaume Soro dans Le JDD.

Quand le président Macron « s’affiche avec des septuagénaires honnis par le peuple, que peut-il attendre des jeunes générations africaines ? », fulmine-t-il encore dans l’entretien qu’il a accordé à cet hebdomadaire, avant d’affirmer que c’est le groupe français de BTP Bouygues qui a « organisé » la visite du président Macron en Côte d’Ivoire et de préciser que lui, Soro, a décalé d’un jour sa tentative de retour dans son pays sur la demande de Pierre Fakoury, « grand ami d’Alassane Ouattara » et qui « prétend » avoir ses « entrées » auprès des autorités françaises, dit encore Soro (étant rappelé que l’Ivoiro-Libanais Pierre Fakoury et l’architecte de la basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, capitale de la Côte d’Ivoire).

Et puis Soro lance son « appel du 29 décembre » depuis Paris, appel à la « résistance politique » contre Ouattara. Aujourd’hui, candidat à l’élection présidentielle ivoirienne (après avoir été deux fois Premier ministre, président de l’Assemblée nationale et chef de la rébellion des Forces nouvelles contre Laurent Gbagbo), Guillaume Soro dit dans le JDD vouloir « organiser la résistance comme le général de Gaulle l’a fait depuis Londres. Avec tous les partis politiques et le président Bédié, nous devons sauvegarder la démocratie en Côte d’ivoire ».

Alassane Ouattara ? C’est le « parrain de la rébellion de 2002 », c’est un « autocrate » qui dispose de « milices parallèles encagoulées » et qui « vient d’inventer la crise préélectorale », bucheronne Guillaume Soro, avant d’appeler, dans Le Journal du Dimanche, la « classe politique » ivoirienne à s’organiser pour « combattre cela ». Scandale sur les bords de la lagune Ebrié…

L’affaire Matzneff

Scandale aussi dans le monde littéraire, secoué par « l’affaire Matzneff », du nom de l’écrivain Gabriel Matzneff, accusé de pédophilie dans un livre attendu jeudi prochain, et qui fait déjà grand bruit en France. Intitulé « Le consentement » (Grasset), il est signé Vanessa Springora, 47 ans aujourd’hui. Quand elle en avait à peine 13, en pleine époque de libération sexuelle postérieure à mai 68, cette éditrice a commencé à entretenir une relation amoureuse et sexuelle avec Gabriel Matzneff, de 36 ans son aîné. Descendant de Russes blancs cultivés, cet écrivain au crâne rasé en a aujourd’hui 83. Cette relation, l’auteur la relate crument dans son livre. Et le Tout-Paris littéraire ne bruisse que de « l’affaire Matzneff ».

Dans L’Obs, Vanessa Springora affirme avoir commencé à écrire son livre avant le début de « l'affaire Weinstein » et se réfère aux accusations de l'actrice Adèle Haenel visant le réalisateur Christophe Ruggia.

Dans ce même hebdomadaire, Gabriel Matzneff, via un message, exprime sa « tristesse » et juge le livre de Vanessa Springora « hostile, méchant, dénigrant, destiné à lui nuire ».

Entre ceux qui défendent Gabriel Matzneff et ceux qui défendent les victimes de violences sexuelles, le débat s’enflamme. Dans « M », le magazine hebdomadaire du journal Le Monde, le journaliste Bernard Pivot, qui a invité cinq fois Gabriel Matzneff à son émission « Apostrophes », estime que « ce sont les époques qui diffèrent (…) Gabriel Matzneff avait le prestige de l’écrivain qui a une belle écriture (…) Mais cela n’indignait pas comme aujourd’hui », dit encore Bernard Pivot dans « M ».

Dans ce même journal, l’écrivain et essayiste Frédéric Beigbeder dénonce un « nouveau tribunal (qui) va se mettre en place, comme pour Polanski. C’est une époque qui en juge une autre, mais les temps ont changé… tout le milieu littéraire a peur (…) C’est terminé pour lui, ajoute-t-il en parlant de Gabriel Matzneff, il est devenu indéfendable. Je ne serais pas étonné qu’il se suicide », dit-il à « M ».

Dans la presse magazine, c’est aussi l’heure des bilans et des perspectives à l’approche du nouvel an. Et déjà les magazines se projettent dans l’année qui arrive, avec ceux qui « vont faire 2020 »

C’est le cas de l’hebdomadaire L’Obs, qui brosse une galerie de portraits parmi lesquels celui du sélectionneur de l’équipe de France de football, Didier Deschamps. Portrait signé François Bégaudeau, écrivain, scénariste, acteur et réalisateur, et qui vient de publier « Histoire de la bêtise » (Fayard/Pauvert). Les auditeurs fans de foot ont déjà compris, il s’agit de savoir si Didier Deschamps va ou non mener les Bleus à la victoire lors du championnat d’Europe l’an prochain. Pour les besoins de son portrait, François Bégaudeau appelle très familièrement le sélectionneur de l’équipe de France « Dédé ».

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que François Bégaudeau a tout compris de la tactique de « Dédé »

« Dédé a observé est déduit, explique en effet François Bégaudeau. Il a observé que les compétitions d’équipes nationales sont devenues laborieuses et médiocres. Ensuite, la Coupe est dévaluée aux yeux des joueurs rémunérés et cornaqués par le club qui les possède et peu disposés à sacrifier une partie de leur saison (de leur salaire) pour arriver frais en juin. Résultat : à peu près tout le monde y arrive carbonisé, les grands joueurs sont à 50 % de leur niveau, les matches sont sans rythme, poussifs, étriqués. L’équipe qui gagne est celle qui s’épuise moins vite que l’autre. Comment épuiser l’autre avant soi ? En monopolisant le ballon », explique notre expert dans L’Obs.

Et à ce petit jeu, Dédé est un virtuose. « Lui sait trop bien que la victoire de 98 ne devait rien à Zidane, énonce François Bégaudeau. Le génie serait même plutôt encombrant –voyez comme Messi encombre l’Argentine. Le génie est imprévisible et Dédé ne veut pas d’imprévisible ». Cette tactique va-t-elle s’avérer payante à l’Euro en 2020 ? Les paris sont ouverts, car cette fois –ci, « Dédé » est tombé dans le « groupe de la mort ». Alors, allez les Bleus, et bonnes fêtes à tous.

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