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Pologne: un prêtre accusé d' «activités xénophobes et politiques»

Audio 03:10
Le prêtre Tadeusz Rydzyk est aussi le fondateur d'un quotidien, une télévision ultra-conservatrice et une radio nationale.
Le prêtre Tadeusz Rydzyk est aussi le fondateur d'un quotidien, une télévision ultra-conservatrice et une radio nationale. Wikimedia Commons

Tadeusz Rydzyk se voit reprocher des « activités xénophobes et politiques » en Pologne. Une pétition a été lancée par deux professeurs d’université polonais et a déjà recueilli plus de 143 000 signatures. Ces deux universitaires l’ont transmis à l’Église catholique canadienne plutôt qu’à la très conservatrice hiérarchie polonaise, afin que cette pétition arrive jusque dans les mains du pape.

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de notre correspondant en Pologne, Thomas Giraudeau

Le père Rydzyk est un religieux rédemptoriste officiant à Torun, au nord du pays.
Mais son aura, son influence dépassent largement cette ville. Il est connu de l’ensemble des Polonais pour l’empire médiatique qu’il a fondé en 1991 : un quotidien, Nasz Dziennik, une télévision ultra-conservatrice, Trwam. Et surtout, une radio nationale, très écoutée, Radio Maryja. Antenne très à droite, nationaliste, contre l’avortement, et relayant des propos très violents à l’encontre des personnes LGBT et des migrants.

Les initiateurs de la pétition dénoncent une « antenne à la voix agressive et pleine de haine, non conforme aux idées chrétiennes et aux principes de l’humanisme ». Les deux universitaires polonais demandent au pape François qu’il restaure le caractère religieux de Radio Maryja et de TV Trwam.

Les auteurs du texte demandent aussi l’arrêt de l’activité politique du père Rydzyk

Le père Rydzyk est très proche des ultra-conservateurs de Droit et Justice, au pouvoir à Varsovie. Ses médias relaient l’idéologie du parti et appellent, plus ou moins ouvertement, ses ouailles à voter pour le PiS.

En retour, Rydzyk et ses fondations ont déjà reçu près de 40 millions d’euros de fonds publics depuis 2015 et l’arrivée du PiS au pouvoir. Cela a financé, entre autres, la création d’un musée sur les Polonais ayant sauvé des juifs, des forages géothermiques à Torun, ou son école de journalisme.

Enfin, peu après le lancement de la pétition adressée au pape François, une députée du PiS a lancé une contre-pétition de soutien à Rydzyk. Le texte a été signé par le président du parti au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, et par l’ex-première ministre, Beata Szydlo.

Informer le pape François

Les auteurs de la pétition veulent que le pape en soit informé. Pour cela, ils passent par l’Église catholique canadienne, et pas par la hiérarchie polonaise. C'est qu'ils craignent que la hiérarchie ecclésiastique polonaise jette à la poubelle cette pétition, et ne la transmette pas au pape. C’est pour cela qu’ils se sont récemment tournés vers le Canada, deux ans et demi après avoir lancé la pétition. Ils se sont adressés à l’ancien vice-Premier ministre de la province de l’Alberta. Tomasz Lukaszuk, lui-même d’origine polonaise. L’homme politique va la remettre au Vatican, via un archevêque canadien. Les auteurs du texte ont aussi préféré rester anonymes, par peur de représailles. Ils ont eu visiblement raison, puisqu’ils font l’objet d’une plainte déposée auprès du procureur général, par le comité national pour la défense contre les sectes et la violence. Ce comité est dirigé par un proche de Radio Maryja.

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